Belgique

Prolonger Doel 3, ça servirait à quoi ?

© © Tous droits réservés

15 sept. 2022 à 08:54 - mise à jour 15 sept. 2022 à 08:55Temps de lecture2 min
Par Jean-François Noulet, avec B. hupin

L’opérateur Engie a programmé la mise à l’arrêt du réacteur nucléaire de Doel 3 à partir du 23 septembre, pour respecter ce qui est prévu par la Loi de sortie du nucléaire qui impose l’arrêt de ce réacteur au plus tard le 1er octobre 2022. Hier, à moins de dix jours de l’échéance fixée par Engie, la ministre de l’Intérieur, Annelies Verlinden (CD&V) a chargé l’AFCN, l’Agence Fédérale de Contrôle Nucléaire, sur laquelle elle a autorité, d’examiner un report du démantèlement de Doel 3.

A ce stade, ce report reste hypothétique. Mercredi, l’AFCN, par le biais de son porte-parole a rappelé qu’elle avait toujours plaidé pour un démantèlement rapide. Par rapport à la demande de la ministre Verlinden, l’Agence a confirmé que ses experts étaient à l’œuvre pour y répondre.

Dans le contexte actuel de crise énergétique, à quoi pourrait servir une prolongation de Doel 3. Notre rédaction a interrogé sur le sujet Francesco Contino, Professeur à l’école polytechnique de l’UCLouvain.

Conserver Doel 3 en activité aurait-il un effet sur les prix de l’électricité ?

Maintenir le réacteur de Doel 3 en fonctionnement permettrait-il d’avoir un effet sur la facture d’électricité des clients belges ? Selon Francesco Contino, spécialiste de l’énergie, l’effet serait quasi nul, du moins à court terme. "Si on regarde l’état actuel de la production nucléaire, tout tourne et pourtant, on n’a pas fortement réduit les prix. On est plutôt dans une crise des prix", explique Francesco Contino. "Donc, ce n’est pas forcément une action directe sur les prix que cela va occasionner", ajoute l’expert, à propos d’une prolongation des activités de Doel 3.

Un impact possible sur les quantités de gaz disponibles

En revanche, ne pas se priver de la possibilité de produire de l’électricité avec le réacteur de Doel 3 offrirait une plus grande sécurité d’approvisionnement. Cela pourrait être utile dans l’hypothèse où l’Europe déciderait de plafonner les prix du gaz. "Peut-être que cette limite sur le gaz naturel va faire diminuer les quantités (ndlr : de gaz) disponibles, ce qui peut entraîner du coup moins de gaz globalement pour l’industrie, mais aussi pour l’électricité", estime Francesco Contino.

Rappelons que le réacteur de Doel 3 a une puissance d’environ 1 gigawatt. Ce qu’il serait en mesure de produire ne devrait pas l’être par des centrales au gaz, par exemple.

"Peut-être que l’action de la ministre, c’est pour se donner plus d’options pour réattribuer du gaz dans les industries qui ne peuvent pas s’en passer et se dire qu’on utilisera du coup moins de gaz pour la génération d’électricité", avance Francesco Contino, Professeur à l’école polytechnique de l’UCLouvain.

Le scénario d’une prolongation de Doel 3 apporterait donc une dose de sécurité supplémentaire si le marché du gaz venait encore à se tendre cet hiver. Cependant, ce scénario semble loin de répondre à l’ensemble de la problématique énergétique actuelle.

Sur le même sujet : Extrait JT (14/09/2022)

Sur le même sujet

Sortie du nucléaire : la fermeture du premier réacteur belge Doel 3 aura lieu ce vendredi soir, en plein de doute lié aux prix de l’énergie

Politique

Découvrez l’histoire de Doel, la ville fantôme en périphérie d’Anvers

Le 6/8

Articles recommandés pour vous