Tout sourit au jeune compositeur Serge Rachmaninov qui, confiant, écrit sa première symphonie. Le 15 mars 1897, le public s’attend à entendre résonner pour la première fois, l’œuvre du jeune homme de 24 ans, si angoissé par l’évènement qu’avant le concert, il court se cacher dans les escaliers.
La direction de l’œuvre est confiée à Glazounov, qui ce jour-là, est complètement ivre. C’est un fiasco qui pousse César Cui à se fendre d’un article dans la presse : "S’il y avait un conservatoire en enfer, si l’un de ses élèves talentueux avait eu à écrire une symphonie décrivant les plaies d’Egypte, et qu’il eût écrit une symphonie comme celle de M. Rachmaninov, il aurait brillamment réussi sa tâche et aurait enchanté les habitants de l’enfer ".
Tout ceci plonge Rachmaninov dans une sévère dépression, remettant en doute sa carrière de compositeur. "Après l’échec de ma première Symphonie, quand je suis rentré à Moscou, j’étais un autre homme. Ce coup inattendu m’a amené à décider d’abandonner la composition. Je me suis laissé gagner par une apathie insurmontable. Je ne faisais plus rien, ne m’intéressais plus à rien, je passais mes journées, affalé sur le divan, avec de sombres pensées sur ma vie finie".
Afin de retrouver le goût de vivre, Rachmaninov entame des séances d’hypnothérapie auprès du Dr Dahl. Au bout de trois ans, il reprend la plume et livre au monde son second concerto pour piano. L’œuvre séduit le public, c’est une véritable renaissance pour le compositeur même si la critique se montre plus réservée, qualifiant l’œuvre de trop romantique et manquant de modernisme.