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Belgique

Rapport d’UNIA : pas plus de discriminations qu’avant, mais "elles sont peut-être plus visibles"

Dossier de la rédaction

Rapport annuel de UNIA

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23 juin 2022 à 10:112 min
Par Estelle De Houck sur base du Dossier de la rédaction de François Heureux

UNIA publie son rapport annuel ce jeudi. En 2021, le centre interfédéral pour l’égalité des chances a ouvert 2379 dossiers individuels au sujet de discriminations, de discours ou d’actes de haine. Au total, plus de 10.000 signalements ont été recensés. Un nombre record, selon l’organisme.

Pour autant, il n’y aurait pas plus de discriminations. "Nous recevons de plus en plus de signalements, nous ouvrons de plus en plus de dossiers. Mais ce n’est jamais que le reflet de notre propre activité", explique Patrick Charlier, directeur d’UNIA.

On ne peut pas dire qu’il y a plus de discriminations qu’auparavant

"On ne peut pas dire qu’il y a plus de discriminations qu’auparavant. Elles sont peut-être plus visibles et il y a une grande conscience que la discrimination est interdite."

L’accès au logement

Le logement constitue une grande part des signalements. Parmi les 2379 dossiers ouverts, 698 procédures ont été entamées en raison de l’accès aux biens et services (logements, soins de santé, commerce…).

Dans 41% des cas, l’état de fortune est responsable de la discrimination au logement. Les propriétaires refusent souvent les candidats locataires dont les revenus sont issus du chômage, des revenus d’intégration ou d’autres aides sociales, alors que cette pratique est interdite.

"Il est légitime pour un propriétaire de s’assurer de la solvabilité d’un candidat locataire. Il est légitime de s’assurer qu’il va bien s’occuper du bien. Le problème, c’est que très souvent on va exclure par principe des catégories de locataires sans s’assurer de la situation individuelle", explique Patrick Charlier.

UNIA a également été sollicité pour des critères raciaux (30,5%) et pour des refus à cause d’un handicap (10,5%).

Le coronavirus

La pandémie a aussi apporté son lot d’incivilités, avec 320 dossiers ouverts. Le Covid Safe ticket (CST) et la campagne de vaccination ont joué un rôle discriminatoire dans l’accès aux droits fondamentaux, notamment les soins de santé et l’aide aux personnes.

"35% des 10.000 signalements sont en lien avec le Covid ou les mesures qui ont été prises", explique Patrick Charlier. Par ailleurs, c’est la première fois que l’état de santé fait partie du top 3 des causes de signalement.

Il y a eu une polarisation qui s’est marquée, liée au Covid

Autre domaine inscrit dans le top 3 : la vie en société – soit les interactions entre les personnes. "Il y a eu une polarisation qui s’est marquée, liée au Covid."

Les maisons de repos

Le rapport annuel d’UNIA consacre également un chapitre aux maisons de repos. Les droits humains n’ont pas toujours été respectés dans l’accueil aux personnes âgées en Belgique. Isolement forcé, ne pas pouvoir faire appel au médecin de son choix, manque de contact avec la famille, fins de vie inhumaines… Les signalements ont été nombreux.

"On a fait une enquête auprès de 80 intervenants dans le secteur des maisons de repos et de soin. Personnel, direction, inspection, mais malheureusement on n’a pas pu interroger les personnes concernées", explique-t-il.

"Et on voit que les maisons de repos ont été particulièrement en crise et ont touché les droits humains des résidents."

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