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Quand le Covid-19 s’invite dans les punchlines de rap

Quand le Covid-19 s’invite dans les punchlines de rap
25 janv. 2022 à 17:393 min
Par J. Bouquet

Cela fait maintenant quasiment deux ans que nous sommes plongés dans la crise sanitaire. Deux ans ça fait long. Deux ans que l’on entend des mots comme "confinement", épidémie", "masque", "quarantaine", "vaccination". Tout un champ lexical bien présent dans nos vies quotidiennes mais dont franchement on se serait tous bien passés. Et les rappeurs et rappeuses ne font pas exception. Même si pour certains, contraints ou pas, ça aussi parfois été une source d’inspiration. Après deux ans de pandémie, on constate qu’effectivement le Covid-19 s’est bel et bien invité dans les punchlines des artistes. Petit tour d’horizon.

Covid, confinement et frustration

On ne peut pas commencer ce tour d’horizon sans rappeler que les confinements et fermetures de secteurs successifs ont mis sur pause toute l’activité artistique et culturelle à différents moments.

Celui qui exprime bien ce sentiment d’avoir l’impression de tout perdre en cet instant c’est le duc Booba avec son son "Dolce Vita" avec cette phrase "Covid-19 est arrivé, je n’ai plus que ma feuille et mon crayon". En 2021, avec son son "Variant", il renvoie encore clairement à l’impact de cette pandémie en disant dès la première punchline : "ils veulent me faire peur du néant, je sens plus rien, j’ai la Covid".

En Belgique, on a aussi le célèbre beatmaker Le Motif, qui s’est lancé un défi en plein confinement, celui de réaliser un son par jour. Et forcément dans cette situation complètement folle que nous avons vécue. Sur un beat reggae tout smooth il entame le refrain de Bla-Bla-Bla au 23e jour, en lançant "Bla-Bla-Bla, ce monde il part en couille, il part en couille bébé, en regardant les nouvelles, on a cru triper". Et d’ajouter, "le Covid nous aura, au profit de Bezos", en référence à l’ancien patron d’Amazon dont la fortune avait explosé en 2020 dans le contexte de la crise.

Gestes barrières et quotidien

Mais il n’y a pas que pour dénoncer que le Covid-19 s’est invité sur les pages des rappeurs. Entre les masques et les gestes barrières, c’est tout un tas de gestes du quotidien qui ont changé. Et ça aussi le rapgame en a parlé.

A commencer par notre Damso national qui dans son son "MEVTR" issu de son album QALF qui sort OKLM un petit "met pas la langue, j’veux pas le Covid".

Dans le même registre, on peut également citer Orelsan avec son titre "Rêve mieux", qui commence direct par "T’as jamais eu aucun goût, c’est pas l’Covid".

Un article sur les punchlines du rap n’aurait certainement pas pu faire l’impasse sur le J. Dans l’album 13 organisé, Jul enchaîne dans le son "13 balles" avec "Y a la cri-cri-crise, des gens qui sont devenus bi-bi-bizz" juste avant de nous balancer "dis bonjour du pied, y a le Covid".

Tant qu’on est à Marseille, restons un peu au soleil avec le son "Mode Akimbo" de SCH en feat avec le J qui d’ailleurs nous sort, "tant mieux qu’y a eu l’Covid, je voulais pas te dire hello" ou encore "poto y a l’Covid, nan, ne fume pas sur ma kush". Ouais les particules tout ça, tout ça.

Et puis, même si on parle de punchlines discutables, difficile de passer à côté du défi lancé par le président français, Emmanuel Macron, réalisé par McFly et Carlito. Pour rappel, si le duo faisait un son et un clip sur les gestes barrières et dépassait les 10 millions de vues, ils pouvaient venir tourner à l’Elysée un de leur fameux concours d’anecdotes. Bref, on se souvient de ce petit refrain "si l’on veut retrouver les sensations d’hier, il faut ajouter les gestes barrières". Bon, de là à parler de rap, le doute est permis.

Une grosse pandémie et des gros ego

Depuis la pandémie, dans le registre des références au Covid il y en a pour tous les goûts. Et dans la catégorie rap, face à un gros virus hyper dangereux et gonflé à bloc capable de muter à volonté, pas étonnant qu’on retrouve le bon vieil ego du rapgame prêt à rivaliser.

Y’en a même qui se prenne pour le "nouveau variant". C’est en tout cas ce que balance, normal Kops dans son couplet : "Eh-eh-eh-eh, Maria, te monte avec moi, j’vais te balayer. Eh-eh-eh-eh, c’est nous les nouveaux variants. C’est nous le Covid-19, c’est nous le nouveau variant".

Et comment parler d’egotrip sans parler de Booba. Bah oui, parce que même s’il dénonce et évoque en une phrase cette situation difficile, il est aussi capable de se mesurer au méchant Covid. Dans "Plaza Athenée", il balance "j’envoie des piques, t’as AstraZeneca", en référence au vaccin. Dans "Variant", titre d’un de ces sons sorti en 2021, il dit cash : "je suis un variant, je suis un vaillant".

Les artisites sont des observateurs de ce qui nous entoure et on peut dire qu'en deux ans la crise sanitaire a pris une place importante dans nos vies et dans la scoiété. Rien d'étonnant donc à ce que les rappeurs se soient aussi emparé de ce sujet. Mais bon, on ne mentira pas en disant espérer bientôt un nouveau sujet de punchlines.

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