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Red Flames : 100e cap pour Davina Philtjens, la preuve que la taille ne fait pas tout

Davina Philtjens, en route vers les 100 caps avec les Red Flames !

"Davina ? Elle surprend encore des adversaires qui pensent jouer contre une fille de 15 ans alors qu’en fait elle a énormément d’expérience et surtout beaucoup de hargne !" : Julie Biesmans, l’une des vice-capitaines des Red Flames, se marre en évoquant Davina Philtjens. La Limbourgeoise de poche n’a effectivement plus 15 ans mais ce pur concentré d’énergie d’1m51 ne lâche jamais rien. A 32 ans, Philtjens va fêter ce mardi sa 100e cap avec les Red Flames, rejoignant ainsi Janice Cayman (118 caps avant ce match contre la Pologne), Aline Zeler (111, compteur désormais arrêté) et Tessa Wullaert (103 caps avant la Pologne) dans le cercle des centenaires en équipe nationale…

100 caps, un chiffre rond, comme son nombre de buts marqués pour les Red Flames : 10 buts, malgré son poste d’arrière gauche. Davina Philtjens pense même se souvenir d’un but… de la tête ! "La preuve que la taille ne fait pas tout", sourit la numéro 2 des Red Flames, qui possède aussi une bonne détente et un excellent sens du timing. "Je n’ai de toute façon pas peur d’aller au duel, sinon je pense que je ne serais pas là en train de vous parler de ma 100e cap. Je vais toujours à fond, même de la tête !" Si besoin d’une preuve, il suffit de se replonger dans les matches contre le Kosovo et en Norvège, où Philtjens a joué sans réserves tout en portant un… masque de protection, nécessaire après un choc subi les jours précédents.

La joueuse de Sassuolo (actuellement deuxième de la Serie A féminine derrière la Juventus) est clairement une valeur sûre de l’équipe nationale. En toute logique, son meilleur souvenir est lié à l’Euro 2017 : "La première cap, quand on est jeune, c’est aussi un très bon souvenir. Mais écrire l’Histoire avec les Red Flames c’est quand même le plus haut point actuellement dans ma carrière". La Limbourgeoise avait d’ailleurs été élue "Flame du match" par les votants de Sporza lors des trois rencontres des Belges dans cet Euro (contre le Danemark, la Norvège et les Pays-Bas). Pas mal pour une défenseuse !

Belgique, Pays-Bas, Italie : des titres partout

Mais si elle est plus discrète qu’une Tessa Wullaert par exemple, Davina Philtjens a elle aussi la gagne dans le sang. Elle a remporté des titres pratiquement partout où elle est passée : une fois championne de Belgique avec Tirlemont, sept fois avec le Standard, avec trois coupes de Belgique remportées au passage, elle a aussi été sacrée en BeneLeague en 2015 avec le club liégeois. Aux Pays-Bas, elle a signé deux doublés championnat-coupe avec l’Ajax, avant de décrocher la supercoupe d’Italie avec la Fiorentina. Des choix de carrière judicieux, un peu d’audace pour partir à l’étranger (à 27 ans), loin du cocon familial si douillet jusque-là et un instinct aiguisé pour choisir ses clubs : "Partir aux Pays-Bas, c’était sortir de ma zone de confort", précise la joueuse, qui y a gagné en indépendance, tout en découvrant un autre monde. "J’aurais pu signer au PSV, mais je le sentais mieux avec l’Ajax. Pareil pour l’Italie, je suis à nouveau sortie de cette nouvelle zone de confort et j’ai suivi mon instinct. Je ne parlais pas la langue, je découvrais tout. Mais j’ai eu un bon feeling et maintenant j’y suis comme chez moi, c’est une deuxième maison. La vita è bella !"

La vie est belle, on pourrait croire à un parcours de rêve, mais tout n’a pas toujours été facile. La faute notamment à sa petite taille, compensée par une hargne sans faille. Initiée par son frère, la jeune Davina a, comme pratiquement toutes les Flames, d’abord joué dans des équipes de garçons. Avant d’intégrer, avec la même intensité dans son jeu, les équipes dames. Ce qui l’a conduite à être parfois qualifiée de "sale joueuse". Mais Philtjens assume. "Je ne me retiens pas", avoue-t-elle à nos collègues du journal limbourgeois Belang van Limburg. Le tacle, c’est presque une seconde nature pour la défenseuse de poche. Sans oublier la grinta. Ce qui lui vaut son petit surnom de… "Pitbull". "Elle ne lâche jamais rien, elle est toujours là, elle ne te laisse pas deux mètres", précise Julie Biesmans, qui a aussi joué avec Philtjens sous le maillot du Standard. "Elle est peut-être même un peu trop pitbull parfois", sourit Ives Serneels, le sélectionneur, qui semble s’en amuser et loue surtout sa mentalité et son caractère. "Tous les entraîneurs rêvent d’avoir une joueuse comme Davina dans un groupe. Elle est toujours de bonne humeur mais elle est surtout un réel exemple pour les jeunes joueuses. Elle mérite totalement ses 100 caps et la carrière qu’elle est en train de réaliser. 'Quand tu veux, tu peux', c’est une phrase qui la résume bien"

Que des bons souvenirs de l’évolution des Red Flames

Et si elle préfère ne pas endosser le costume de "role model", Philtjens est tout de même fière de son parcours, la preuve vivante que la volonté et la passion peuvent mener très loin. Mais celle qui a honoré sa première sélection avec les Red Flames contre le Pays de Galles en 2008 (juste avant ses 19 ans) représente tout de même un sacré symbole de l’évolution du statut des joueuses : fini pour elle le look de rappeur dans des tenues trop larges ("Je ressemblais à Eminem !"), depuis quelques saisons les Red Flames ont droit à des coupes "dames" pour leurs maillots. Et Philtjens est l’exemple le plus frappant de la différence de look. Un détail peut-être pour vous, mais pour les joueuses, ça veut dire beaucoup. "On va dans le bon sens, il y a plus de moyens, on le voit avec notre staff par exemple, qui a grandi. Mais il reste encore pas mal de travail, notamment pour avoir plus de joueuses professionnelles. Mais ça ne se fera pas en un jour, comme on dit il vaut parfois mieux faire quelques petits pas plutôt qu’un grand. Mais il y a de l’évolution, ça s’est sûr."

Vraie personnalité attachante, Davina Philtjens se veut résolument positive. Et si elle rêve d’écrire une nouvelle page de l’Histoire des Flames en disputant la Coupe du Monde en 2023 ("Un rêve pour toutes les joueuses, mais qui s’est transformé en but", précise-t-elle), la défenseuse n’évoque pas de mauvais souvenir avec les Flames, si ce n’est peut-être le fait d’avoir loupé de peu certains grands tournois. Elle préfère évoquer les bons souvenirs, liés à la fierté de porter ce maillot de l’équipe nationale. Ça tombe bien : ce mardi contre la Pologne, Philtjens l’enfilera en match pour la 100e fois. "Mais je ne pense pas vraiment à ce chiffre, pas encore. L’important, c’est de gagner le match. J’en profiterai peut-être après… si on gagne !"

Davina Philtjens à propos de sa 100e cap et de ses souvenirs avec les Red Flames

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