Référendum en Catalogne: "J'aimerais que le gouvernement Rajoy chute"

Amadeu Altafaj, le représentant du gouvernement catalan auprès de l'Union européenne

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29 sept. 2017 à 07:30 - mise à jour 29 sept. 2017 à 10:46Temps de lecture2 min
Par RTBF La Prem1ère

Des milliers de policiers espagnols sont mobilisés en Catalogne afin de tenter d'empêcher le référendum d'autodétermination qui a été interdit par Madrid. "Les Catalans sont déterminés à exercer leur droit de vote malgré tous les obstacles -même physiques- que l'Etat espagnol est en train de mettre sur la table. Selon tous les sondages, 70 à 80% des Catalans disent vouloir régler cette question dans les bureaux de vote" déclare ce vendredi Amadeu Altafaj, le représentant du gouvernement catalan auprès de l'Union européenne à la RTBF.

"La police catalane va tout faire pour garantir l'ordre public, je suis convaincu qu'elle va rester loyale. Selon le statut d'autonomie de la Catalogne, ils se doivent au respect des autorités catalanes. Je ne pense pas que mettre sous scellé tous les bureaux de vote et établir des périmètres de sécurité autour des écoles contribue à l'ordre public".

"Aucun plan pour le 2 octobre"

Concernant l'attitude du gouvernement de Madrid à l'approche du référendum, Amadeu Altafaj juge que "nous sommes en train d'assister, en 2017, à des actions qui étaient inimaginables dans un État membre de l'Union européenne: des sites web sont désactivés, 800 maires catalans ont été convoqués par des juges, 14 hauts cadres du gouvernement catalan ont été arrêtés. Il y a aussi le harcèlement des médias: la Guardia Civil (la police militarisée) entre dans les rédactions pour chercher de la propagande et faire de l'intimidation". L'attitude de Madrid "relève de l'irrationnel" selon lui: "Il n'y a rien d'utile dans toutes ces démarches puisque cela ne va pas susciter une vague d'amour fou de la part des Catalans vis-à-vis de l’État espagnol, bien au contraire. On a l'impression qu'il n'y a aucun plan pour le 2 octobre, le lendemain du référendum".

Pour le gouvernement de Madrid, ce référendum est contraire à la Constitution. Ce n'est pas vrai, selon Amadeu Altafaj: "C'est une interprétation qui est faite de la Constitution espagnole". Selon lui, la situation actuelle est causée par le Parti populaire du Premier ministre Mariano Rajoy: "Depuis qu'il est au pouvoir il n'y a eu aucun dialogue politique possible avec l’État espagnol".

"Il y a certainement un avenir" pour une Catalogne seule en Europe, selon lui: "C'est un pays de 7,5 millions d'habitants qui a un produit intérieur brut similaire à celui de la Finlande. Nous voulons un État qui défend les intérêts des citoyens catalans, un État moderne démocratique au service des citoyens, ce que nous n'avons pas aujourd'hui en Espagne".

"J'aimerais que le gouvernement espagnol chute"

A l'approche du référendum Mariano Rajoy "est sous pression et il lutte pour sa survie politique. J'aimerais que le gouvernement espagnol chute parce que la société espagnole considère que ses agissements sont inacceptables dans une démocratie moderne. Ses dernières actions sont la preuve d'un état de désespoir et aussi de standards démocratiques assez faibles".

"Si le 'oui' l'emporte dimanche, le président (de la Catalogne) tirera les conclusions de ce résultat et fera un pas vers la proclamation de l'indépendance. Mais le lendemain du référendum nous allons aussi renouveler l'offre de dialogue avec Madrid" insiste-t-il.