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Proche-Orient, rue de la Loi

Philippe Walkowiak
17 mai 2021 à 09:58 - mise à jour 17 mai 2021 à 09:58Temps de lecture2 min
Par Philippe Walkowiak

Régulièrement, les ondes de choc des conflits au Moyen-Orient viennent se faire sentir jusqu’au sein de notre classe politique et de notre société civile, parfois instrumentalisées plus ou moins par les uns ou les autres en fonction d’intérêts électoraux plus ou moins mal compris.

Orient, proche

Le conflit israélo-palestinien parcourt le monde politique en Belgique, sans doute bien plus côté francophone que néerlandophone. Il faut y voir l’influence de la France où la question électrise les débats, déchaîne des passions et réveille de vieilles querelles.

A cela s’ajoute traditionnellement un débat sur le communautarisme et la résonance particulière de ce conflit parmi les musulmans de Belgique. Les sujets touchant à l’immigration restent très sensibles et deviennent délétères quand s’y ajoutent les retombées du conflit israélo-palestinien. Le tout désormais via des réseaux sociaux qui s’enflamment.

La coprésidente d’Ecolo, Rajae Maouane, l’a à nouveau appris à ses dépens. Pour avoir posté sur Instagram, son soutien à la cause palestinienne, illustrée par une chanteuse proche du Hamas, elle s’est vue accusée de dévoiement antisémite par La Ligue contre l’antisémitisme, de l’ex-président du Parti Populaire. L’écologiste s’en est défendu, recevant par ailleurs le soutien d’organisations juives, mais il n’en fallait pas plus pour relancer le débat sur le vote communautaire.

Clivages

La question divise d’ailleurs Bruxelles et Wallonie comme elle divise peu ou prou les partis.

Si les interventions du Vlaams Belang ou de la N-VA restent dans la veine que ces formations ont toujours exploitée, la question se fait prégnante dans les autres formations.

A Bruxelles, le MR assimile, sans le clamer clairement, son recul structurel (il ne lui reste que deux bourgmestres sur 19) à la recherche du vote " communautaire " des autres formations, particulièrement de la part des écologistes. Le Parti Socialiste demande lui aussi des sanctions contre Israël, peut-être pour obtenir certains gains politiques ici en Belgique rétorque l’ambassadeur israélien.

Les partis restent mal à l’aise vis-à-vis de ces questions. PS et Ecolo ont ainsi voté l’interdiction de l’abattage rituel en Wallonie, mais ne le font pas à Bruxelles. Côté MR, lors de la dernière campagne électorale, Didier Reynders a tenu à rassurer la communauté juive, elle aussi opposée à cette interdiction.

Il en va de même sur le port des signes convictionnels ; au PS et Ecolo, les lignes politiques diffèrent suivant les régions… et les opportunités électorales.

La question de l'antisémitisme de certains rassemblements ne peut être éludée, comme certains propos contre ces manifestants.

En important le conflit israélo-palestinien dans le champ politique belge, estimant saisir une opportunité, chacun a sans doute plus à perdre sur le long à terme qu’à y gagner sur le court terme.

 

@PhWalkowiak

L'invité de Matin Première : l'ambassadeur d'Israël en Belgique, Emmanuel Nahshon

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