Sous couverture

Que continuer à lire cet automne ? La sélection de Sous Couverture

La sélection de Sous Couverture de cette mi-novembre

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Dans ce sixième chapitre de Sous Couverture, une jolie sélection pour accompagner les deux auteurs de cette émission à savoir Sibylle Grimbert et Dominique Celis. Au menu, un grand pingouin, la disparition des espèces, le blanc et quelques autres pépites...

Sibylle Grimbert pour "Le dernier des siens" - Ed. Anne Carrère

"Le dernier des siens" de Sibylle Grimbert (ed. Anne Carrère)

Sibylle Grimbert est venue présenter à Thierry Bellefroid et Lucile Poulain ce roman sur la magnifique relation entre un homme et un grand pingouin où il est aussi question de la disparition des espèces.

1835. Gus, un jeune scientifique, est envoyé par le musée d’Histoire naturelle de Lille pour étudier la faune du nord de l’Europe. Lors d’une traversée, il assiste au massacre d’une colonie de grands pingouins et sauve l’un d’eux. Il le ramène chez lui aux Orcades et le nomme Prosp. Sans le savoir, Gus vient de récupérer le dernier spécimen sur Terre de l’espèce. Une relation bouleversante s’instaure entre l’homme et l’oiseau. La curiosité du chercheur et la méfiance du pingouin vont bientôt se muer en un attachement profond et réciproque.

À l’heure de la sixième extinction, Sibylle Grimbert convoque un duo inoubliable et réussit le tour de force de créer un personnage animal crédible, avec son intériorité, ses émotions, son intelligence, sans jamais verser dans l’anthropomorphisme ou la fable. Le Dernier des siens est hanté par une question aussi intime que métaphysique : que veut dire aimer ce qui ne sera plus jamais ?

Une BD sur le même sujet : "Vega" Yann Legendre et Serge Lehman - Ed. Albin Michel

"Vega" Yann Legendre et Serge Lehman - Ed. Albin Michel

Fin du XXIe siècle.

C'est la Guerre Sourde, l'ère des mafias d'État,
des métropoles insurrectionnelles, des séparatismes génétiques et des stations spatiales privées.

Dans la jungle indonésienne, la docteure Ann Vega fait une découverte qui la projette au coeur d'un extraordinaire réseau d'intrigues politiques et scientifiques.

L'unité et les limites du genre humain sont en jeu.

Anticipation à la vraissemblance suffocante, entre effondrement de la biodiversité et chaos politique, VEGA est le fruit choc de la rencontre de deux géants : le virtuose de l'illustration Yann Legendre, et Serge Lehman, le scénariste aux 6 Grand Prix de l'Imaginaire.

Dominique Celis pour "Ainsi pleurent nos hommes" - Ed. Philippe Rey

« Ainsi pleurent nos hommes» de Dominique Selis - Ed. Philippe Rey

Dominique Celis est venue présenter son premier roman qui raconte la dérive de l'histoire d'amour entre Erika et Vincent au Rwanda, 25 ans après le génocide des Tutsis. Et c'est une réussite !

Kigali, 2018. Depuis sa rupture avec Vincent, Erika vit sur un fil, et écrit à sa sœur pour " exorciser de son corps " un amour-dévastation qui l'habite toujours. Elle raconte son histoire, mais également celle des êtres fragiles auxquels elle est attachée, qui eux aussi tentent de vivre. Avec James, son frère second hand, Manzi, le séduisant karatéka, Maman Colonel, Tonton Damas, les cœurs débordants comme la mousse des bières décapsulées au bar L'Église, ils reconstruisent une nouvelle famille qui illumine ce roman.
Du Rwanda, pays aux mille collines florissantes, où après le génocide des Tutsis chacun a été forcé de tourner la page, Dominique Celis montre que derrière la rhétorique officielle d'unité nationale chacun a " incarcéré ses peines à perpète ". Des blessures sans cesse ravivées lorsqu'on peut croiser les bourreaux d'hier au détour d'une station-service ou sur la rive calme du lac Kivu...
Dans ce saisissant premier roman, Erika fait le récit d'un amour qui tente de résister à la fatalité tragique héritée du passé. Même lorsque Vincent se sépare d'elle, leur passion charnelle ne faiblit pas, et c'est une femme vibrante de regrets, encore taraudée par le désir, qui rédige ces lettres splendides, puisque sur sa peau " rien ne veut s'effacer ".

