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Promiscuité, locaux inadaptés? Malaise au centre d'accueil pour réfugiés de Neder-Over-Heembeek

Promiscuité, locaux inadaptés? Malaise au centre d'accueil pour réfugiés de Neder-Over-Heembeek
03 mars 2016 à 05:002 min
Par Véronique Fievet

Le centre d'accueil pour réfugiés de Neder-Over-Heembeek a été ouvert en urgence le 12 novembre dernier. Quatre cents places aménagées à la hâte dans un hangar situé au bout d'un zoning industriel.  Dans ce centre, il n'y a pas de chambres juste des barrière métalliques recouvertes de bâches et un bout de tissu en guise de porte. Bienvenue dans les dortoirs du centre. 

Mais au fil des mois, l'urgence s'est transformée en hébergement temporaire. Certains réfugiés sont ici depuis trois mois et désormais certaines voix s'élèvent pour dénoncer ces conditions de vie.

Dès notre arrivée dans le réfectoire, nous sommes interpellés par un homme qui vit ici depuis de longues semaines avec sa femme et ses enfants. "Ce n'est pas un bon endroit pour les familles", nous annonce-t-il d'emblée.

"Nous n'avons pas de vraie chambre. Je dois accompagner ma femme chaque fois qu'elle veut aller aux toilettes ou à la douche, car vous savez, ici, il y a beaucoup d'hommes célibataires".

Le hall qui abrite son alcôve est pourtant séparé de celui des hommes seuls. Mais il faut traverser le couloir commun, elle n'ose pas. L'homme nous entraine ensuite derrière sa bâche à la rencontre de sa famille.  Ce qu'il voudrait pour les siens, c'est une chambre avec une serrure. "Il parait que dans certains centres pour réfugiés, c'est possible", précise-t-il.

Christophe Thielens, porte-parole du Samu Social de Bruxelles qui gère ce centre, le concède : les conditions d'hébergement ne sont pas optimales. Le centre a été ouvert lors d'une crise "humanitaire".

Il s'agissait alors d'éviter que les réfugiés ne dorment dans la rue. "Nous faisons un maximum pour garantir aux résidents une relative intimité et nous n'avons d'ailleurs jamais recueilli la moindre plaindre sauf peut-être pour nuisances sonores".

Mais du côté de la plateforme citoyenne qui s'était mobilisée l'été dernier pour venir en aide aux réfugiés du parc Maximilien, les échos sont différents.

Ophélie Duchatel affirme avoir reçu plusieurs témoignages de femmes qui se plaignent du manque d'intimité et du sentiment d'insécurité qu'elles éprouvent. Les femmes seules avec enfants sont particulièrement vulnérables. 

Alors le centre pour réfugiés de Neder-Over-Heembeek est-il bien adapté pour accueillir une majorité d'hommes seuls et quelques dizaines femmes ?

Pour Malou Gay, codirectrice de la Ciré (Coordination des Initiatives pour Réfugiés et Étrangers), on a quitté la phase d'urgence en faveur d'une stabilisation du réseau.

Le centre de Neder-Over-Heembeek ne fermera pas de sitôt. Or les directives européennes imposent de protéger les personnes vulnérables ( les femmes et les enfants) dans des lieux privatifs.

Si ces lieux n'existent pas dans ce centre, elles doivent être réorientées vers un autre centre mieux adapté. Il devrait donc y avoir des transferts de familles vers d'autres lieux d'hébergement, d'autant que le réseau n'est plus saturé actuellement, précise Malou Gay. 

Au sein de Fedasil, il existe bien un service "qualité" qui vérifie le respect des conditions d’hébergement mais il n'emploierait actuellement que 4 personnes. Or la Belgique dispose aujourd'hui de 35 000 places pour réfugiés. Sa tâche est donc énorme.

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