Justice

Procès Reuzegom : "Nous aurions dû réfléchir davantage aux risques liés au baptême", déclare l'ancien président du cerce

Le père de Sanda Dia

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22 avr. 2022 à 08:49 - mise à jour 22 avr. 2022 à 12:22Temps de lecture2 min
Par Belga

Le père de Sanda Dia, un jeune étudiant de 20 ans de la KU Leuven décédé durant une épreuve de baptême, s’est dit, à son arrivée vendredi au tribunal correctionnel de Hasselt, choqué par les dernières images de son fils, diffusées jeudi par la chaîne flamande VTM et le quotidien Het Laatste Nieuws sur son site. Dix-huit membres du cercle étudiant Reuzegom sont poursuivis pour homicide involontaire, notamment.

"C’était la première fois que je voyais ces images", a commenté Ousmane Dia, qui a affirmé n’avoir pas pu donner son avis avant la diffusion des images. "Je trouve cela scandaleux que l’on affirme que les parents ont donné leur accord."

Le procès contre les 18 membres du club étudiant Reuzegom ne se déroulera pas à huis clos, a décidé le tribunal correctionnel de Hasselt. Un certain nombre d'avocats avaient pourtant fait cette demande après la diffusion d'images du dossier sur VTM.

Au début de l'audience vendredi matin, l'avocat Joris Van Cauter, qui représente l'un des prévenus, a demandé à la cour un huis clos.

Nombre de ses collègues se sont plaints de l'attitude de la presse, mais la plupart d'entre eux ont laissé au président du tribunal le soin de décider de la publicité des débats. Les avocats des proches de Sanda Dia n'ont pas non plus demandé explicitement le huis clos.

"Nous sommes d'accord avec la demande de Me Van Cauter pour que les débats se déroulent dans une atmosphère sereine", a déclaré le substitut du procureur du Roi, Bruno Coppin. "Mais nous ne voyons aucune raison pour l'instant de le faire à huis clos."

"Nous aurions dû réfléchir davantage aux risques liés au baptême", a déclaré J.J., 25 ans, président du cercle étudiant Reuzegom au moment des faits. Il comparaît aux côtés de 17 autres prévenus devant le tribunal correctionnel de Hasselt pour la mort de Sanda Dia, un étudiant de 20 ans de la KU Leuven.

"Nous aurions dû envisager la chose de manière plus rationnelle, mais le baptême était sacré pour nous. Vu le résultat, bien sûr, c'est ridicule", a déclaré l'ancien président du cercle. "Nous étions devenus aveugles aux risques liés au baptême. Le froid, la gueule de bois et le manque de conscience du temps ont rendu l'épreuve très difficile mentalement et physiquement, mais nous n'avons jamais pensé que cela pourrait avoir des conséquences aussi désastreuses."

Pendant cette épreuve, les "bleus" devaient avaler un poisson et ensuite boire de la sauce de poisson. C'est la forte concentration en sel dans la mixture qui a été fatale à Sanda Dia. Le président de l'époque pensait alors que l'étudiant avait souffert d'hypothermie. Selon lui, les organisateurs du baptême ont pensé l'aider en le plaçant près du feu de camp. Finalement, selon le jeune homme, la panique a pris le dessus et il a été décidé de l'emmener à l'hôpital. "A. (un autre membre du cercle, ndlr) et moi pensions que le problème était résolu: il était à l'hôpital et ils allaient pouvoir l'aider."

L'accusation a ensuite interrogé J.J. sur une lettre adressée à la famille de Sanda Dia, qui n'a cependant jamais été envoyée. Selon l'ancien président du cercle, c'est le manque de cohésion en son sein qui a empêché l'envoi de cette lettre. "J'ai rédigé une première version avec mes parents, mais il y avait un désaccord entre les membres sur le contenu de la lettre. Je trouve très regrettable que la lettre n'ait finalement jamais été envoyée", a-t-il déclaré.

Extrait du JT du 22 avril 2022

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