La chronique de Michel Dufranne : "Mordew" d'Alex Pheby - Ed. Inculte

"Mordew" d'Alex Pheby - Ed. Inculte

Mordew est le premier volume d’une trilogie (Cities of the Weft) pouvant s’apparenter, à première vue, à de la " dark fantasy ". Ce roman ambitieux narre les aventures d’un jeune garçon, Nathan Treeves, né dans les bas-fonds de l’énigmatique Mordew, qui se découvre d’étranges pouvoirs (dont celui de la Foudre, sorte d’étincelle qui jaillit de lui quand il sort de ses gonds et peut réduire en cendres tout ce qui s’interpose). Sorte d’anti-Harry Potter, le jeune Nathan, qui au début du roman, tente de sauver son père souffrant d’une horrible maladie (des vers pulmonaires…), va se lier d’amitié avec une bande de jeunes voleurs planquant dans les égouts (une bande pittoresque et très dickensienne…) avant de retourner – apparemment – sa veste et de conclure un accord avec " le Maître ", sorte de démiurge faussement philanthrope qui règne sans partage sur l’industrieuse cité de Mordew, où les larmes des enfants servent de noirs desseins.

La chronique de Gorian Delpâture : "La nuit des enfants" de Maurice Maeterlinck (inédit!)- Ed. Albin Michel

"La nuit des enfants" de Maurice Maeterlinck (inédit!) Albin Michel

Ecrit à New York en 1941, dans le contexte de la guerre, La Nuit des enfants clôt le cycle ouvert avec L'oiseau bleu, pièce féérique dans laquelle le lecteur suit les aventures de deux enfants partis à la recherche du bonheur.

Dans ce texte inédit, miraculeusement retrouvé, Maurice Maeterlinck, dont Antonin Artaud dit qu'il est le premier " à avoir introduit dans la littérature la richesse multiple de la subconscience ", revient sur des thèmes qui lui sont chers - le Matérialisme, la Nature, la Mort, le Bonheur - et se révèle optimiste. Quand l'aube se lève, après avoir combattu les forces négatives, les enfants de cette nuit obscure auront réussi à bâtir un monde meilleur.

A l'instar du Petit Prince, La Nuit des enfants est une oeuvre intemporelle qui nous parle à tous, petits et grands.

La chronique d'Odile : "Le créateur de poupées" Nina Allan - Éd. 10/18

"Le créateur de poupées" de Nina Allan - Éd. 10/18

Anti-conte de fées troublant, Le créateur de poupées construit le récit fabuleux d'un amour improbable.

Dans son atelier de Londres, Andrew Garvie fabrique des poupées exquises, des œuvres d'art. Comme lui, elles sont petites, mais gracieuses, uniques et d'une profondeur surprenante. C'est peut-être cet esprit particulier qui le pousse à entretenir une correspondance avec une femme étrange, Bramber Winters, qui lettre après lettre, lui dévoile son existence troublante au sein d'une institution dans les Cornouailles, où elle vit et travaille, et les terribles événements qui l'y ont conduite lorsqu'elle était enfant. Andrew sait ce que c'est que d'être pris au piège, et à mesure qu'ils se rapprochent, il ourdit un curieux plan pour la sauver...

Notre invité surprise Franck Bouysse a fait le choix de : "L'ancêtre" Juan José Saer - Ed. Le Tripode

"L'ancêtre" Juan José Saer - Ed. Le Tripode

Le chef d'œuvre de l'un des écrivains argentins les plus importants du XXe siècle.

Peu de livres donnent au lecteur l'impression, dès les premières pages, d'être confronté à un chef d'œuvre absolu. L'Ancêtre, de Juan José Saer, appartient à cette catégorie.

