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Quand des jeunes publient un magazine intitulé " Révolte des Etudiants "

Quand des jeunes publient un magazine intitulé " Révolte des Etudiants "
30 sept. 2019 à 06:232 min
Par Philippe Collette

Une quarantaine de membres actifs issus de huit maisons de jeunes de la Province de Liège (Hodimont, Banneux, Esneux, Comblain-au-Pont, Stavelot, Jalhay-Sart, Herve et La Reid-Theux-Polleur) encadrés par une équipe d’animateurs, viennent de publier un magazine sous le titre interpellant " Révolte des Etudiants ".

Durant un an, le groupe s’est imprégné des techniques de base du journalisme professionnel, rencontré beaucoup d’acteurs du milieu scolaire, et effectué un sondage sur différentes thématiques. Il en est ressorti trois grands thèmes qui, pour les élèves, sont prioritaires : le harcèlement à l’école, un sentiment d’injustice par rapport aux professeurs, et une certaine désorganisation dans la planification du travail. " Le harcèlement est présent partout à l’école, explique Loïc de la maison des jeunes d’Esneux ; tant dans le primaire que le secondaire. " Les professeurs ne s’occupent pas de ce fléau, embraye Alyssia de la Maison des Jeunes de Banneux, ils ne sont pas formés pour ça ". Amir de la maison des jeunes de Hodimont pointe une injustice : " les profs peuvent boire en classe, mais nous, on nous interdit de le faire ! " Plus globalement, les jeunes auteurs du magazine regrettent que dans la négociation du Pacte pour l’enseignement d’excellence, tous les acteurs du milieu scolaire ont été consultés, sauf les élèves !

 

Des griefs et des revendications.

Tous ces griefs ont engendré une forme de révolte chez les jeunes, qu’ils ont voulu illustrer dans un magazine de 34 pages, édité à 1000 exemplaires. Le but n’est pas d’assassiner le système scolaire et de démolir tout en bloc, mais plutôt d’attirer l’attention sur des situations que les jeunes constatent et de proposer des ébauches de solution car après la critique, arrivent les revendications "La charge de travail est importante et on aimerait que la dernière heure de cours soit consacrée aux devoirs", avance Alyssia. Pour ce qui est du harcèlement, les professeurs devraient suivre une formation adéquate pour une meilleure détection de ce fléau et prendre en charge les situations de harcèlement, écrivent aussi les jeunes dans leur magazine. Ils demandent également un traitement plus équitable entre élèves et professeurs au sein de la classe.

Des arguments écrits noir sur blanc dans ce magazine où le mot révolte choisi dans le titre par les jeunes rédacteurs peut paraître excessif voire violent mais que les animateurs qui ont encadré le projet trouvent adéquat : " C’est vraiment l’idée de poser un geste fort, explique Luc Dardenne, animateur à la Maison des Jeunes de Hodimont (Verviers) ; les jeunes se rendent bien compte que tout ne va pas changer d’un seul coup et dans l’immédiat, ce magazine se base sur l’idée de poser un geste fort, de dire : on veut du changement, on veut se faire entendre. Et donc le terme révolte est fort mais nous paraît conforme à leurs revendications "

Le magazine sera bientôt distribué dans toutes les écoles et maisons ou centres de jeunes ; il sera aussi envoyé aux deux ministres compétents dans l’Enseignement et la Jeunesse à la Fédération Wallonie Bruxelles. Il n’est actuellement pas prévu de sortir un numéro 2 du magazine.

 

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