Sous couverture

Que lire ce week-end ? Voici la sélection de Sous Couverture

© © Tous droits réservés

Nous ouvrons le troisième chapitre de Sous Couverture en compagnie, nos invités sont Alain Mabanckou et Luc Dellisse. Au menu du jour : des quartiers chauds, l’Italie, un quartier des sixties Entre autres !

Alain Mabanckou pour "Le Commerce des Allongés", Ed. Seuil, 2022

Dans ce grand roman social, politique et visionnaire qui se déroule à Pointe-Noire, la lutte des classes se poursuit jusque dans le royaume des morts. Des morts par ailleurs étrangement vivants !

En effet, quand Liwa se retrouve flottant au-dessus de sa tombe au Frère Lachaise, il se remémore ce qui l’a amené là. D’autres trépassés rencontrés au cimetière lui font part de leurs propres destinées. S’en suit un tableau sombre de la société congolaise, gangrenée par la bureaucratie, la corruption, la cupidité des politiciens, les inégalités sociales… Dans ce carnaval des morts, l’auteur pousse la satire à l’extrême. A travers un récit tantôt joyeux, tantôt poignant, il donne la parole aux sacrifiés.

Luc Dellisse pour "Parler avec les dieux", Ed. Éléments de langage, 2022

Parler avec les dieux explore un secret oublié. La présence de dieux sur terre. Elle est discrète. Ils veillent à ne jamais paraître au grand jour. Ils ne sont pas cachés mais en retrait. La façon très subtile dont ils vivent parmi nous est une preuve de leur essence divine. Elle consiste pour eux à ne pas se démasquer, mais à laisser des traces de leur passage, exprès.

On reconnaît la divinité à ses pouvoirs mystérieux. Elle modifie la vie sans en avoir l’air. Elle laisse entrevoir un autre monde que le nôtre. C’est un sentiment diffus, un rêve, le souvenir d’un rêve. La divinité ressemble à l’amour. Elle fait rêver d’un infini dans les détails. Elle fait tourner la tête, puis s’éloigne les mains dans les poches. Son absence se referme comme l’eau d’un lac.

Luc Dellisse pour "Une vie d’éclairs", Ed. L’herbe qui tremble, 2022

Une vie d’éclairs : le titre ne ment pas. Un éclair, c’est à la fois de l’électricité et de la lumière. C’est une énergie intermittente, qui illumine violemment un lieu et un moment, puis s’interrompt, et reparaît plus loin, pour un nouvel accès de clarté.
Le narrateur unique de ce livre est un curieux personnage. Un voyageur mystérieux qui ne semble connu de personne, qui cache sa vie, qui donne de faux noms, qui n’a aucune mission à accomplir, qui repart à peine arrivé, qui mène vingt vies différentes en une seule année, et qui cherche sans se lasser quelque chose qui se dérobe au regard. Quelque chose mais quoi ? L’amour ? La vérité ? La paix ? Le bonheur ? Tout cela, sans doute, et autre chose encore…

“Réminiscences” de Gorian Delpâture : Jacqueline Harpman

Aujourd’hui, nous allons nous intéresser à un grand nom de la littérature belge : Jacqueline Harpman. Elle est née à Etterbeek en 1929, elle décède en 2012. Et nous allons la retrouver au mois de janvier 1991. Elle a 61 ans et elle passe à la télé pour présenter son 5ème roman. Et vous savez quoi ? Elle se présente toute seule comme une grande.

La chronique de Lucile Poulain : Deux secondes d’air qui brûle de Diaty Diallo, Seuil éditions, 2022

On parle des quartiers chauds, on dit la cité, les HLM, la zone… Tout autant de termes peu reluisants finalement pour décrire ces fameuses tours, où cohabitent les communautés minoritaires, issues de l’immigration ou socialement défavorisées. Et c’est dans une de ces cités de la banlieue parisienne que grandit Astor, celui qui sera votre guide dans ce bouquet de grands immeubles tout au long du roman.

Tout commence un soir de week-end assez banal, il arrive à une soirée dans les parkings souterrains, rencontre une fille trop jolie pour lui comme il se dit, et tout d’un coup c’est la panique, on ne respire plus, la fumée envahit l’espace. Ça, c’est le point de départ qui va nous mener sur le chemin d’une bande de jeunes – Chérif, Issa, Demba, Nil et les autres, confrontés à une violence policière quotidienne. Jusqu’à ce que l’un d’entre eux soit abattu.

