Rapport sur les émeutes à Bruxelles: "Je n'ai accusé personne" précise Jan Jambon

Le ministre de l'Intérieur Jan Jambon
22 nov. 2017 à 15:06 - mise à jour 22 nov. 2017 à 17:03Temps de lecture2 min
Par RTBF

Le ministre de l'Intérieur Jan Jambon (N-VA) avait commandé un rapport à l'Inspection générale sur les événements qui se sont produits le 11 novembre à Bruxelles. Le 17 novembre, Jan Jambon a présenté les conclusions de ce rapport, qui pointait notamment une structure de commandement insuffisante, ne permettant pas d'avoir la vision globale nécessaire à la coordination des renforts. "La police n'était pas préparée aux émeutes", disait le ministre de l'Intérieur, qui ajoutait: "Il faut prévoir une structure de commandement adaptée disposant d'un mécanisme adapté de mobilisation pour pouvoir utiliser rapidement la capacité des autres zones bruxelloises".

Ce rapport, que nous publions ci-dessous, met en avant le fait que la Réserve fédérale est limitée. Deux sections en tenue de maintien de l'ordre et une arroseuse ont été mis à la disposition de la zone de Police Bruxelles-Ixelles le 11 novembre à partir de 19h40. Mais "aucune réserve effective ou rappelable n'est prévue à l'échelon d'arrondissement ou de province" souligne le rapport. "Une enquête réalisée en juillet 2016 par l'Inspection générale sur les causes structurelles qui hypothèquent (ou peuvent hypothéquer) la capacité de mobilisation de la police a déjà pointé la capacité limitée pouvant être affectée à des événements non planifiés".

Selon le rapport, le 11 novembre, "la capacité était insuffisante pour procéder de manière responsable à des arrestations". "Compte tenu de la capacité de mobilisation limitée de la police en cas d’événements imprévisibles, l’initiative de la zone de police de Bruxelles Capitale-Ixelles de mettre à disposition un peloton permanent en tenue de maintien de l'ordre doit être applaudie et encouragée".

Enfin l'Inspection générale conclut que "l’élaboration d’un plan d’intervention en cas d’émeutes urbaines, en collaboration avec les autorités administratives et d’autres acteurs, doit être recommandée".

Mécontentement de la zone de police

Le ministre a été soumis à de nombreuses questions à la suite de la présentation du rapport de l'Inspection générale de la police sur ces événements. Sa conférence de presse organisée vendredi a suscité le mécontentement au sein de la zone de police Bruxelles-Ixelles dont certains dirigeants ont retiré le sentiment d'être mis en cause.

"Je n'ai accusé personne. J'ai cité explicitement les conclusions du rapport, pas pour montrer du doigt des personnes mais pour voir comment il faut résoudre le problème", a déclaré M. Jambon.

Parmi les problèmes, le ministre a cité le manque de connaissance par le commandement sur le terrain des effectifs disponibles. Le commandant sur le terrain a donné ce soir-là la priorité à la fin des émeutes, sans intervenir directement pour faire cesser les pillages parce qu'il manquait des effectifs, alors que ces effectifs étaient disponibles.

Le sp.a et le CD&V ont plaidé avec force pour une fusion des six zones de police en Région bruxelloise. Le ministre et son parti, la N-VA, se sont montrés beaucoup plus prudents. "Je ne suis pas favorable au fait de la décréter unilatéralement, depuis le fédéral, car ce serait une catastrophe. Il faut le faire ensemble", a-t-il dit.

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Ce rapport est discuté ce mercredi après-midi en commission de l'Intérieur de la Chambre.