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Tendances Première

Quel est l'état de santé mentale de nos ados ? Comment les aider ?

25 févr. 2022 à 10:00Temps de lecture4 min
Par Christian Rousseau

Nos adolescents ont été durement impactés par la pandémie. Marie-Laure Mathot journaliste au Ligueur des parents, dresse un portrait de  la santé mentale des ados et du soutien psy qu’on peut leur apporter. 

On peut faire un constat en deux temps.

Les études montrent aujourd’hui qu’ils font en effet partie des publics plus " à risque " en temps de covid, de confinement. Mais que c’est surtout ceux qui avaient tendance à aller mal qui sont tombés plus vite dans des dépressions. 

On parle de dépression mais on devrait plutôt dire " signes dépressifs . Le Ligueur a recontacté certains adolescents et on peut dire que certains ont retrouvé des couleurs. Ce sont ceux qui souffraient de ne pas pouvoir voir d’autres jeunes et à qui, on coupait des ressources en restreignant les contacts. 

Pour d’autres, par contre, les confinements ont été salvateurs parce qu’ils ne devaient plus se confronter au regard des autres. Ils ne devaient plus s’adapter à un milieu scolaire qui ne leur correspond pas. Ils ne devaient plus coller socialement à ce qu’on leur demandait.  

Mais, au moment de la reprise,  L’angoisse sociale a été encore plus importante. Et c’est pour ces jeunes-là que c’est toujours compliqué. 

 

Pas toujours facile en tant que parent de faire la différence entre un ado qui entre dans sa bulle et un ado qui va vraiment mal

 

Les journalistes du Ligueur ont rencontré certains parents pour en savoir plus. Parlons, par exemple, du cas de Cyril. Il a toujours eu tendance à être un peu morose. Mais, quand il était petit et que quelque chose n’allait pas, il pleurait ou le disait. Mais quand on grandit, quand on devient ado, dans le développement de notre centre émotionnel, on devient capable de cacher certaines émotions. 

Et c’est ce que cette maman nous disait.  Elle devait creuser, poser beaucoup de questions pour parfois avoir des monosyllabes comme réponses.

 

Pour les spécialistes, c’est un comportement propre à l’adolescence et il faut pas s’en vouloir en tant que parent si on " passe " à côté de quelque chose. C’est juste beaucoup moins évident à cerner.

 

N’y a-t-il pas des signes qui peuvent mettre le parent en alerte ? 

Dans le cas de Cyril, sa maman sait qu'il va mal quand elle voit que Cyril ne mange pas ou qu’il a du mal à s’endormir. 

Il y a aussi le décrochage scolaire. Si vous remarquez un de ces signaux chez votre ado qu’il est dépressif. 

Mais les psys vous le diront: On ne peut pas donner une sorte de baromètre qui dirait, attention, là, votre ado est dans le rouge.  Non. 

Le seul conseil que l'on puisse donner, c'est d'essayer de bien connaître son ado, de s'intéresser à son vécu et essayer de remarquer quand ça ne va pas. 

Mais ce n'est pas toujours facile. Dans certaines familles, on a du mal à exprimer ses émotions par exemple. Et c’est là qu’un psy peut aider aussi bien le jeune que le parent .

Comment convaincre son ado d'aller voir un psy ?

Soyons clair, aller voir un psy n'est pas toujours nécessaire, ni obligatoire.  

Il y a aussi d’autres types d’aides psychologiques :  le fait d’en parler à ses amis,  ou à d’autres jeunes via des associations, des mouvements de jeunesse.  

Tous les psys nous disent que l’engagement, c’est super important sur un plan psychologique quand on est jeune parce qu’on cherche sa place dans la société. On a besoin de voir qu’on est là pour quelque chose.

Et quand on s’engage, on trouve cette place, on trouve le sens 

 

Si ce n'est pas suffisant, il faudra probablement aller voir un psy.

Les barrières à faire tomber

La première, elle est mentale. Ce sont les préjugés qu’on a sur l’aide psy. Il faut déjà ne pas en avoir en tant que parent. Et donc, se l’avouer à soi-même mais aussi à son ado quand ça ne va pas 

Simplement dire :" Oh non moi aujourd’hui, et ça fait plusieurs jours que ça ne va pas à cause du boulot par exemple " permet au jeune de voir qu’en tant qu’adulte on n’est pas que parent et que l'on est vulnérable.

Les ados se construisent également sur ces failles. S'ils ont un parent parfait, ça va leur mettre la pression et ils ne vont pas sentir qu’ils ont droit à l’erreur. 

Il faut exprimer les choses. Ça permet au jeune de comprendre 3 choses : 

  • Qu’on a remarqué qu’il n’allait pas bien 

  • Qu’on veut l’aider 

  • D’essayer de trouver des pistes de solutions  même si on les connait pas encore 

On peut également mettre l’argument de la confidentialité en avant. Là où un ado ne va pas avoir envie de tout confier à ses parents ou à ses potes, le psy peut un peu tout entendre. Donc ça c’est quand même assez agréable et ça peut faire tomber une barrière mentale 

Et puis, dernier argument : rien n’est irréversible. Ni le fait d’aller chez une psy : on ne s’engage pas pour la vie 

 

Autre barrière, la barrière financière. Il y a une nouvelle formule en Belgique qui permet d’accéder à 8 séances de suivi psy à 11 euros la séance. Et si on a moins de 23 ans, c’est dix séances donc ça vaut la peine. Bémol : vous ne pouvez pas vous pointer chez n’importe quel psy avec votre billet de 10 et votre de pièce de 1 euro.

Vous devez vous rendre dans un cabinet d’un/e psychologue qui est conventionné.

Plusieurs choses dans ce titre.

D’abord, il faut consulter un psychologue. C’est quelqu’un qui a fait un master universitaire en psychologie et pas un psychothérapeute qui peut aussi être tout à fait professionnel mais dont le titre n’est pas " reconnu " en Belgique. ET qui ne donnera pas accès à un remboursement par la mutuelle.

Deuxième élément : ce psychologue doit être conventionné. Ça veut dire que : 

- non seulement son réseau de psy doit avoir signé cette nouvelle convention des 10 séance à 11 euros avec l’Inami.

- mais en plus, il doit faire partie d’une liste mise en place par ce réseau 

 

Chaque zone géographique a son site internet avec la liste des psys où on a droit à ces séances à 11 euros. Ces listes sont disponibles sur le site de l’Inami 

Tendances Première : Les Tribus

Soutien des ados, les aider à ne pas tomber. Du pratique avec Le Ligueur

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