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Belgique

Ras-le-bol dans les écoles, manifestation à Liège : plus de 10.000 profs dans la rue

Les enseignants sont de retour dans la rue, à Liège cette fois.
05 mai 2022 à 04:00 - mise à jour 05 mai 2022 à 10:15Temps de lecture3 min
Par RTBF avec Belga

Les enseignants sont à nouveau descendus dans la rue. Ils étaient plus de 10.000 ce matin à manifester leur mécontentement.

Après Bruxelles en février, Mons en mars, place ce jeudi à Liège. Au son de coups de sifflets, de pétards et autres cornes de brume, les manifestants -au nombre de 10.000 selon la police, 15.000 d'après les syndicats-, ont traversé toute la ville selon un itinéraire passant devant les sièges liégeois des différents partis politiques pour leur "demander de s'engager dans une autre politique".

Le cortège a notamment fait escale devant le siège du PS liégeois.
Le cortège a notamment fait escale devant le siège du PS liégeois. RTBF - François Braibant

Les nombreux calicots visibles tout au long du cortège laissaient transpirer le désarroi du corps enseignant: "Réformes précipitées, école méprisée", "C'est la lutte des (petites) classes" ou encore "On coule...".

Les enseignants en ont ras-le-bol. Ils dénoncent un quotidien toujours de plus en plus difficile. Sur place, notre reportage:

L'action s'est achevée au Parc Saint-Léonard, en bord de Meuse, par une série de discours des représentants syndicaux. Roland Lahaye (CSC-Enseignement) y a rappelé les priorités du front commun syndical, à savoir la réduction de la taille des classes, une diminution de la charge administrative imposée aux enseignants et le rejet de la nouvelle procédure d'évaluation des enseignants envisagée par le gouvernement de la FWB. "Sur ces dossiers, nous ne plierons pas!", a lancé le syndicaliste devant la foule, promettant une reprise du mouvement de contestation dès septembre prochain si le gouvernement ne changeait pas son fusil d'épaule.

A cet égard, le ministre-président Pierre-Yves Jeholet (MR) et les ministres socialistes Caroline Désir (Éducation) et Frédéric Daerden (Budget) ont demandé à rencontrer le front commun à l'issue de la manifestation. Une réunion au cours de laquelle le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a décidé de lâcher un peu de lest pour tenter de restaurer la paix sociale puisqu'il a notamment proposé de reporter d'un an l'entrée en vigueur de la nouvelle procédure d'évaluation des enseignants.

Peu ou pas d’avancées

Parmi les revendications, on retrouve une ancienne demande : la revalorisation des barèmes des salaires des enseignants, inchangés depuis 20 ans. La Fédération Wallonie-Bruxelles ne dispose que de peu de moyens financiers.

Le gouvernement proposait aux enseignants une prime de fin d’année de 100€ versée en trois ans. Pour beaucoup, ce n’est pas tant le salaire qui importe, mais essentiellement les conditions de travail. Les enseignants regrettent une charge administrative qui a augmenté à la suite des différentes réformes, les obligeant à délaisser l’aspect pédagogique.

Après les énormes difficultés rencontrées par les écoles et les enseignants durant la crise Covid, la coupe paraît pleine.

Les syndicats enseignants demandent :

  • une revalorisation de tous les métiers de l’enseignement, principalement les éducateurs,
  • une diminution de la charge de travail, essentiellement administrative,
  • une réduction de la taille des classes,
  • des mesures contre la pénurie d’enseignants,
  • l’abandon de l’évaluation du personnel enseignant.
Les enseignants sont à nouveau dans la rue, à Liège cette fois.
Les enseignants sont à nouveau dans la rue, à Liège cette fois. RTBF – François Braibant

Une évaluation qui fâche

Le Pacte pour un enseignement d’excellence prévoit une évaluation régulière des enseignants. Un décret doit baliser cette évaluation. Il est en préparation et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il fâche les syndicats d’enseignants.

Pour ce directeur, l’évaluation peut être bénéfique mais elle ne viendra qu’alourdir son travail ; les directeurs d’école se voient déjà submergés de charges administratives et ne voient comment mener en plus des évaluations régulières, qui leur ajouteront du travail administratif.

Pour cette institutrice de 6e primaire, "une évaluation, pourquoi pas ? C’est intéressant que tout le monde sache où il se trouve. Ça risque aussi de nuire au travail collaboratif, pour entrer dans un système compétitif. Le mot " évaluation " fait quand même peur."

Il est vrai que le projet de décret prévoit des sanctions, en cas de mauvaises évaluations.

Pour cet enseignant du secondaire, "tout existe déjà dans les textes pour déjà évaluer aujourd’hui les membres du personnel. Je ne vois pas pourquoi mettre une couche supplémentaire sur un métier qui a déjà beaucoup souffert ces deux dernières années, qui est déjà sous pression et pour lequel il y a déjà une pénurie."

Il est vrai que les établissements scolaires peinent de plus en plus à trouver des enseignants.

Le ras-le-bol du monde de l’école va visiblement bien au-delà de ce décret, de la réforme du calendrier ou du Pacte d’Excellence.

Sur le même thème : JT du 29 mars 2022

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