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Jupiler Pro League

Rabbi Matondo, la mobylette couvée par Guardiola, bourreau d’Anderlecht… qui n’aurait jamais dû se retrouver au Cercle Bruges

Rabbi Matondo, pépite du Cercle Bruges.
27 janv. 2022 à 10:31 - mise à jour 27 janv. 2022 à 11:043 min
Par Antoine Hick

Novembre 2019, Gelsenkirchen.

Bienvenue chez moi, Bienvenue en Allemagne.” Casquette vissée sur le crâne, discours déjà étonnamment mature, Rabbi Matondo fait la visite de son appartement allemand dans un reportage de la BBC. Quelques mois plus tôt, il s’est engagé avec Schalke 04. Une nouvelle étape, déjà, dans la jeune carrière du Gallois.

Accrochée au mur derrière lui, une feuille et quelques dizaines de mots gribouillés au stylo. “C’est le vocabulaire allemand que j’essaie d’apprendre” confie le jeune anglais, sourire en coin. “C’est difficile à apprendre mais espérons que dans quelques mois, quelques années, je pourrai vous parler en allemand.

L’Allemand, cette langue si difficile à maîtriser pour un Anglophone. Pourtant, Matondo semble avoir à cœur de peaufiner his german. Peut-être parce qu’il se voit rester quelques années à Schalke, le premier club international à lui avoir donné sa chance.

Le banc de Schalke : entre persévérance et frustation

Rabbi Matondo sous la vareuse de Schalke 04.

Pourtant, les semaines défilent et Matondo ne décolle pas vraiment du banc. Ou si, il en décolle, mais pour retrouver beaucoup trop vite les tribunes, cet endroit qu’il abhorre. Parce que malgré un talent manifeste, le jeune avant est fragile. Et en plus, il joue de malchance.

Problèmes gastriques, douleur au genou, lacération d’un muscle, les soucis sont nombreux. Trop nombreux. Ou dramatiquement réguliers. Et ils lui coûtent sans doute sa place de titulaire.

En 2 saisons à Schalke, Matondo ne dispute donc que 30 matches, dont 18 “seulement” comme titulaire. Un bilan satisfaisant pour beaucoup mais qui frustre l’ambitieuse pile électrique galloise (1m75). Surtout qu’au sein de ces Königsblauen qui déjouent complètement, il aurait pu endosser le rôle de détonateur. Sans succès.

Les tribunes de Stoke : entre désespoir et déclic

À 20 ans, il tente donc (déjà) de se relancer. Direction Stoke City et une Championship qui sied sans doute encore davantage à ses qualités. Mais là aussi, Matondo va de désillusion en désillusion, de blessure en blessure. En 6 mois, il ne dispute que 11 matches pour 1 petit but.

Retour à la casa Schalke donc, par la petite porte. “Je n’ai jamais trouvé mon rythme. J’avais déjà connu plusieurs blessures avant de débarquer à Stoke, donc je savais que je n’allais pas être à 100%. Je pense qu’ils le savaient aussi. Mais ils attendaient sans doute un peu plus de moi” analyse Matondo avec le recul dans les colonnes de Wales Online.

Le déclic survient sans doute quelques semaines plus tard : Matondo est évincé du noyau gallois qui participe à l’Euro. Un coup de massue pour cet amoureux du fanion national : “Tout le monde sait à quel point j’aime mon pays. À ce moment-là, je me suis dit que j’allais tout faire pour revenir en forme et évacuer les doutes. Je sais que quand je suis à 100%, je peux faire des dégâts.

Le terrain du Cercle : entre renouveau et revanche

Rabbi Matondo avec le Cercle de Bruges.

Coup de bol ou vrai clairvoyance des scouts mais le Cercle de Bruges flaire le bon coup et le fait signer en prêt. Et pour la première fois depuis une éternité, Matondo se retrouve dans un environnement qui lui correspond

Pourtant, comme souvent avec lui, ses débuts sont timides : 9 matches sans marquer et une persistance période d'adaptation. Quoi de plus logique finalement pour un joueur qui n'a plus enchaîné les matches depuis deux ans. Son premier but ? Fin novembre à Malines. Le début d’une longue série pour lui et d’un vrai conte de fées pour le Cercle.

Parce que depuis cette fameuse victoire derrière les casernes, les Brugeois ne perdent quasiment plus : 8 victoires en 9 matches, un bilan de 24/27 et une belle remontada au classement. Le bilan de Matondo sur ce laps de temps ? 6 buts, 1 assist, une démonstration de force dans le derby brugeois et un récital couronné d’un but contre Anderlecht.

Après plusieurs années de frustrations, de blessures et de prestations en dents de scie, le Gallos retrouve donc son sempiternel sourire. "Je suis dans la forme de ma vie” confiait-il d’ailleurs humblement il y a quelques jours.

Tout doucement, Matondo se fait donc un nom dans notre plat pays. Quoi de plus logique finalement pour un gamin qui avait été déniché par le grand Manchester City alors qu’il n’avait que 16 ans et qui a longtemps été couvé par un certain Pep Guardiola ? Pour un phénomène de vitesse qui a battu tous les records au sprint chez les Skyblues, signant un temps sur 20 mètres que même le supersonique Raheem Sterling n'est pas parvenu à battre. 

Rabbi Matondo, c'est finalement l’histoire d’un gars qui n’aurait jamais dû se retrouver au Cercle de Bruges. Mais qui, sourire aux lèvres, régale tous les amoureux de spectacle. Est-il amené à rester en Belgique ? En tout cas, à son prêt, les Brugeois ont assorti une option d'achat. Et entre les lignes, le front office du Cercle a avoué que cette option était "payable". Reste à voir si le joueur voudra s'éterniser chez nous, lui qui rêve, comme beaucoup, de l'eldorado Premier League.

 

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