" De ces rivages vides il m'est surtout resté l'abondance de ciel. Plus d'une fois je me suis senti infime sous ce bleu dilaté : nous étions, sur la plage jaune, comme des fourmis au centre d'un désert. Et si, maintenant que je suis un vieil homme, je passe mes jours dans les villes, c'est que la vie y est horizontale, que les villes cachent le ciel. "

Le roman est inspiré d'une histoire réelle. En 1515, un corps expéditionnaire de trois navires quitte l'Espagne en direction du Rio de la Plata, vaste estuaire à la conjonction des fleuves Parana et Uruguay. Mais, à peine débarqués à terre, le capitaine et les quelques hommes qui l'accompagnent sont massacrés par des Indiens. Un seul en réchappe, le mousse : fait prisonnier, accueilli dans la tribu de ses assaillants, il n'est rendu à son monde que dix ans plus tard, à l'occasion d'une autre expédition naviguant dans ces eaux. De ce fait historique Juan José tire une fable universelle qui interroge le sens des destinées humaines et le pouvoir du langage. Arrivé à la fin de sa vie, le mousse se souvient comment, soixante ans plus tôt, il a été amené pendant toutes ces années à partager l'existence d'une tribu d'hommes anthropophages au point de bouleverser sa vision du monde...

La Book-box : "La loterie de la vie" Milton O. Walsh - éditions Michel Lafon

"La loterie de la vie" de Milton O. Walsh - éditions Michel Lafon

Une petite ville de Louisiane voit son quotidien bouleversé par l'installation de la DNAmix, une étrange machine qui, pour la modique somme de deux dollars, et grâce au pouvoir de l'ADN, promet de révéler le plein potentiel et les talents de chacun. Entre questionnements, désirs secrets, rêves de gloire et réalité, les habitants de Deerfield devront apprendre à défier les prédictions et compter sur la solidité de leur communauté pour reprendre le contrôle de leur propre destin.

Les derniers conseils de Thierry Bellefroid : "Blanc" Sylvain Tesson - Ed. Gallimard

"Blanc" Sylvain Tesson - Ed. Gallimard

Avec mon ami le guide de haute montagne Daniel du Lac, je suis parti de Menton au bord de la Méditerranée pour traverser les Alpes à ski, jusqu'à Trieste, en passant par l'Italie, la Suisse, l'Autriche et la Slovénie. De 2018 à 2021, à la fin de l'hiver, nous nous élevions dans la neige. Le ciel était vierge, le monde sans contours, seul l'effort décomptait les jours. Je croyais m'aventurer dans la beauté, je me diluais dans une substance. Dans le Blanc tout s'annule - espoirs et regrets. Pourquoi ai-je tant aimé errer dans la pureté ?S.T.

"Blanc : Histoire d'une couleur" Michel Pastoureau - Ed. Seuil

Contrairement à une idée reçue, le blanc est une couleur à part entière, au même titre que le rouge, le bleu, le vert ou le jaune. Le livre de Michel Pastoureau retrace sa longue histoire en Europe, de l’Antiquité la plus reculée jusqu’aux sociétés contemporaines. Il s’intéresse à tous ses aspects, du lexique aux symboles, en passant par la culture matérielle, les pratiques sociales, les savoirs scientifiques, les morales religieuses, la création artistique.

Avant le XVIIe siècle, jamais le blanc ne s’est vu contester son statut de véritable couleur. Bien au contraire, de l’Antiquité jusqu’au cœur du Moyen Âge, il a constitué avec le rouge et le noir une triade chromatique jouant un rôle de premier plan dans la vie quotidienne et dans le monde des représentations. De même, pendant des siècles, il n’y a jamais eu, dans quelque langue que ce soit, synonymie entre " blanc " et " incolore " : jamais blanc n’a signifié " sans couleur ". Et même, les langues européennes ont longtemps usé de plusieurs mots pour exprimer les différentes nuances du blanc. Celui-ci n’a du reste pas toujours été pensé comme un contraire du noir : dans l’Antiquité classique et tout au long du Moyen Âge, le vrai contraire du blanc était le rouge. D’où la très grande richesse symbolique du blanc, bien plus positive que négative : pureté, virginité, innocence, sagesse, paix, beauté, propreté.

Accompagné d’une abondante iconographie, cet ouvrage est le sixième d’une série consacrée à l’histoire sociale et culturelle des couleurs en Europe.

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