RTBFPasser au contenu

Economie

Racheter une ou plusieurs années d'études, c'est un investissement

Racheter une ou plusieurs années d'études, c'est un investissement
17 janv. 2017 à 18:32 - mise à jour 17 janv. 2017 à 18:322 min
Par Michel Gassée

Racheter une ou plusieurs années d'études pour obtenir une pension de retraite plus élevée : le gouvernement fédéral est sur le point de finaliser un système qui sera ouvert aussi bien aux salariés qu’aux fonctionnaires ou aux indépendants. Mais ce système sera-t-il financièrement intéressant ? Pour la firme Pwc, la réponse est oui pour une grande partie des travailleurs. "Par année rachetée, explique Nicolas de Limbourg, associé en fiscalité chez Pwc, le montant ajouté à la pension légale devrait s’élever à 260-270 euros par an pour les pensions au taux isolé, et un peu plus de 330 euros pour les pensions au taux ménage".

On peut regarder l'achat des années d'études comme un investissement. En échange du paiement d’une cotisation de régularisation forfaitaire…1500 euros par année de diplôme…ceux qui rachètent une année d’étude bénéficient immédiatement d'une déduction fiscale et une fois retraités, reçoivent un montant additionnel à leur pension. Ce système est essentiellement destiné aux travailleurs qui n’ont pas une carrière professionnelle complète de 45 ans parce qu’ils ont poursuivi des études supérieures. Or, le montant de la pension est lié non seulement aux revenus professionnels mais également à la durée de la carrière.

Un "investissement" rentable ?

Le fait que cet " investissement " soit rentable ou pas dépend de la situation individuelle de chacun. Selon Pwc, il faudra entre 4 et 8 ans pour que l'investissement soit rentable. Et par définition, le complément de pension ne sera versé qu’à partir de la retraite, 65 ans actuellement mais bientôt 66 puis 67 ans.

A ce stade, en tout cas, il y a une catégorie de personnes pour qui le rachat des années d'études n'est pas du tout intéressant parce qu'il y a dans les projets du gouvernement ce que Nicolas de Limbourg appelle un petit couac fiscal: "Pour des personnes qui seraient dans une zone de pension (légale) entre 15 600 et 16 400 euros environ par an, explique-t-il, des montants qui vont être indexés chaque année, pour ceux qui se trouvent dans cette situation, il y a une réduction d’impôts qui disparaîtrait [s’ils rachetaient une ou plusieurs années d’études] ce qui ferait qu’ils pourraient se trouver dans une situation moins intéressante qu’avant."

C’est bien l’aspect fiscal qui pose problème et d’ailleurs, le ministre des Pensions Daniel Bacquelaine a l'intention de mettre la question sur la table du prochain conseil des ministres, ce sera alors au cabinet du ministre des Finances de trouver une solution pour que le rachat d'années d'études soit intéressant pour tout le monde.

Mise en œuvre imminente

Le gouvernement fédéral a prévu une période transitoire de trois ans, entre le 1er mars 2017 et le 1er mars 2020. Tous les travailleurs, salariés, indépendants, fonctionnaires, quel que soit l’état d’avancement de leur carrière, auront la possibilité de régulariser leurs années d’étude pour 1500 euros par an. Les fonctionnaires bénéficieront d’une transition un peu plus favorable.

Après ces trois années de transition, on entrera pleinement dans le nouveau système. Le principe sera que, pendant les 10 années qui suivent la fin des études, les travailleurs pourront choisir de payer – ou pas - la cotisation de régularisation de 1500 euros par année de diplôme, indexée évidemment. Une fois les 10 années écoulées, il sera toujours possible de racheter des années d'études, mais ce sera plus cher.

Articles recommandés pour vous