Qui pour succéder à Angela Merkel en Allemagne ? Annalena Baerbock, ou l’espoir d’une première chancelière écolo

German Bundestag session in Berlin

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26 sept. 2021 à 05:10 - mise à jour 26 sept. 2021 à 13:47Temps de lecture3 min
Par Belga

En avril, l’Allemagne semblait presque prête à une première chancelière écologiste. Les Verts allemands avaient proposé à l’unanimité la candidature d’Annalena Baerbock à la chancellerie allemande, du jamais vu. La jeune et prometteuse politicienne avait alors propulsé son parti dans les sondages à des niveaux jamais observés, pour rapidement toutefois perdre cet élan initial.


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Un départ sur les chapeaux de roues

Une large partie des médias allemands raffolait de l’idée de la candidature d’Annalena Baerbock, qui, à 40 ans, était la plus jeune candidate au poste de chancelière. Une allure rafraichissante qui annonçait un nouveau style de leadership et la volonté de briser le statu quo. En tant que parlementaire au Bundestag, elle passait pour une bûcheuse de dossier qui connaissait par exemple sur le bout des doigts les détails du "Kohleausstieg", le démantèlement des mines de charbon. Mme Baerbock s’avérait aussi une excellente oratrice, aiguisée lors des débats et faisant preuve d’esprit.


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Certains observateurs ont vu en elle le symbole d’un nouveau départ, après 16 ans de pouvoir de la chancelière chrétienne-démocrate Angela Merkel. Bien plus que ne pouvaient prétendre ses rivaux, les candidats de centre-droit Armin Laschet pour la CDU/CSU et de centre-gauche Olaf Scholz pour le SPD. Avec un effet immédiat dans les sondages pour les Verts, qui présentaient déjà de belles performances auparavant mais qui ont alors bénéficié d’un coup de pouce supplémentaire à l’entame de la campagne électorale.

Cible de certains médias

Mais la popularité de Mme Baerbock et des Verts représentait aussi une épine dans le pied de la presse plus conservatrice et populiste allemande, qui a dépeint la candidate sous un jour moins favorable, celle-ci devenant rapidement la cible de tir de ces médias.

Dans un premier temps, il est apparu qu’elle avait tardé à déclarer au parlement ses revenus annexes, dont un "bonus" coronavirus versé par le parti. Ensuite, il s’est avéré que son CV avait été un peu embelli avant que des accusations de plagiat ne soient formulées à l’encontre de son livre "Jetzt. Wie wir unser Land erneuern" (Maintenant. Comment nous renouvelons notre pays", ndlr).


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Le résultat n’a pas tardé à se faire sentir. Mme Baerbock a alors été étiquetée comme candidate qui semble meilleure que ce qu’elle a vraiment à offrir. Et rapidement, les sondages ont sanctionné les Verts, en dégringolade. Par ailleurs, une récente étude a pointé le fait que Mme Baerbock est plus souvent la cible de désinformation que ses rivaux, avec des fausses nouvelles lui attribuant des intentions farfelues comme l’interdiction des animaux de compagnie ou la suppression de la pension aux veuves.

La politicienne née à Hanovre n’a jamais pu faire passer le train écologiste à la vitesse supérieure dans la campagne électorale. Au fur et à mesure se sont alors volatilisés les espoirs d’une première chancelière allemande écologiste. Cependant, son parti fait toujours bonne figure dans les sondages, avec environ 15% d’intention de votes. Il semble dès lors probable que les Verts puissent participer à la formation du prochain du gouvernement allemand, forts d’une troisième place.

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A la conquête des Länder

Si les écologistes voient l’opportunité d’accéder à la chancellerie disparaitre, ils participent en outre au pouvoir dans de nombreux Länder allemands. Grâce à Annalena Baerbock et à Robert Habeck, co-président des Verts, les "realo’s" (réalistes, ndlr) ont pris le dessus au sein du parti sur les "fundi’s" (fondamentalistes). Naturellement, il en demeure toujours une large ambition climatique, mais les angles ont été arrondis et les zones d’ombre gommées. Les Verts se montrent pragmatiques et prêts à faire preuve de compromis.

A ce titre, l’exemple de Winfried Kretschmann, Premier ministre du Bade-Wurtemberg pendant dix ans, est souvent cité. Il a été le premier, et à ce jour le seul, ministre-président écologiste d’une région fédérée. Le politique de 73 ans est le porte-étendard de la "realpolitik", politique réaliste, qui est aussi à même d’être à l’écoute de l’industrie automobile Daimler-Benz et Porsche dans sa région.

Mais Annalena Baerbock ne peut se targuer d’une expérience de gestion politique à proprement parler. Trois ans après avoir rejoint le parti en 2005, elle a été assistante d’un chef de cabinet d’un eurodéputé au Parlement européen. Dès 2008, elle a été présidente des Verts dans le Länder de Brandebourg. Son ascension l’a ensuite poussée en 2013 dans l’arène du Bundestag en tant que parlementaire avant qu’elle soit nommée cinq ans plus tard à la tête du parti.

Le dossier de la matinale de La Première du 24 septembre 2021 :

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