La chronique de Michel Dufranne : L’Illusion du Mal de Piergiorgio Pulixi, Ed. Gallmeister, 2022

À travers toute l’Italie, les téléphones portables vibrent à l’unisson. En l’espace de quelques minutes, des milliers de personnes reçoivent une vidéo intitulée "La loi, c’est toi". À l’écran, un criminel ligoté et un homme masqué qui prend la parole. Son objectif : faire voter en ligne le public sur le sort de son prisonnier, qu’un système judiciaire inefficace et corrompu a laissé impuni. La vindicte populaire est en marche. Mara Rais et Eva Croce, deux femmes aussi différentes qu’imprévisibles, sont chargées de l’enquête, épaulées par le criminologue Vito Strega. Confronté à un ennemi insaisissable à la popularité grandissante, le trio se lance dans une course contre la montre.
Après L’ Île des âmes, la nouvelle enquête d’Eva et Mara nous emmène de la Sardaigne à Milan. Face à la séduction du mal, chacun devra choisir entre envie de justice et soif de vengeance.

La chronique d’Odile Vanhellemont : "Âge tendre" de Clémentine Beauvais, ed. J’ai Lu, 2022

Dès la première page, une circulaire ministérielle vient nous avertir que tous les jeunes Français doivent faire leur service civique avant d’entrer au lycée.

Chacun indique ses préférences, et l’algorithme décide où vous irez passer un an.

Catastrophe pour Valentin, qui voit tous ses souhaits balayés du revers informatique de la main.

Il est envoyé chez les Chtis pour intégrer l’équipe d’un home pour vieux atteints de démence.

Sauf que, petit détail original : ce home est décoré pour ressembler à un quartier des sixties.

La chronique surprise : Miguel Bonnefoy, avec « Un homme sans histoires » de Nicolas Carreau, éd. JC Lattès, 2022

Henri Reille a toujours préféré l’ennui aux ennuis.
Quand la plupart des gens tentent par tous les moyens de se distinguer de leurs semblables, il s’ingénie à ne se différencier en rien de quiconque. Ponctuel, il quitte chaque matin à 7h52 précises le 32 rue du Lavoir à Belprat, pour être à 8h au bureau où il exerce l’expertise comptable. La seule chose en ce bas monde qui puisse lui faire perdre son sang-froid serait le vol de ses boutons de manchette légués par son grand-père. Et c’est exactement ce qui va lui arriver.
Malgré lui, il commet l’irréparable et devient un fugitif. À ses trousses : un mystérieux homme au chapeau et à la gabardine qui va le traquer, des archives de Munich au bateau de fortune dont le capitaine n’a de marin que la vareuse, de Grand Central Terminal à la frontière du Mexique qu’il est le seul à franchir clandestinement dans ce sens.

La chronique de fin de Thierry Bellefroid, "Luc Dassaut : Les rescapés de l’Eldorado" d’Henri Vernes, Ed. Du Tiroir, 2022

Quatre ans après la création de Bob Morane, Henri Vernes lance un nouveau héros, journaliste à " Paris – Journal ", Luc Dassaut. Il ne vivra hélas que deux aventures menées tambour battant, Les rescapés de l’Eldorado et Base clandestine.

Et "Don : Palomita Paloma" d’Henri Vernes, Ed. Du Tiroir, 2022

Petit-fils du chef des chefs de la Mafia, Don est traqué par celle-ci. Pour échapper à ses tueurs, il doit affronter les situations les plus critiques dans une atmosphère d’action, de violence et d’érotisme, de l’aventure à l’état pur !

"Singleton : Rendez-vous au pélican vert" d’Henri Vernes, Ed. Du Tiroir, 2022

New York, 1942, Robert Barney Singleton, agent secret britannique, Hart Fleming et Levison Levison du F.B.I. sont aux prises avec des espions nazis dirigés par le redoutable von Low, l’homme aux yeux morts. Une lutte sans merci s’engage.

Sur le même sujet

"Le Magicien" de Colm Tóibín : Vivez la vie d'un prix Nobel

Entrez sans frapper

Articles recommandés pour vous