Economie

QR : "L’économie et les consommateurs souffrent à cause des surprofits de l’énergie" indique Dominique Michel, le patron de la grande distribution

© © Tous droits réservés

06 sept. 2022 à 19:57Temps de lecture2 min
Par Hugues Angot

Plus 12% en un an ! Les prix des produits dans les supermarchés ont connu une hausse spectaculaire selon les calculs réalisés par Test Achats. Et la Belgique semble particulièrement mal lotie surtout si on la compare à La France. Là-bas, les prix ne semblent pas subir de telles hausses de quoi inciter de plus en plus de Belges à prendre la voiture pour se rendre outre-Quiévrain. La politique récente appliquée par la France de diminution importante des prix du carburant joue aussi dans ce sens. Alors est-ce que la vie devient impayable en Belgique ? Comment expliquer de telles hausses ? Est-ce qu’il y a des surprofits dans le secteur des grandes surfaces ? QR l’actu a invité Dominique Michel, l’administrateur délégué de Comeos (Fédération belge du commerce et des services) pour répondre à toutes vos questions.

Belgique France, pourquoi de telles différences de prix ?

Trois raisons expliquent les différences de prix, explique Dominique Michel : "Les coûts salariaux sont 20% plus élevés en Belgique qu’en France. On va avoir une indexation des salaires qui est de 7% et on va bientôt passer à 10% alors qu’en France on va peut-être indexer les salaires de 2 ou 3%. La deuxième grosse différence, c’est l’énergie. La facture énergétique pour un commerçant est de 40% supérieure à la France et puis enfin les grandes multinationales alimentaires imposent des prix différents selon les pays".

Magasins belges en danger ?

Avec de telles différences de prix sur la nourriture mais aussi l’essence, beaucoup de Belges passent la frontière pour faire leurs courses. Un phénomène qui inquiète le secteur de la grande distribution. "Il y a un exode des consommateurs vers la France et les Pays-Bas. Nous perdons du chiffre d’affaires. Il y a aussi des pertes de taxes pour l’Etat et des pertes d’emploi".

Des achats groupés ?

Si les négociations des grandes surfaces vis-à-vis des grandes multinationales alimentaires sont plus faciles en France qu’en Belgique, pourquoi ne pas envisager une négociation groupée France-Belgique par exemple ? Dominique Michel rétorque que nos grandes surfaces belges essaient d’acheter le plus possible en Belgique comme le bœuf, le lait, les œufs : "Demain, si on va travailler avec la France ou l’Allemagne, alors il ne faudra pas s’étonner que le lait, la viande et les œufs viendront de France ou d’Allemagne. Quant aux produits de grands groupes, ce sont eux qui imposent des différences de prix entre pays. Et ces différences peuvent grimper jusque 20 voire 30%".

Blocage des prix, possible sur certains produits ?

Le blocage des prix impacte toute la chaîne, indique Dominique Michel : "Si les prix sont gelés, plus aucuns intervenants de la chaîne ne pourront répercuter les coûts en augmentation comme l’énergie ou le personnel. Bloquer les prix est un système totalement artificiel. Nous prônons plutôt que le gouvernement agisse sur le prix de l’énergie car c’est l’énergie qui fait tout déraper. Il faut que les autorités interviennent là où il y a des surprofits. Toute l’économie souffre à cause de ces surprofits".

QR l'actu

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

Sur le même sujet

« QR le débat » : Moins de taxes pour plus de pouvoir d’achat ? Retrouvez aussi notre live sur La Une et sur Auvio

QR

Crise énergétique et "surprofits" : une contribution nucléaire de plus de 83 millions pour 2021

Economie

Articles recommandés pour vous