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Réchauffement climatique à Liège : 3 camions-citernes désormais nécessaires pour arroser les jeunes arbres

© RTBF- Erik Dagonnier

"Plus d'arbres pour plus de fraîcheur en ville", c'est le slogan du plan Canopée lancé l'an dernier par la ville de Liège. Un projet ambitieux qui prévoit de planter 24 000 arbres d'ici 2030. En période de canicule et de sécheresse, l'arbre est un climatiseur naturel qui réduit les îlots de chaleur en milieu urbain. A Liège, l'ingénieur forestier communal Thomas Halford dirige le service forestier, composé de 15 personnes. Et le réchauffement climatique influence directement son travail.

On a 3 équipes qui tournent en permanence.

A Liège,  l'ingénieur forestier communal Thomas Halford dirige le service forestier, composé de 15 personnes, et le réchauffement climtique influence son travail, comme il l'explique : "Par exemple, il y a 15 ans, on pouvait planter les arbres en hiver et on n’avait pas besoin de les arroser en été. La reprise se faisait. Il n’y avait pas de problème de dépérissement. Depuis 2018, on est obligés d’arroser les arbres en été sinon on perd les plantations réalisées pendant l’hiver. Les arrosages, ici, on les commence aux environs de la mi-mai jusqu’à la mi-septembre, à raison de 100 litres d’eau par arbre tous les 15 jours. C’est donc un travail considérable. Pour le moment, on arrose 1.800 arbres. Ce sont donc 600 arbres plantés l’hiver dernier et 1.200 arbres plantés cet hiver-ci. Et pour pouvoir mettre les 100 litres, tous les 15 jours, on a 3 camions citernes qui tournent en même temps : un camion-citerne de 10.000 litres et deux camions citernes de 5.000 litres. On a donc 3 équipes qui tournent en permanence et c’est une nouvelle charge de travail qui est considérable".

Un arbre, 4 avantages

Les quartiers résidentiels en bord de Meuse, moins arborés, sont prioritaires, car l'absence de végétation renforcée par la présence du béton et de l'asphalte y augmente de 4 à 5 degrés la température par rapport aux zones rurales situées sur les hauteurs de la cité ardente.

Il y a l’ombrage porté en dessous de l’arbre qui peut diminuer la température jusqu’à 10 degrés.

© Plan canopée de la ville de Liège

Pour faire respirer sa ville, à Liège, l'ingénieur forestier communal Thomas Halford est convaincu du rôle de régulateur thermique des arbres pour faire respirer sa ville. Il en décrit les mécanismes : "Le premier, c’est la réflexion des rayons du soleil sur le sommet de la couronne. C'est ce qu’on appelle l’albédo. La deuxième, c’est l’absorption de l’énergie du soleil par le mécanisme de la photosynthèse. Ensuite, il y a l’ombrage porté en dessous de l’arbre qui peut diminuer la température jusqu’à 10 degrés. Et ensuite, il y a un phénomène d’évaporation et de transpiration au niveau du feuillage qui pompe de la chaleur de l’air et qui permet de réduire la température".

Motiver à planter

La ville de Liège veut inciter les écoles à planter plus d'arbres.
La ville de Liège veut inciter les écoles à planter plus d'arbres. © Belga Image

Outre l'aménagement de l'espace public, la ville de Liège veut aussi inciter les habitants ainsi que les écoles et les grandes surfaces de planter des arbres. La ville a d'ailleurs mis au point un système de géolocalisation qui recense actuellement 23 259 arbres.

L'échevin de la transition écologique Gilles Forêt explique toutefois l'existence de certaines réticences : "Par exemple, dans les cours d’écoles, cela va apporter des feuilles donc cela va salir les élèves ou on n’aura plus la possibilité d’intégrer un chapiteau pour la fancy-fair. Ça peut aussi être dans le grandes surfaces, sur les parkings, des questions de sécurité pour le champ de vision des caméras, la visibilité de l’enseigne ou tout simplement des places de parking pour les clients".

Face au réchauffement climatique, à Liège, l'amélioration de la couverture végétale fait désormais partie de la politique urbaine. Reste à en convaincre les promoteurs immobiliers.

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