Quand le bourgmestre de l'autre Molenbeek parle de Molenbeek

L'entrée dans Molenbeek-Wersbeek, en Brabant flamand.

© Google Street View

13 avr. 2016 à 11:09 - mise à jour 13 avr. 2016 à 11:09Temps de lecture2 min
Par Karim Fadoul

En Belgique, il y a Molenbeek et Molenbeek. Molenbeek-Saint-Jean en Région bruxelloise d'abord, d'où sont originaires plusieurs des auteurs des attaques terroristes de Paris et de Bruxelles. Malgré eux, ses près de 100 000 habitants ont mauvaise presse. Et puis Molenbeek-Wersbeek, bourgade rattachée lors de la fusion des communes à Bekkevoort, en Brabant flamand. Avec son église Sint-Laurentius datant de 1250, sa petite école primaire angéliquement baptisée "'t Scholeke", son terrain de foot, où évolue son club de foot, le SC Molenbeek, ses hectares de champs et de fermes, le tableau est saisissant: nous sommes à la campagne. 

Comment vit-on les événements qui agitent Molenbeek à Bruxelles quand on est de Molenbeek-Wersbeek à Bekkevoort? Pour Hans Vandenberg, le bourgmestre CD&V de Bekkevoort, "de la manière la plus sereine qui soit". Étonnamment, "je n'ai jamais eu de remarques au sujet d'un rapprochement qu'on aurait pu faire entre Molenbeek à Bruxelles et mon Molenbeek. Vous savez: Bekkevoort ne compte que 6 000 habitants et la localité de Molenbeek-Wersbeek à peine 500. Tout le monde se connaît, c'est très villageois, champêtre. Et je n'ai jamais eu de retours de mes habitants. Tout au plus j'ai dû avoir un coup de fil, d'un journaliste..." D'ailleurs, le bourgmestre n'a connaissance de la présence d'aucune personne radicalisée ou parti en Syrie sur son territoire. "Et encore moins à Molenbeek-Wersbeek..."

S'il y a un rapprochement qui a pu être fait entre les deux entités, c'était en matière footballistique. Hans Vandenberg se souvient: "Lorsque le RWDM était au sommet du championnat, dans les années 70 et 80, on confondait souvent le RWDM avec le SC Molenbeek, le club local. Alors que nous, nous évoluions et évoluons encore toujours dans des divisions très inférieures...

Un message à Molenbeek-Saint-Jean

En tous les cas, le maïeur flamand tient à prononcer un message de soutien à l'endroit des Molenbeekois. "Pour moi, ce qui se passe ou s'est passé à Molenbeek est momentané. Les choses vont s'apaiser. Les autorités locales et fédérales travaillent pour éradiquer le fondamentalisme. De nombreuses interpellations ont été menées. Ce n'est pas évident mais des projets se mettent en place.

Pour Hans Vandenberg, les amalgames et la stigmatisation n'apportent rien. "Remettre tout sur Molenbeek n'a aucun sens puisque des liens terroristes ont été trouvés avec Schaerbeek, Anderlecht... Un terroriste aime changer de lieu. Donc, charger Molenbeek ne repose sur rien de concret. Ensuite, émettre des amalgames à l'endroit des musulmans n'est pas acceptable. Tous les musulmans qui vivent à Molenbeek ne sont pas des terroristes. Enfin, ces jeunes que nous avons arrêtés sont des Belges de la deuxième, troisième génération. On ne peut pas dire que ce sont des étrangers."

Une rencontre avec Schepmans? "Pourquoi pas?"

Quand la RTBF demande à Hans Vandenberg s'il est prêt à rencontrer Françoise Schepmans (MR), son homologue bruxelloise, l'idée lui plaît bien. "Il faut que cela s'organise. Et où? A Molenbeek forcément. Mais lequel?", demande-t-il en souriant. "Il faut aussi savoir de quoi nous allons parler. Il faut juste que je me dégage du temps. Gérer une petite commune demande aussi de l'investissement. Même si je suis obligé de cumuler avec un emploi dans une agence bancaire vu la toute petite taille de ma commune."

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