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Belgique

Réforme du Sénat: les sénateurs s'y engagent avec des pieds de plomb

Réforme du Sénat: les sénateurs s'y engagent avec des pieds de plomb
18 avr. 2013 à 11:342 min
Par Belga News

Alors que, sans surprise, la N-VA et Vlaams Belang ont une nouvelle fois plaidé jeudi en faveur du confédéralisme et de la suppression de l'Etat belge, les représentants des partis de la majorité institutionnelle n'ont pas mis beaucoup d'ardeur à défendre une réforme qui évincera les sénateurs élus directs et videra la Haute assemblée de la plupart de ses compétences.

S'exprimant à titre personnel, l'ancien président de l'assemblée, Armand De Decker (MR) a sonné la charge. "Il s'agit d'une décision réactionnaire dont l'unique objectif est de préparer le démantèlement du pays", a-t-il dit, soulignant que les "dictatures" n'avaient jamais fait le choix d'un système bicaméral et précisant que la Belgique sera le seul Etat fédéral au monde à être monocaméral. Le bicaméralisme est un gage de démocratie, a-t-il insisté, faisant observer que seuls les pays scandinaves parvenaient à organiser autrement la seconde lecture législative. Quand le communisme est tombé en Europe de l'est, l'ensemble de ces pays ont choisi le bicaméralisme, a ajouté M. De Decker, oubliant l'exception hongroise... un pays régulièrement épinglé pour ses manquements démocratiques.

L'intervention de M. De Decker a été saluée à l'issue de la réunion par plusieurs élus francophones. En séance, les autres intervenants se montrés plus diplomates même si le coeur n'y était pas.

Intervenant parfois en son nom propre, parfois au nom de son parti, Philippe Moureaux (PS) a parlé du futur Sénat comme "quelque chose qui n'est pas la dernière merveille du monde mais qui va conserver un rôle nécessaire". Réagissant à Danny Pieters (N-VA), il a admis qu'il n'y avait pas eu de réflexion sur le monocaméralisme et le bicaméralisme mais, selon lui, le moment - la négociation d'un vaste accord institutionnel - ne s'y prêtait pas et la réforme du Sénat est "un compromis dans le compromis".

Pas de "plaidoyer enthousiaste" non plus dans le chef de Marcel Cheron (Ecolo) mais la certitude d'avoir atteint ce qui est "sans doute le meilleur accord politique qu'on pouvait avoir". Au-delà, a dit le sénateur Ecolo, dont le parti frère, Groen, est partisan de la suppression du Sénat (comme l'Open Vld), le bilan viendra plus tard et une réforme n'est jamais "définitive".

Reconnaissant qu'au sein de son propre parti, certains plaidaient également la suppression de l'assemblée, Bert Anciaux (sp.a) a regretté que la "patience" n'était plus une vertu en politique comme dans la société, et que dès lors, le Sénat, comme chambre de réflexion, avait perdu de son sens. Par ailleurs, l'opinion publique demande une diminution du nombre de mandats et le Sénat est sacrifié. Cependant, Bert Anciaux voit malgré tout dans la réforme de l'assemblée une évolution positive, celle d'un "cadre fédéral" vers un "cadre confédéral" qui servira les intérêts des différentes entités du pays.

Les critiques de la réforme, exprimées en sourdine ou à voix haute, ne devraient pas perturber le contenu d'un accord voulu équilibré, subtilement ficelé entre présidents de partis, même si certains disaient encore croire à des aménagements à la marge. De toute manière, concluait pour sa part, Armand De Decker, tel le Phoenix, le Sénat finira par "renaître de ses cendres".

Belga

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