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Qui a inventé le piano ?

Qui a inventé le piano ?

Retournons il y a un peu plus de 320 ans en arrière vers l’an 1700 pour répondre à la question du jour de Clément Holvoet : Qui a inventé le piano ? 

 

Un facteur de clavecins qui, à la demande du prince Ferdinand de Médicis, le fils du duc de Toscane, déménage à Florence pour devenir le facteur officiel des instruments de la cour. On lui demande de construire les clavecins et autres instruments à clavier de la cour. Il semble que le prince avait repéré les talents d’inventeur de l’artisan. Et il se nomme Bartolomeo Cristofori

Domenico Scarlatti claviériste virtuose, sur clavecin à l’époque, est de passage à Florence et découvre l’invention de Cristofori, le fameux piano-forte, ancêtre direct de notre piano moderne. Il lui en commande cinq, et se les fait livrer en Espagne. Il est vrai que jusqu’à la moitié du 18e siècle, le clavecin prédomine le monde des instruments à clavier. C’est un instrument à cordes pincées, qui est plutôt présent dans l’aristocratie et les cours : à la maison, on lui préfère le clavicorde, tout petit clavier qui a un son très doux, et qui fait au fond très peu de bruit. Ces instruments ont un grand défaut pour Cristofori : ils ne permettent aucune nuance. Car la corde est juste pincée, pour le clavecin, ou effleurée par une « tangente » pour le clavicorde, et le son est donc immédiat, mais figé. Aucune possibilité avec ce mécanisme de jouer fort ou encore plus doux.

Grâce à l’engagement du prince Ferdinand et de son mécénat, Cristofori va pouvoir innover et faire des expériences et des recherches. Il invente alors le système des petits marteaux qui vont venir frapper la corde : plus on frappe fort, plus le son est puissant. Et lorsqu’il présentera à la cour son invention, il l’appelle « clavecin avec des nuances douces et fortes ». Tout le monde est séduit, et tout le siècle s’arrache le nouveau-né : le piano-forte, qui devient au fil des ans le piano. On se l’arrache : de Haydn à Mozart en passant par Beethoven et Chopin. Jusqu’au milieu du 18e siècle, on écrit un peu indifféremment pour tel ou tel clavier, et les instrumentistes, dont nos célèbres compositeurs, jouent à l’occasion soit du clavecin soit de l’orgue. Mais peu à peu, grâce à la popularité et aux possibilités de ce nouvel instrument, le piano-forte, les propositions d’instrumentation vont changer : la musicologue Marieke Spanns nous en donne un exemple parlant : Au début, sur les partitions de Beethoven, on trouve l’indication « pour le clavecin ou le piano-forte ». C’est qu’à cette époque beaucoup de musiciens amateurs ou professionnels utilisent encore le clavecin : l’éditeur exprime là un souci commercial. À partir de la Sonate « Pathétique », on inverse la tendance. On précisera : « per il Forte-Piano o Clavicembalo », « pour le piano-forte ou le clavecin ». Les débuts de la suprématie du piano se font jour.

Telle est la question

Qui a inventé le piano ?

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