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Refuges pour animaux: pourquoi font-ils face à un afflux de chats cet été?

Afflux de chats dans les refuges

JT 13h

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07 août 2018 à 14:58 - mise à jour 07 août 2018 à 14:582 min
Par Belga

Les refuges pour animaux font face à un afflux de chats cet été. La chaleur, favorable à leur reproduction, la nouvelle législation en matière de stérilisation et le manque de responsabilisation des citoyens ont mené à la présence de 30 à 35% de félins en plus dans les centres d'accueil.

"Le problème de la surpopulation féline est structurel en Belgique", pointe d'emblée Sébastien de Jonge, directeur de l'ASBL Sans collier. On assiste néanmoins cette année à un baby-boom de ces compagnons à moustaches. En effet, si les chats mettent bas en hiver, ils apprécient particulièrement la chaleur de l'été.

"La période de gestation pour un chat est de deux mois", expose Mortimer Van der Meeren, coordinateur de la Croix Bleue de Belgique. Au lieu de deux à trois portées par an, la douceur de la météo peut avoir favorisé ces derniers mois la naissance d'une quatrième portée, selon Sabine Bovend'aerde de l'ASBL flamande Zwerfkat in Le(u)ven.

"Par rapport à l'année dernière, environ 30% de chats en plus sont pris en charge" en Wallonie, résume M. de Jonge. La Croix Bleue, présente sur tout le territoire, avance même 35% d'augmentation par rapport à la période hivernale.

"Cela représente un surcoût de 25.000 euros pour la période comprise entre juin et août", calcule le directeur de Sans collier. Il se veut cependant optimiste. "Cette recrudescence dans l'accueil des chats et chatons devrait faire place à une diminution de la population féline sur le long terme, quand la politique de stérilisation aura porté ses fruits. Si, dans les prochaines années, nous observons une baisse de 20% de la population de chats, nous seront contents."

"Nous payons le laxisme des années précédentes, quand les chats n'étaient pas assez souvent castrés", confirme Mortimer Van der Meeren. "Cela ne fait que deux-trois ans que l'on parle du problème des chats errants et que les communes lancent des campagnes de stérilisation. Or, les chats sauvages sont beaucoup plus agressifs et plus forts que nos compagnons domestiques car eux doivent chasser pour se nourrir. Il est donc bien plus difficile de les approcher pour les stériliser."

Stérilisation

Malgré la nouvelle législation qui impose que chatons et matous soient tous stérilisés depuis le 1er juillet 2018 en Région bruxelloise et à partir du 1er janvier 2019 en Wallonie (périodes transitoires comprises), certains citoyens font encore la sourde oreille face au prix de l'opération (entre 100 et 150 euros).

Il n'est également plus question au sud du pays de poster une charmante photo d'animaux "à donner" sur les réseaux sociaux. Se pose en outre le problème de "l'animal cadeau", dont certains propriétaires se lassent.

"L'apparition d'une allergie, un décès, l'arrivée d'un enfant ou encore le fait que le chat vieillit et n'est plus aussi 'fun'" expliquent notamment que des maîtres abandonnent leur compagnon à quatre pattes, énumère Mortimer Van der Meeren.

Les refuges, non subsidiés par le politique, doivent alors compenser par des appels aux dons privés et à l'aide de bénévoles pour soigner, nourrir et loger les félins. "Notre trésorerie a mis de côté une partie de nos fonds en prévision de l'été", indique M. de Jonge. "Nous faisons appel à 150 volontaires inscrits et à ceux de réserve car nous n'avons pas les moyens financiers d'engager du personnel supplémentaire."

Piquer les animaux, faute de place pour les accueillir et d'argent pour les soigner, est une option que le coordinateur de la Croix Bleue se refuse d'envisager. "Si nous n'avons pas de place pour un nouveau venu à Forest, nous pouvons l'envoyer sur notre site de Wommelghem, en province d'Anvers, ou de Floriffoux, à Namur." précise M. Van der Meeren. "Nous ne l'euthanasions en aucun cas."

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