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Réforme des rythmes scolaires : les profs flamands fuient les écoles wallonnes

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23 août 2022 à 08:32 - mise à jour 24 août 2022 à 06:11Temps de lecture2 min
Par Florence Dussart

Le premier jour d’école va donc être avancé à la fin du mois d’août, dès cette rentrée 2022. Pour la première fois, les élèves vont retourner sur les bancs de l’école non pas en septembre, mais une semaine plus tôt ; en tout cas, en Fédération Wallonie-Bruxelles.

Mais cette réforme des rythmes scolaires a une conséquence bien désagréable pour les écoles qui proposent l’enseignement en immersion en néerlandais : les profs flamands fuient la Wallonie.

Venir donner cours en Wallonie, pour un enseignant flamand, cela avait déjà deux inconvénients : la distance et le salaire. Les professeurs wallons sont moins bien payés que leurs homologues flamands. Voici donc un troisième inconvénient - et de taille - pour les profs qui ont des enfants : les calendriers qui ne coïncident quasi plus.

La rentrée a lieu une semaine plus tôt dans le sud du pays. Elle se prolonge d’une semaine à la fin de l’année. Et, en dehors des vacances de Noël, tous les autres congés scolaires sont décalés.

Pour les enseignants flamands qui venaient dispenser leur cours de sciences, d’étude du milieu, ou encore d’histoire aux élèves Wallons, ça commence à faire beaucoup. Au Centre Educatif Saint Pierre à Leuze, plusieurs profs flamands sont partis.

Le directeur adjoint, Grégoire Auquier le regrette amèrement : "Nous avons malheureusement dû déplorer le départ de nos profs, deux en particulier, qui étaient ici depuis une dizaine d’années pour certains. Maintenant, se pose la question de leur remplacement".

Parce que les recrutements s’annoncent difficiles. On le constate aussi aux Ursulines à Tournai. "Pour les cours d’immersion, nous devons engager des native speakers, précise Damien Masquelier, le directeur. C’est-à-dire des gens dont la langue maternelle d’origine est le néerlandais. Et en fait c’est très compliqué à trouver même si dans mon cas, je suis relativement proche de la frontière linguistique, cela demande cinq à six fois le temps que je consacre à l’engagement d’autres professeurs". Le nombre de professeurs sur le marché pour l’enseignement en immersion est en chute libre. Et c’est un peu le règne de la débrouille pour tenter de les dénicher. "Je crois que s’il y avait une coordination dans l’ensemble de l’enseignement en Belgique, je pense que ça pourrait simplifier les choses", estime Grégoire Auquier.

Il ne reste que quelques jours aux écoles d’immersion pour dénicher les perles rares.

Grégoire Auquier
Grégoire Auquier RTBF

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