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Quand devient-on adulte ?

Quand devient-on adulte ?
19 janv. 2022 à 13:303 min
Par RTBF La Première

L’âge adulte, ça commence quand ? A la majorité ? Aux études supérieures ? Au premier emploi ? Au mariage ? Au départ de chez les parents ? Bref, toutes ces choses qui “font” très adulte et que l’on a plus ou moins hâte d’accomplir. Mais est-ce suffisant pour se sentir dans la peau d’une “grande personne” ? Qu’est-ce qui fait qu’on devient, ou pas, adulte ? Y a-t-il autant de manières de devenir adulte qu’il y a de personnes ? Explication avec Jean-Olivier Collinet, de Jobyourself.

En réalité, le passage à l’âge adulte n’est pas une étape précise. Cela dépend d’une personne à l’autre, mais aussi d’un pays à l’autre. Dans chaque pays, les critères de l’âge adulte sont très différents, d’un point de vue psychologique, philosophique, sociologique, statistique...

La moyenne européenne : 26,2 ans

Eurostat, l’Institut statistique européen, publie chaque année son baromètre de 'l’âge adulte', c’est-à-dire de l’âge auquel les jeunes quittent le cocon familial. Les facteurs dépendent des relations amoureuses, des études, du niveau d’indépendance financière, des conditions du marché du travail, du prix de logement, des particularités culturelles.

La moyenne européenne est de 26,2 ans ! On constate bien sûr d’énormes disparités selon les pays. Les pays nordiques sont en top du classement : Suède, Danemark, Finlande.

En Suède, on quitte la maison à 17,8 ans, mais il faut savoir que les jeunes reçoivent une allocation de départ, une pseudo allocation universelle, qui permet une émancipation plus importante.

L’Italie fait partie du bas du classement, avec 30 ans. En Belgique, c’est 25 ans. En France 23,2.

On observe aussi une disparité hommes-femmes. En Roumanie, par exemple, l’âge moyen pour le départ d’une femme est de 25 ans, pour les hommes de 30 ans, peut-être pour des raisons culturelles.

Des critères qui évoluent

Il est intéressant d’observer que la perception sur ce qu’est 'devenir adulte' a fortement évolué en une génération, comme le montre l’étude Regards croisés des adolescents, des adultes et des seniors.

Pour les gens de moins de 30 ans, les réponses sont :
1. ne plus habiter chez ses parents
2. décrocher son premier travail
3. devenir parent, se marier, vivre en couple
4. voter pour la première fois

Pour les gens de 60 ans :
1. le mariage
2. le premier travail
3. le service militaire

Devenir adulte, entre perception et réalité

Des spécialistes en neurosciences estiment qu’on atteint vraiment l’âge adulte à 30 ans, parce que la construction du cerveau se fait jusqu’à 30 ans.

Les statisticiens, quant à eux, fixent l’âge moyen à 26 ans.

D’un point de vue philosophique, il s’agit plutôt de savoir à quel âge 'on se sent' adulte. C’est une perception plus personnelle, une question plus individuelle que collective.

Le contexte socio-économique peut jouer parfois un grand rôle. Certains jeunes doivent trouver un emploi à 17 ans, quitter leurs parents pour différentes raisons. Sont-ils adultes ou pas ?

Certains disent : j’ai dû rentrer dans l’âge adulte, mais je ne me sens pas encore adulte. C’est là que se joue la différence entre perception et réalité.

L’impact de la crise

On a observé que la crise financière de 2008 a eu un impact sur l’âge moyen de départ de la maison. Il a été reporté d’un an.

On peut donc supposer que la pandémie aujourd’hui aura un impact important dans les critères de l’âge adulte, avance Jean-Olivier Collinet. En clair, les jeunes vont peut-être rester plus longtemps chez leurs parents. L’accessibilité à un logement est plus complexe, entre autres avec les contraintes bancaires. L’accessibilité à un emploi est plus complexe qu’il y a 3 ans.

Le climat de crainte n’est pas favorable non plus à l’émancipation ni à un changement de travail. La pandémie va peut-être reculer – on le verra – d’un an ou de deux ans l’âge moyen européen des jeunes pour quitter le nid familial.

Les études qui durent plus longtemps

On observe un autre phénomène, un changement sociologique : la durée moyenne des études supérieures était de 16 mois en 1985 et est de 35 mois en 2015.

Les jeunes ne sont plus les mêmes dans leurs attentes. On parle pour certains du syndrome de Peter Pan : ils choisissent de prendre leurs responsabilités beaucoup plus tard, en partant par exemple une année sac à dos à l’étranger avant de s’engager sur le marché du travail. D’autres décident de travailler à temps partiel pour faire autre chose à côté.

Par rapport à la pandémie, le décrochage peut peut-être aussi causer un allongement de la durée des études.

Le cocon familial, quand il est positif, est un ancrage que l’on va garder tant qu’on n’est pas en raccrochage sur autre chose, que ce soit au niveau des études ou du travail.

Tendances Première : Les Tribus

Quand devient-on adulte ? Avec Jean-Olivier Collinet de Jobyourself.

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