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Belgique

Qu'advient-il des jeunes qui rentrent de Syrie ?

Certains jeunes de retour de Syrie pourraient être inquiétés par la justice
01 juil. 2013 à 07:12 - mise à jour 01 juil. 2013 à 07:30Temps de lecture2 min
Par Thomas Nagant
A leur retour, ils sont interrogés. Certains sont emprisonnés. Que risquent-ils ?  La loi belge interdit-elle d'aller combattre à l'étranger, comme l'ont fait des dizaines de Belges pendant la guerre d’Espagne, aux côtés des républicains qui combattaient les franquistes ?  
 
"Par rapport à mon aîné en tout cas, il y a quelques semaines, il a manifesté le désir de revenir et l'instant d'après, il a dit, 'maman, qu'est ce qu'on a fait à un tel et un tel ?' C'était son compagnon de route fin janvier, qui était revenu et qui a été appréhendé par les autorités." Cette maman a deux enfants partis en Syrie, l'un est mineur, l'autre majeur. Mais le plus grand n'ose pas rentrer.
Il a peur d'être arrêté a son retour : "Mon fils n'est pas le seul dans cette situation-là, quand on parle avec d'autres parents, c'est vraiment le retour que leur donnent leurs enfants, de dire, 'mais oui, ils nous traitent comme des djihadistes, pour nous, pour la Belgique, on est plus une menace que des citoyens à part entière', donc grosse question effectivement".
 
Quel est le sort des jeunes qui rentrent de Syrie ? leur dossier est traité au cas par cas. Joëlle Milquet, Ministre de l'intérieur: "Tous les retours normalement sont connus mais tout le monde n'a pas le même suivi, ici, je vous ai dit, le mineur est rentré, il est chez lui, il n'y a absolument aucune plainte. Quand il y a un suivi judiciaire, c'est qu'il y a une raison et vous savez bien quand même qu'il y a eu des filières qui ont organisé les choses, qui ne sont pas des filières qui sont sans problème, mais il n'y a pas eu des arrestations importantes, il y en a eu pour les cas qui, je suppose, le méritaient".
 
Mais la loi belge punit-elle l'engagement même idéaliste dans un conflit armé ? Georges Henri Bauthier, avocat : "C'est une loi qui date du 1er août 1979, qui était votée pour empêcher l'envoi de mercenaires notamment au Katanga mais qui permet de poursuivre toute personne qui recrute ou qui part pour constituer une troupe ou une armée étrangère. C'est aussi bien la personne qu'on engage pour de l'argent que la personne qu'on engagerait par idéalisme. Les peines sont sévères. Cette loi n'a jamais été appliquée mais on pourrait à la limite dire que Médecins Sans Frontière qui partirait pour venir en aide à une troupe par exemple en Syrie pourrait à la limite tomber sous ce coup-là, ce serait tout de même un peu fort, vous l'admettrez".
 
F. Wallemacq
 

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