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Quand le chien soigne l’humain

Quand le chien soigne l’humain
04 janv. 2022 à 14:253 min
Par RTBF La Première

Adeline Vaillant est psychologue dans un hôpital pour enfants, service de pédopsychiatrie. La rencontre, très positive, entre son chien et un patient autiste l’a incitée à s’engager et à se former à la médiation animale, pour faire rentrer officiellement un chien à l’hôpital. Elle nous livre son récit.


Adeline Vaillant publie Le chien qui soignait les enfants, chronique d’une cynothérapeute, aux Editions La Boîte à Pandore.


Adeline Vaillant cherchait à guérir Jérémy, un patient autiste, de sa peur des chiens, après avoir découvert sa phobie au poney-club où elle l’emmenait toutes les semaines. Les parents de l’enfant lui ont alors raconté l’enfer des promenades en ville avec lui. La psychologue choisit de présenter Jérémy à Totem, son golden retriever, au cours d’une promenade en forêt.

Suite à cette belle rencontre, Adeline Vaillant a décidé qu’il y avait quelque chose à faire en hôpital. Elle a donc suivi plusieurs formations, dont une universitaire, et a fait des stages dans des institutions qui travaillaient avec des chiens. Elle a choisi de reprendre un petit golden, que sa chienne senior a élevé.

Il fallait que le chien se révèle un bon médiateur, que l’hôpital accepte, et finalement, au bout d’un an et demi de démarches, tout a collé et Lucky est arrivée à l’hôpital à l’âge de 8 mois. Aujourd’hui, elle a presque 7 ans et continue à travailler avec Adeline Vaillant.

Qu’apporte le chien ?

Lorsque le chien assiste aux prises en soin individuelles, avec des psychologues ou des psychothérapeutes, il contribue à créer une ambiance relativement apaisée. Les patients sont prévenus de la présence d’un chien. Et l’alliance thérapeutique se fait d’emblée, observe Adeline Vaillant. Il y a un climat particulier. Lorsque les enfants entrent dans le cabinet du psychologue, le chien se met tout de suite les quatre fers en l’air pour se faire caresser et cela détend immédiatement l’atmosphère.

Les enfants se sentent plus en confiance pour parler, le chien sert de catalyseur. Le travail se fait plus vite, plus profondément. Les enfants peuvent se projeter grâce au chien, ils développent leur empathie, leur confiance en soi, leur estime de soi.

Tous les jours, Adeline Vaillant est surprise par la relation qui se noue entre le chien et les enfants. Ils ont souvent plus de facilités à se laisser aller, à se confier grâce à l’animal, à dévoiler parfois violences ou agressions sexuelles.

Par ailleurs, avec une psychomotricienne, dans un groupe appelé Psychomotrichien, les relations sociales sont favorisées. Les enfants doivent se partager le chien, faire des exercices avec lui, ce qui permet de travailler la collaboration mais aussi la frustration, l’échec quand le chien n’accepte pas les consignes.

L’importance de la formation

Aujourd’hui, de plus en plus de structures de soins, d’hôpitaux acceptent que le personnel soignant vienne avec un animal ou font appel à des intervenants extérieurs. Et la tendance va se poursuivre car la bientraitance animale et les thérapies un peu différentes sont dans l’air du temps.

Adeline Vaillant rappelle toutefois l’importance de bien se former. L’idéal est d’avoir une connaissance à la fois de la psychologie humaine et de son animal. Il est essentiel pour le thérapeute d’avoir plusieurs animaux, pour ne pas les épuiser au travail. Le chien est une éponge, comme le sont les autres animaux, le lapin, le cochon d’Inde,… Il faut prendre beaucoup de précautions.

Il faut savoir reconnaître les signaux d’apaisement de l’animal. Il nous parle. Le chien qui se lèche les babines ou qui tourne la tête, manifeste ainsi sa lassitude.

Quand la rencontre ne se fait pas

La relation dépend bien sûr de la personne et de l’animal.

Chaque intervenant en médiation animale signe une charte de bonnes pratiques, pour préserver à la fois les patients et les animaux.

Le golden retriever est un chien assez sensible. Il arrive qu’Adeline Vaillant ne puisse pas travailler avec des patients trop agressifs, car elle veut préserver sa chienne d’un excès de stress. Elle pose des limites.

Pour qu’un chien fasse du bon travail, il faut en effet qu’il soit solide, car il encaisse beaucoup d’émotions. Il faut aussi beaucoup d’interactions positives et que le chien aime aller vers l’humain.

Ecoutez Adeline Vaillant dans Tendances Première

Tendances Première : Les Tribus

Quand le chien soigne l’humain

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