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Quatrième dose contre le Covid : si c’est possible de se faire vacciner chez le médecin, ce n’est pas simple dans les faits

21 sept. 2022 à 11:09Temps de lecture2 min
Par Estelle De Houck sur base du Focus de François Heureux

La campagne pour l’injection de la quatrième dose du vaccin contre le Covid a démarré en Belgique. Avec une spécificité : la vaccination est désormais possible chez les médecins généralistes. Sur papier en tout cas. Parce que dans les faits, la situation n’est pas aussi simple que cela.

Au sein du cabinet d’Audrey Bonnelance, généraliste à Woluwé Saint-Pierre, cette vaccination reste exceptionnelle. "Pour l’instant on ne propose de le faire qu’aux patients que l’on vaccine à domicile, qui ne savent pas déplacer en centre de vaccination", précise-t-elle.

Des obstacles logistiques

Selon elle, la vaccination en cabinet rencontre de nombreux obstacles logistiques. Il faut tout d’abord prévoir ses rendez-vous. "Il faudrait que j’organise cela dans mon cabinet pour avoir plusieurs patients d’affilée. Il faudrait idéalement six à dix patients volontaires pour le faire", note Audrey Bonnelance.

Ensuite vient le contact avec le pharmacien référent, pour préparer les doses à l’avance. "Je prescrirais ces doses et je devrais aller les chercher dans un horaire assez restreint – puisque le pharmacien doit aussi s’organiser." A partir de ce moment-là – et vu la durée de conservation -, il ne resterait plus que six heures au médecin pour recevoir ses patients.

Sachant qu’après la vaccination, la généraliste doit également observer son patient pendant quinze à vingt minutes. "Il doit donc aussi y avoir une logistique dans mon cabinet au niveau de la place pour pouvoir mélanger les patients malades et ceux qui viennent pour un vaccin."

Une procédure impossible ?

Alors, est-ce quasi impossible de se faire vacciner par son médecin généraliste ? "Tant que la livraison n’arrive pas au chevet des médecins généralistes et que les conditions de conservation des flacons sont compliquées, c’est compliqué", répond Audrey Bonnelance.

Pour améliorer le système, les représentants de la médecine générale demandent que l’obtention d’un vaccin contre le coronavirus soit la même que pour d’autres vaccins : au niveau de la commande, des transports, de la conservation, etc. "Je pense que c’est vraiment en discussion [au niveau des autorités], mais il y a manifestement un blocage au niveau de l’AFMPS, qui refuse que les flacons de doses soient livrés directement chez le généraliste. C’est une histoire d’équipement."

Quatrième dose, adhésion ou lassitude ?

A noter que selon Audrey Bonnelance, cette quatrième campagne de vaccination suscite encore beaucoup de questions. "Les patients reçoivent leur invitation s’ils sont dans les groupes cibles et souvent ils nous appellent", note la généraliste. Les questionnements fusent autour de l’utilité, de l’efficacité ou encore autour de la procédure.

"Depuis le début, je suis les recommandations scientifiques et l’avis du Conseil supérieur de la santé. Donc je conseille à mes patients de faire la dose booster", explique la médecin. 

Il n’est d’ailleurs pas contre-indiqué de se faire vacciner simultanément contre le coronavirus et contre la grippe. Parce qu’en effet, "ce qu’on craint, au fond, ce sont les infections concomitantes", ajoute-t-elle.

Quant à une éventuelle disparition de l’épidémie de Covid-19 actuellement, Audrey Bonnelance n’y croit pas. "Depuis la rentrée, on en revoit de nouveau. Et c’est normal. Pour moi, c’est un virus qui va rester pérenne, peut-être probablement comme celui de la grippe", conclut la médecin généraliste.

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