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Protection des données : la Belgique "digne d’une république bananière", estime l’eurodéputé Philippe Lamberts (Ecolo)

Philippe Lamberts
08 déc. 2021 à 07:43 - mise à jour 08 déc. 2021 à 10:27Temps de lecture2 min
Par Alain Lechien

Alexandra Jaspar, une des personnes qui dirigent en Belgique l’APD, l’Autorité de Protection des données, annonce sa démission de cet organisme. La Commission européenne a lancé une procédure contre l’Etat belge pour non-respect de l’autonomie de cet organisme de contrôle. Interrogé sur La Première, le député européen Ecolo Philippe Lamberts estime que cette affaire fait tache : "La Belgique se prétend toujours bon élève européen, elle ne l’a jamais beaucoup été sur les questions environnementales, mais ici on parle de la séparation des pouvoirs et de l’existence de contre-pouvoirs. On ne peut pas être à la fois le contrôleur et le contrôlé, or c’est ce que la Belgique fait en matière de protection des données puisque la personne qui est la cheville ouvrière de la collecte et du partage de données en matière de santé et de sécurité sociale Frank Robben est aussi dans l’autorité qui doit contrôler qu’il n’y ait pas d’abus dans ce domaine. Et on cherche des poux à celles qui dénoncent cela et on veut les virer dans un contexte où la Belgique n’a toujours pas transposé dans son droit la directive sur la protection lanceurs d’alerte. C’est digne d’une république bananière ! Le seul autre Etat européen qui a fait cela, qui manipule son autorité de protection des données, c’est le gouvernement de la Hongrie d’Orban. Je voudrais bien que la Belgique ait la dignité de ne pas se ranger dans ce clan-là".


►►► À lire aussi : Qui est Frank Robben, désigné "Big Brother de l’année"?


"Est-ce qu’on reconnaît le nucléaire et le gaz comme énergies vertes ?"

Alors qu’en Belgique se pose la question de l’avenir énergétique et de l’après-nucléaire, Philippe Lamberts explique que "la taxonomie européenne des investissements verts est un 'label bio' pour les investissements. Aujourd’hui c’est beaucoup de bull shit, des banques offrent des investissements qu’ils qualifient de verts alors qu’il y a des armes ou des centres pénitentiaires. La question est : est-ce qu’on reconnaît le nucléaire et le gaz comme énergies vertes ? Notre réponse est non. Le nucléaire ce n’est pas la question du CO2, c’est la question des déchets. Nous ne disons pas qu’il faut interdire le gaz et le nucléaire. Si des Etats font le choix du nucléaire, ils ne peuvent pas appeler cela des énergies vertes. La position de la Commission européenne (que nous soutenons) est qu’il ne faudrait ni gaz ni nucléaire. Mais il faudra trouver des majorités politiques pour adopter cette ligne. Or il y a un front assez malsain entre les pays pro gaz (en Europe de l’Est et peut-être en Allemagne) et les pays pro nucléaire, c’est-à-dire la France, pour exiger l’un et l’autre. La question sera de savoir si l’on peut rompre ce front et lâcher le moins de lest possible. Il y a un appétit énorme pour des investissements verts, il sera donc plus facile à l’avenir de financer des projets qui en font partie selon la taxonomie, que ceux qui n’en sont pas".

L'invité de Matin Première : Philippe Lamberts

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