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Photographie

"Réconciliation", le projet du photographe belge Jean-Marie Ghislain exposé à New-York

Ces derniers jours à New-York, le travail d’un photographe belge était mis à l’honneur sur Times Square et dans les rues de Manhattan. Dans le cadre du Cube Art Fair, des photos de la nouvelle série "Réconciliation" de Jean-Marie Ghislain étaient affichées en pleine rue, à la vue de tous, pour le plus grand bonheur des New-yorkais mais aussi des Belges qui ont pu observer ce spectacle à distance.

Une femme dans le plus simple appareil et en flottaison dans de l’eau, voilà ce que l’on pouvait notamment voir sur Times Square et dans les rues de Manhattan la semaine passée. Ces photos poétiques et engagées, on les doit au photographe belge Jean-Marie Ghislain. Le travail de cet artiste est déjà connu mondialement grâce à deux séries de photos également en lien avec l’eau : l’une sur les requins, l’autre sur la grossesse de sa compagne Leina Satao parmi les cétacés.

Ce qui est surprenant, c’est que si le travail photographique de Jean-Marie est aujourd’hui exclusivement subaquatique, à l’origine, le photographe avait la phobie de l’eau ! "Mon envie de départ c’était vraiment la conscience de cette peur et le désir de ne pas mourir idiot. Dès l’instant ou je me suis confronté à l’eau j’ai eu envie d’aller plus loin et d’affronter ma peur ultime qui était le requin. Dès la première rencontre, je suis tombé amoureux. J’invite tout le monde à aller à la rencontre de ses propres peurs car c’est un beau cadeau. Depuis, cela m’a vraiment ouvert une nouvelle perspective de vie et depuis maintenant presque 17 ans, je ne vis presque plus que dans le milieu aquatique." nous confie Jean-Marie Ghislain.

 

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Le projet "Réconciliation" est un espace ouvert à la femme désireuse d’aborder le rapport à son corps et à son image. Le projet est aux antipodes des concepts en art contemporain.

Cette fois-ci avec "Réconciliation", Jean-Marie Ghislain est de retour dans l’eau, mais plus dans l’océan. Les photos ont été prises dans une piscine d’Uccle. Exit les requins et autres cétacés, cette nouvelle série s’intéresse à la femme et à la représentation et l’acceptation de son corps. "La nudité dans ce projet n’est pas que physique, la vraie nudité elle est émotionnelle et il y a chez la plupart de ces femmes, un besoin de guérir une part d’elles qui a été blessée. Je rencontre énormément de femmes qui ont subi des traumas physiques ou psychologiques profonds et c’est donc vraiment une catharsis pour elles, un chemin de vie."

Dans le cadre de ce projet, Jean-Marie Ghislain ne photographie aucun mannequin. En effet, les femmes que vous découvrez dans cette très jolie série sont toutes des femmes "ordinaires". "Ce sont toutes des demandes spontanées, je ne demande à aucune femme pour les photographier. Elles en parlent entre elles, c’est un processus très organique et très touchant. Aujourd’hui, j’ai travaillé avec 62 femmes différentes de 24 à 62 ans."

Je suis très touché par la résilience des femmes et par leur volonté d’aller vers la vie.

Ce processus est thérapeutique à la fois pour le photographe et pour les femmes qui passent devant l’objectif. Jean-Marie Ghislain a longtemps été hanté par l’image d’une femme qui flotte entre deux ans, suite au suicide de sa mère par noyade il y a plus de 30 ans. Les premières sessions ont permis d’apaiser son angoisse existentielle, ensuite il s’est rendu compte que son travail avait un effet bénéfique aussi sur les participantes. "Je ne me présente pas comme un thérapeute mais j’accepte le terme de 'facilitateur'. J’accueille ces femmes dans l’eau, dans un espace qui leur permet d’être à l’écoute d’elles-mêmes et des choses qu’elles ont enfouies au plus profond de leur être. Cette eau à 34 degrés est un peu comme une matrice." Jean-Marie Ghislain nous explique que parfois, il prend plusieurs jours à se remettre d’une séance photos avec une femme. Ça a été le cas récemment avec l’une d’entre elles qui lui a confié avoir été victime de violences sexuelles : "Ça a été pour moi un tel choc que je suis entré dans une culpabilité du masculin collectif. Pendant 15 jours je n’ai plus rien fait. J’avais besoin de digérer la violence du témoignage. Je suis très touché par la résilience des femmes et par leur volonté d’aller vers la vie. Pour moi, ce projet, c’est une école incroyable d’humilité."

Pour découvrir la série "Réconciliation" et le reste du travail du photographe, rendez-vous sur le site internet de Jean-Marie Ghislain.

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