Quand un ministre découvre la réalité

Philippe Walkowiak

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09 mars 2016 à 11:44 - mise à jour 09 mars 2016 à 11:44Temps de lecture2 min
Par Philippe Walkowiak

L’éditorialiste austère de Trends, thuriféraire de l’ultra-libérale Ecole de Chicago, pourfendeur des budgets "socialistes" et de l’insouciante Wallonie, auteur d’un livre annonçant la "Fin de l’Euro" en 2011 (sic), doit se dire que le job de ministre finalement, n’est pas une sinécure.

De la théorie à la pratique

Johan Van Overtveldt découvre qu’en tant que ministre, il ne suffit pas de décréter les recettes fiscales, ce que peut-être l’éditorialiste virulent qu’il était avant tendance à considérer.

Le nouveau ministre des Finances était un théoricien reconnu mais il faut bien constater que lui (ou son administration, peu importe) accumule les bourdes.

Avant le contrôle budgétaire du printemps 2015, il y avait eu les centaines de millions réclamés à corps et à cris aux Régions… avant de rectifier le tir trois mois plus tard.

Fin novembre, la Cour des Comptes l’avait prévenu: les rentrées fiscales au budget 2016 étaient largement surévaluées comme notamment le rendement de la taxe Caïman et bien d’autres recettes. Penaud, le ministre N-VA doit bien à nouveau admettre son erreur d’appréciation.

De même, il voulait, en idéologue, revoir unilatéralement l’impôt des sociétés; ses coreligionnaires de majorité lui ont fait remarquer que puisqu’on ne peut compenser les pertes dans le budget de l’État, on verrait cela plus tard.

Conclave douloureux

La N-VA et ses théories économiques arriveront donc quelque peu cabossées aux discussions budgétaires qui vont s’ouvrir. Les nationalistes se voulaient les gardiens de l’orthodoxie financière prônée par la Commission Européenne et se faisaient fort de réduire le train de vie de l’état fédéral, coupable, à leurs yeux, d’une insupportable gabegie.

Dix-sept mois après leur arrivée au pouvoir, ils doivent bien s’en remettre à un principe de réalité. Certes, Bart De Wever qui fulmine dans son coin devant cette inertie budgétaire fédérale, a dans son collimateur une série de dépenses sociales… mais dès qu’il les nommera, il risque là aussi d’être ramené à la réalité, notamment par des partenaires de majorité qui ont eux aussi une différence à marquer.

Les jours et semaines qui viennent seront comme à l’accoutumée une foire aux idées/horreurs en matière de pistes d’économies nouvelles.

Le Premier Ministre devra effectuer les nécessaires arbitrages. De quoi rendre à nouveau la N-VA nerveuse et son président acariâtre.

 

@PhWalkowiak

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