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Quand Star Wars explique la philosophie

Quand Star Wars explique la philosophie
22 oct. 2019 à 13:23 - mise à jour 22 oct. 2019 à 13:233 min
Par RTBF La Première

Après le succès public et critique de 'Star Wars, la philo contre-attaque', Gilles Vervisch poursuit son approche ludique et accessible de la philosophie à travers Star Wars, véritable mythe fondateur de la pop culture. La saga mêle mythologie, psychanalyse et bouddhisme zen, et les questions philosophiques ne manquent pas : le bien et le mal, le destin et la liberté ou encore la solitude et la mort.

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Gilles Vervisch, agrégé de philosophie et enseignant en lycée en région parisienne, s’est donné comme mission de rendre la philo accessible, d’en montrer le côté lumineux. Star Wars, qui le passionne depuis toujours, est le terrain d’expérimentation idéal. Dans Star Wars, le retour de la philo (Ed. Le Passeur), il explore les concepts philosophiques des épisodes récents de Star Wars. Notamment ceux qui tournent autour de l’Histoire, de la mémoire et du passé.

Il a fait un gros travail de réflexion philosophique et de recherche pour rassembler des ouvrages, des théories de philosophes d’horizons et d’époques très divers. Pas besoin de s’y connaître en philosophie ou en Star Wars pour apprécier ce livre !


La philo, pour qui ?

Beaucoup ont des préjugés contre la philo, se demandent à quoi ça sert, n’y comprennent rien. En même temps, certains professionnels de la philo cultivent l’art de ne pas se faire comprendre. Ce genre d’objet culturel peut donc être le meilleur moyen de la faire comprendre au plus grand nombre.

A partir du moment où on est un être humain qui pense, je ne comprends pas qu’on ne soit pas fait pour la philo. Normalement, il doit y avoir des portes pour la montrer à tout le monde.

En entrant dans la philosophie à partir de Star Wars ou de Game of Thrones, Gilles Vervisch parvient plus facilement à capter l’attention. Il n’est pas évident de trouver le rapport entre les deux, la fiction et la philo. Mais il sait que ce que les gens aiment bien, ce sont les histoires.

Il commence par raconter une histoire de pop culture – Star Wars, Game of Thrones, n’importe quel film… - et il fait ensuite le rapprochement avec la philosophie et la tragédie antiques, puis avec les philosophes modernes, Kant… Et voilà comment il y fait entrer les gens.


Peut-on user de violence pour mettre fin à la violence ?

Gilles Vervisch épingle des questions philosophiques qui émanent de l’univers de Star Wars, comme l’usage de la violence. Il met ainsi sur le même plan la sagesse de Platon et de maître Yoda. La philosophie grecque était encore une manière de vivre, d’acquérir la sagesse, la tranquillité, comme dans les phrases de Yoda : "La peur mène la colère, la colère mène à la haine, la haine mène à la souffrance".

Ce livre parle de la vie, de la mort. Il ne s’agit pas ici de philosophie judéo-chrétienne, du bien et du mal, mais plutôt des influences orientales de la série, d’une force impersonnelle qui mélange le bien et le mal.

La force contient à la fois un côté obscur et un côté lumineux, le yin et le yang, tandis que dans la tradition judéo-chrétienne, Dieu est le bien et le contraire est le mal.

"Il y a quelque chose de moins manichéen qu’il n’y paraît dans Star Wars. On parle du côté obscur, il y a aussi quelque chose de jungien, de psychanalytique. Effectivement, Jung parle de l’ombre, de la partie obscure de nous-mêmes. Joseph Campbell, dont s’inspire George Lucas, est lui-même inspiré par Jung. L’idée, c’est que l’ombre de nous-mêmes, c’est la partie obscure qu’il faut aller chercher en soi-même pour s’accepter comme ayant une partie obscure, ce que refuse Dark Vador : il n’y a aucun conflit en moi, prétend-il."
 

Peut-on être méchant et heureux ?

Dark Vador pratique la méditation, mais est-ce dans le but de devenir meilleur ? Sans doute est-ce plutôt pour obtenir des pouvoirs. Il s’agit là d’un pied de nez à la tradition philosophique à l’antique ou à l’orientale, où la méditation est centrale pour être en paix avec soi-même.

C’est une remise en cause de la tradition philosophique, qui part de l’idée que les gens les plus heureux sont des gens bien, ou que, pour être heureux, il faut être bien.

"Pourquoi est-ce toujours le côté obscur qui est le plus attirant ? Et s’il est attirant, pourquoi est-il obscur ? Pourquoi si c’est mal, tout le monde aurait envie d’aller ? Si le bien est bien, il devrait être attirant aussi. Ça pose plein de questions !"

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