QR codes de traçage, bracelets intelligents, détecteurs à clipser sur soi : tout sera bon pour éviter de propager le virus en entreprises

QR codes de traçage, bracelets intelligents, détecteurs à clipser sur soi : tout sera bon pour éviter de propager le virus en entreprises

© Jonas Hamers - ImageGlobe

28 avr. 2020 à 14:13 - mise à jour 28 avr. 2020 à 14:13Temps de lecture4 min
Par Pascale Bollekens

Les entreprises vont reprendre leur activité, si tout va bien, en mai. Mais comment faire pour éviter une nouvelle flambée de l’épidémie, là où la distanciation sociale de 1m50 ne sera pas possible, et surtout comment faire pour que les travailleurs gardent à tout moment, cette distance de sécurité tout autour d’eux.

Les solutions connectées ou non, de détection de présence, d’alarme, de traçage de contamination se multiplient. Petit tour d’horizon.

Bracelets intelligents qui calculent la distance de sécurité

Au port d’Anvers, une société flamande teste déjà un bracelet intelligent, en conditions réelles. Le principe est assez simple, le bracelet émet un signal si un de vos collègues est trop près de vous. Cela permet à tout le monde de savoir si les distances de sécurité sont bien respectées pour éviter la propagation du virus.

En plus, il enregistre les interactions les uns avec les autres. Si quelqu’un est contaminé, le service de prévention et de protection du travail, peut vérifier avec qui il a été en contact et les prévenir.

Depuis l’annonce du test au port d’Anvers dans les médias, le patron est submergé de demandes de devis. Il réfléchirait à les louer plutôt que de les vendre.

Caméras thermiques à l’entrée pour détecter ceux qui ont de la fièvre

Une société montoise, Icare, elle, met au point des caméras thermiques, qui mesurent la température corporelle. Des caméras que l’on peut installer à l’entrée d’ateliers, d’entreprises voire des maisons de repos, des hôpitaux et même à une compagnie aérienne, qui compte en équiper ses avions.

Le patron d’Icare, Fabrice Brion nous expliquait, il y a quelques jours que "le rayonnement infrarouge c’est ce que dégage n’importe quel corps dès que sa température est au-dessus de zéro degrés et c’est ce que recherche notre caméra".

Cette caméra était déjà utilisée dans l’industrie pour mesurer la température des machines, un des ingénieurs de l’entreprise a adapté le processus, pour mesurer non plus la température des machines en industrie, mais bien la température corporelle.

En un mois, Covid-19 oblige, la société en a déjà vendu plusieurs centaines contre 30 seulement, l’an dernier. Les demandes de devis, aussi, se multiplient. L’entreprise, vu le succès commercial, envisage de devenir le fabricant de ces caméras et plus seulement celui qui les assemble.

Dispositif d’alarme à clipser sur soi, autour du poignet ou du cou

C’est un petit appareil à clipser sur soi, à un vêtement ou autour du poignet voire du cou. Si l’on est trop près d’un collègue par exemple, il émet un petit son ou une lumière d’alarme.

C’est une façon pour celui qui le porte de s’assurer qu’il y a bien le mètre 50 requis, histoire d’éviter toute contamination. Selon nos collègues du Soir, il sera bientôt en phase de test en entreprise.

Il a l’avantage de ne pas utiliser le Bluetooth mais une bande d’ondes ultra-larges qui permettent de calculer très précisément les distances. Ici, pas de géolocalisation, donc pas de problème de vie privée ni d’obligation d’utiliser son propre smartphone.

Le Code QR choisi librement pour rester informé sans risque pour la vie privée

Le QR code, c’est une première, mise au point par une association entre l’entreprise de certification Vinçotte et une start-up anversoise Esoptra. On va utiliser des codes QR au lieu d’une application de traçage ou des "enquêteurs "Corona".

Le système baptisé "Savitas" pour "Scoped Anonymous Viral Infection Tracing At Scale", se veut non obligatoire et préventif. Si l’on en croit ses concepteurs, il pourra être utilisé tout de suite par tous les travailleurs de Belgique. Il leur suffira de scanner le code avec leur téléphone sans risquer d’y laisser des données personnelles.

Paul Carpentier, le fondateur de la petite entreprise nous explique : "il est très important de garder le côté volontaire des applications car si les gens n’ont pas confiance, ils ne téléchargeront pas l’application et il faut que 60% des gens y adhèrent pour que cela marche. Nous avons donc réfléchi à une alternative simple à comprendre et qui sera efficace en entreprise."

Et de poursuivre "On vend en fait des autocollants QR à disposer dans les endroits fréquentés de l’entreprise, par exemple, des salles de réunion, les toilettes, la réception. On demande alors aux travailleurs de scanner le code avec leur téléphone chaque fois qu’ils y passent. Aucun enregistrement des données, juste quelques secondes avant et après le scan pour voir s’il y a d’autres personnes au même endroit au même moment. Si quelques jours plus tard, un malade se déclare et qu’il a participé à cette même réunion, en informant le site SAVITAS volontairement. Seuls ceux qui ont décidé de scanner le code seront avertis."

Le produit est soutenu par des sociétés spécialisées en prévention du travail comme Mensura, Attentia ou en sécurité sociétale comme Vias. Chaque autocollant sera vendu 5 euros, par rouleaux de 100.

Cette liste des projets et d’initiatives pour tenter de lutter contre le coronavirus dans les entreprises à l’heure de la reprise de l’activité est loin d’être exhaustive, elle montre bien l’inquiétude du monde économique sur le déconfinement.

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