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Coronavirus

Quatre millions d’autotests vendus dans les pharmacies depuis le début de la pandémie : quel avenir pour ces déchets plastiques ?

En Belgique, près de 4 millions d’autotests ont été vendus en pharmacie.
19 janv. 2022 à 16:27 - mise à jour 20 janv. 2022 à 10:372 min
Par Clara Weerts
Quatre millions d’autotests ont été vendus dans les pharmacies belges, selon des chiffres obtenus par la RTBF auprès de l’association pharmaceutique belge. Tout ça sans compter ceux écoulés dans les grandes surfaces. L’utilisation des autotests est fortement conseillée par les autorités pour limiter les contacts à risque. Si bien que la semaine précédent Noël, la vente d’autotests a battu des records.
Près de 400.000 autotests ont été vendus. Ces morceaux de plastiques pèsent-ils lourd dans la balance ?

►►► À lire aussi : Tracing, tests, quarantaine dans l’enseignement et à la maison, toutes les précisions (infographies)

Le trajet de l’autotest usagé

Si vous vous rendez en pharmacie pour acheter un test, vous recevrez une petite boîte en carton dans laquelle se trouvent un écouvillon, une notice, une pipette et le morceau de plastique rectangulaire qui sert de testeur.

Seules la notice et la boîte en carton sont recyclables.

Alors que le reste, pesant environ 10 grammes au total par test, finira dans votre poubelle classique. Puis sera incinéré, sans être recyclé.

Quelques tonnes parmi tant d’autres

Ce sont donc au moins 40 tonnes de déchets plastiques venant d’autotests qui auraient été incinérés. Mais ce chiffre ne concerne que notre pays alors que le Covid et les déchets qu’il engendre sont globaux.

11 millions de tonnes de déchets plastiques auraient été générées par la crise sanitaire entre mars 2020 et ce début d’année. C’est ce que révèle une étude publiée le 8 novembre 2021 dans la revue de l’Académie des sciences des Etats-Unis.

Selon les chercheurs, plus de 87% de ces déchets ont été générés par les hôpitaux. Loin derrière, avec 7,6%, nous retrouvons les masques, gants et bouteilles de désinfectants jetés par les citoyens. La hausse des achats en ligne aurait généré plus de déchets, représentant 4,7%. Les autotests, encore peu utilisés lors de la parution de l’étude, ne représentaient que 0,3%.

Au Royaume-Uni, des solutions originales ont été trouvées pour recycler les déchets engendrés par le Covid. Des chaises ou bacs à fleurs par exemple sont créés à partir de masques chirurgicaux ou de gants en latex.

Réfléchir aux déchets dès la conception

Les poubelles bleues, selon Fost Plus, ne traitent que de déchets ménagers. Qu’en est-il des déchets médicaux, comme les autotests, utilisés à domicile ? Selon Renaud De Bruyn, expert déchets chez Ecoconso, aucune filière spécialisée n’existe pour les autotests. Pour l’instant, il n’est pas possible de les ramener en pharmacie. Ils finissent donc dans votre poubelle. Petite consolation, ces déchets seront tout de même valorisés car ils seront incinérés. La chaleur sera transformée en énergie.

Pour Renaud De Bruyn, il faut faire la balance entre la situation exceptionnelle que nous vivons et la quantité de déchets. Il faut tout de même lancer la réflexion, depuis le temps que dure l’épidémie. Cette situation reste révélatrice d’un problème plus large, selon lui.

"On réfléchit souvent après. Comment allons-nous recycler ceci ? Alors que la question devrait se poser au moment de la conception. Comment faire pour maximiser le recyclage de cet objet ?"

Ce problème serait persistant et semblable à plusieurs secteurs, allant de l’alimentation au produit médical. L’objectif, selon Renaud De Bruyn, c’est simplement de produire des objets engendrant moins de déchets dès la conception.

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