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Qui sont ces Belges investis dans la politique française ?

23 janv. 2022 à 17:04 - mise à jour 03 févr. 2022 à 13:413 min
Par Quentin Warlop

Ils ne sont pas nombreux. Quelques centaines tout au plus. Des Belges impliqués directement dans la politique française. Des Belges nés ou tombés amoureux de ce pays et qui contribuent au fonctionnement démocratique de la République. Qui sont-ils ? Rencontre avec trois d’entre-eux, aux profils bien différents.

Eliette, Christophe et Yves. Tous les trois ont un point commun. Ils sont nés en Belgique et désormais actif dans la politique française. Sourire aux lèvres, Yves de Jonghe d’Ardoye contemple ses champs et respire la bonhomie. Un air frais. Pur. Bien loin de la pollution bruxelloise. L’homme politique a été député bruxellois et bourgmestre d’Ixelles pendant sept ans fait toujours les allers-retours. 855 kilomètres séparent le petit village de Vézac dans le Périgord de la commune d’Ixelles.

De bourgmestre d’Ixelles à maire-adjoint à Vézac

L’homme y est aujourd’hui maire-adjoint. Question de famille. "Trois de mes aïeux ont été maire de Vézac. Nous avons une propriété familiale ici. Avec mon passé dans la politique, il était donc normal que je m’implique dans la politique locale." Pourtant, son implication n’a rien à voir avec ce qu’il a connu à Bruxelles. "Ixelles, c’était 86.000 habitants. A Vézac, on est 600. Ici, on ne fait pas de politique. Personne ne parle de sa tendance ou de sa couleur politique. On s’attache à régler les problèmes du quotidien. Pas plus " lance celui qui vit ici comme un poisson dans l’eau.

Yves de Jonghe d’Ardoye était bourgmestre d’Ixelles. ll est aujourd’hui maire-adjoint de Vézac, dans le Périgord.
Yves de Jonghe d’Ardoye était bourgmestre d’Ixelles. ll est aujourd’hui maire-adjoint de Vézac, dans le Périgord. © Tous droits réservés

Belge devenue française « par conviction »

Eliette Coulon était Belge. Tombée amoureuse de son petit village de Bazeilles-sur-Othain, il y a 25 ans, elle s’est engagée en politique. Mais pour être nommée maire-adjointe, elle a décidé de renoncer à sa nationalité belge. "J’aime la Belgique" explique-t-elle. "Mais par correction vis-à-vis des électeurs, j’ai préféré devenir française et renoncer à ma nationalité belge." Bazeilles-sur-Othain, c’est 120 habitants, dont une vingtaine d’enfants. Ici, pas un commerce, pas un bar et pas d’école. Mais qu’importe, elle tient à ‘son petit bout de paradis’. "On n’a pas grand-chose sur place mais c’est ce que j’aime. Ici, tout le monde ou presque se connaît. C’est plus simple pour régler les problèmes." poursuit la mère de deux filles qui possèdent la double nationalité. Et ici, comme dans beaucoup de petits villages, la Présidentielle ne passionne pas les foules. "Ici, la seule chose qui pourrait changer, c’est le cadre du Président dans le fond du bureau. Que ce soit lui ou un autre, peu importe. On continuera à travailler explique Eliette Coulon.

La frustration des Belges conseillers municipaux

Eliette Coulon était Belge. Mais pour être nommée maire-adjointe, elle a décidé de renoncer à sa nationalité belge.
Eliette Coulon était Belge. Mais pour être nommée maire-adjointe, elle a décidé de renoncer à sa nationalité belge. RTBF

En France, les maires et maire adjoint doivent tous être Français. Mais les conseillers municipaux peuvent avoir une autre nationalité. Certains étrangers sont même majoritaires au collège municipal. C’est le cas à Verneuil-Grand. A la frontière entre la France et la Belgique, beaucoup de villages accueillent autour de la table des collèges municipaux des conseillers belges. Christophe Maertens fait partie de ceux-là. Elu local depuis 20 ans, il n’est pas Français. Par conséquent, il ne peut pas être nommé Maire ou Maire-adjoint. Et ne peut pas non plus voter lors de la Présidentielle. "C’est frustrant de tenir le bureau de vote lors du premier et du second tour ainsi que lors des législatives et de ne pas pouvoir voter" assure ce Belge qui travaille au Luxembourg.

Depuis plusieurs années, la France voit la montée de l’extrême droite. Dans le Périgord, Yves de Jonghe d’Ardoye la constate aussi et avoue ne pas vraiment comprendre. "C’est fou parce qu’ici on n’a rien. Aucun problème d’immigration ou d’insécurité et l’extrême droite fait près de 30% à certains endroits." Le constat est le même pour Christophe Maertens, conseiller municipal à Verneuil Grand : "Les valeurs que l’extrême droite colporte sont liées à l’insécurité, à la fermeture des frontières, à l’immigration. Or, je constate que c’est à l’opposé de ce que l’on vit ici et de ce dont on a besoin ici. On n’a pas de problèmes d’immigration, d’insécurité et on a besoin de passer les frontières pour aller travailler."

Eliette, Yves et Christophe. Trois politiciens, nés Belges et actifs dans la politique française. Tous auront, à leur manière, participé au débat démocratique. Ils connaîtront leur nouveau Président ou leur nouvelle Présidente le 24 Avril prochain.

 

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