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Belgique

"QR le débat" : le viol, fléau sous-estimé et pas assez puni ?

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30 mars 2022 à 14:55Temps de lecture3 min
Par Maud Wilquin

Octobre 2021, un scandale éclate dans un bar du cimetière d’Ixelles, à Bruxelles : plusieurs jeunes filles affirment avoir été droguées et violées en soirée. A la suite de ces déclarations, le mouvement "#BalanceTonBar" voit le jour. Très vite, des centaines d’autres victimes se manifestent. Toutes ont vécu la même expérience dans deux bars du quartier bruxellois et au-delà. "En un peu plus d’une semaine maintenant, j’ai reçu plus de 200 témoignages, je ne les compte plus…", confiait à VivaBruxelles Maïté Meeus, co-fondatrice du mouvement. "On dépasse les 1.000 messages de jeunes filles qui m’expriment qu’elles ont vécu des attouchements sexuels, des viols, des cas de drogues dans le verre dans des bars à Bruxelles, mais pas seulement", explique-t-elle.

Pourtant, les plaintes enregistrées dans les bureaux de police sont loin d’être aussi nombreuses. En 8 ans, seuls 192 cas auraient été recensés pour tous les bars de la zone de police Bruxelles-Ixelles.

Une différence qui s’explique par la honte des victimes à venir témoigner et par le manque de suivi. D’après le collectif " Double peine ", 70% des plaintes relatives aux violences sexuelles (9 par jour) sont classées sans suite en Belgique.

En réponse, la notion de consentement a été revue au Code pénal sexuel. Désormais ce n’est pas parce qu’une victime ne résiste pas qu’elle consentit à avoir un rapport sexuel. L’utilisation de substances inhibitrices envers une victime est également devenue une circonstance aggravante.

De plus, de nouveaux centres de prise en charge de victimes de violences sexuelles (CPVS) devraient bientôt voir le jour. "Sept nouveaux centres vont être créés à travers le pays, de sorte que chaque victime aura un centre à maximum une heure de chez elle", indiquait la Secrétaire d’Etat à l’Egalité des genre, Sarah Schiltz à La Première en octobre 2021.

Enfin, les magistrats ont aussi été formés à la problématique pour une meilleure prise en compte des victimes lors des procès. "Il y a déjà la moitié des magistrats de Belgique qui sont passés par cette formation." Dans un second temps, ajoute-t-elle, ce sont les policiers qui seront formés "pour qu’il puisse y avoir dans tous les commissariats un personnel formé à l’accueil des victimes de violences et à la compréhension de ces phénomènes."

Avez-vous peur de subir un jour un viol ? Êtes-vous réticent à l’idée de vous rendre dans un bar ou une soirée par peur de la "drogue du viol" ? Quelle est selon vous la principale raison qui empêche les victimes du viol de s’exprimer ? Les peines prononcées à l’encontre des coupables sont-elles trop légères ? Que faut-il améliorer en priorité dans la gestion des viols ?

 

Pour en débattre sur le plateau de "QR le débat", Sacha Daout reçoit Sophie Rohonyi (députée fédérale Défi), Maïté Meeus (co-fondatrice du mouvement " Balance ton bar "), Marie Messiaen (présidente de l’Association syndicale des magistrats), Ludivine de Magnanville (Présidente de la Fédération Horeca Bruxelles), Claire Cervello (inspectrice principale de police – Centre de Prise en charge des Violences Sexuelles), Ingrid Poetter (victime de viol et membre de l’association " Brise le silence "), Sarah Schlitz (ECOLO) (secrétaire d’État à l’Egalité des genres), Danièle Zucker (spécialiste en analyse du comportement criminel) et Luca Jacobs (victime).

 

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