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Belgique

Quelles ambassades belges seront fermées pour raisons économiques?

Quelles ambassades belges seront fermées pour raisons économiques?
01 déc. 2014 à 13:492 min
Par Alain Lechien

Pour Didier Reynders, c’est clair, il faut dégraisser : "C’est comme partout ailleurs, donc il y a 4% de réductions de dépenses en personnel, 20 % de dépenses de fonctionnement, donc il est évident qu’il y a un énorme effort de restructuration à faire mais qui chez nous a été entamé il y a plus de deux ans, avec une analyse de la présence belge à l’étranger : où doit-on être présent en fonction des Belges présents à l’étranger, des intérêts économiques belges, des relations avec chacun des pays parce qu’il y a des investisseurs ou des concitoyens qui viennent plus particulièrement d’une partie du monde? Et puis des choix politiques en fonction de l’importance d’une région ou d’un pays, même si nous n’avons pas nous une présence bilatérale très forte. C’est cette analyse-là qui a été faire au sein du département, nous l’avons communiquée au parlement, et c’est sur cette base que l’on avance chaque fois dans les restructurations".

Didier Reynders a confirmé 3 fermetures imminentes : l’ambassade de Kaboul en janvier 2015, celle de Tripoli, et le consulat de Toronto. Dans le cas de l’Afghanistan, la fermeture de Kaboul se justifie par la fin prochaine des missions de militaires belges, après 10 ans de présence dans le pays. La sécurisation de l’ambassade représente par ailleurs un cout élevé, tout comme celle de Tripoli, en Libye. Selon le SPF, les missions de l’ambassade de Kaboul seront transférées à la juridiction de l’ambassade de Belgique à Islamabad (Pakistan). Les compétences du consulat de Toronto (Canada) seront transférées au consulat-général de Belgique à Montréal. Ce qui contredit les informations de L’Écho, qui évoque aussi la fermeture de Montréal. Ville francophone au Canada, la fermeture de Montréal aurait une forte charge symbolique.

Didier Reynders dément par contre la fermeture prochaine de l’ambassade de Lisbonne au Portugal : "Tous les pays sont confrontés à ce genre de restructuration, et nous allons poursuivre le travail. Il y aura des économies mais pas de l’ordre de ce qui est annoncé (par l’Echo ndlr), et pas non plus certaines capitales citées, Lisbonne au Portugal ne rentre pas dans mes intentions".

Des noms circulent

Pour le reste, il ne dit mot des ambassades menacées. Tout se fera au fur et à mesure. Certains noms circulent, comme Beyrouth, les 3 pays baltes, Alicante et Barcelone, ou Casablanca au Maroc. Les services consulaires seraient concentrés à Rabat, ce qui étonne vu l’importance de la communauté d’origine marocaine en Belgique. Mais le ministre le répète, rien n’est encore décidé, même s’il est vrai qu’il faut réaliser 4% de réductions de dépenses en personnels, et 20% d’économies de dépenses en fonctionnement. Il faut donc restructurer, rationaliser, et réfléchir aux synergies.

En RDC par exemple, la Belgique s’apprête à ouvrir une nouvelle chancellerie à Kinshasa, dans laquelle viendront travailler des diplomates néerlandais. Dans certaines ambassades en Amérique latine, ce seront des diplomates belges qui iront travailler dans les locaux des Pays-Bas.

La délégation Wallonie-Bruxelles à Québec

Bijoux de famille

Les Affaires étrangères réfléchissent aussi à la vente de certains bijoux de famille en termes de patrimoine.

Au niveau des régions, la Wallonie envisage de revendre sa représentation à Paris, un magnifique bâtiment situé boulevard St Germain, acquis en 2002 pour 7 millions d’euros, et dont la valeur a peut être doublé depuis lors. Autre joyau détenu par la Fédération Wallonie-Bruxelles, un superbe appartement situé au cœur de la vieille ville de Québec, en face du mythique château Frontenac. Mais là aussi, la fermeture d’une représentation au cœur de la Francophonie pourrait créer un choc symbolique fâcheux.

Françoise Wallemacq

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