Justice

Procès Reuzegom : des discussions sur l'urgence à amener la victime à l'hôpital

L'avocat John Maes, l'avocat Sven Mary et l'avocat Eric Boon photographiés au début du procès contre les 18 membres du club d'étudiants de Reuzegom qui sont associés à la mort de Sanda Dia, devant le tribunal pénal, au palais de justice de Hasselt, vendre

© Tous droits réservés

25 avr. 2022 à 08:37 - mise à jour 25 avr. 2022 à 14:45Temps de lecture2 min
Par RTBF et Belga

Le procès à charge des 18 membres du cercle étudiant Reuzegom sera interrompu pendant quelques jours alors que les débats avaient repris lundi devant le tribunal correctionnel de Hasselt. Les prévenus comparaissent pour la mort pendant une épreuve de baptême en 2018 de Sanda Dia, un étudiant de la KU Leuven.

Le soir du 5 décembre 2018, les différentes personnes encadrant l'épreuve de baptême fatale à l'étudiant de la KU Leuven Sanda Dia, ont discuté de l'opportunité d'emmener la victime à l'hôpital. Les déclarations des prévenus devant le tribunal correctionnel de Hasselt divergent quelque peu.

Vendredi dernier, M. P., étudiant en médecine au moment des faits, avait indiqué qu'il avait clairement fait savoir aux autres membres du cercle estudiantin Reuzegom que Sanda Dia devait être emmené à l'hôpital, après une épreuve qui avait mal tourné. Qui M. P. a-t-il dû convaincre dans cette histoire? 

Lundi après-midi, il a été demandé à M. G. s'il s'était opposé au transfert à l'hôpital de la victime, comme le laissait entendre un autre prévenu. M. G. a répliqué qu'il avait loupé la plupart de la discussion car il était assis dans la voiture dans laquelle Sanda Dia avait été placé pour être réchauffé. Il n'aurait pas été en mesure d'exprimer son point de vue. 

D'autres prévenus ont concédé qu'ils ne s'étaient pas rendu compte de la gravité de la situation à l'époque. Il était déjà arrivé qu'un bleu se retrouve inconscient lors d'une épreuve par le passé et la personne en question était revenue à elle lorsqu'elle avait été mise près du feu de camp. Plusieurs membres du cercle Reuzegom pensaient donc à une hypothermie pour Sanda Dia.

L'avocat de la famille de Sanda Dia a par ailleurs demandé sans détour à M. G. s'il était raciste. "Non", a-t-il répondu. Une vidéo raciste avait été retrouvée sur le téléphone du prévenu. "Cela ne fait pas de moi un raciste", a-t-il répliqué. 

Le dernier prévenu entendu dans cette affaire, P. W., était d'avis qu'il fallait emmener Sanda Dia rapidement en milieu hospitalier. Mais lui aussi aurait raté une bonne partie de la discussion. "Quand je suis revenu, ils étaient déjà occupés avec des vêtements chauds. J'ai demandé ce qu'il y avait. Ils pensaient que c'était un refroidissement et que cela allait s'arranger. J'ai dit qu'il devait aller à l'hôpital. Mais cette solution a été mise en doute."

P. V. a précisé que les trois bleus qui prenaient part à l'épreuve à Vorselaar, dont Sanda Dia, étaient encore en assez bonne forme avant de devoir entrer dans le puits. "Les bleus étaient en train de plaisanter entre eux", affirme-t-il.

Après la cérémonie des poissons, les trois recrues ont dû se remettre dans le puits qu'ils avaient creusé. Sanda Dia est tombé deux fois à ce moment-là. "Il a rejoint les deux autres dans le puits et nous avons dit qu'ils devaient tenir encore. Ils ont demandé combien de temps cela allait encore durer."

Les deux autres bleus qui ont participé à la même épreuve de baptême que la victime devaient encore être entendus lundi avant que ne se prononce le ministère public.

Reportage du JT du 22 avril

Inscrivez-vous aux newsletters de la RTBF

Info, sport, émissions, cinéma...Découvrez l'offre complète des newsletters de nos thématiques et restez informés de nos contenus

Sur le même sujet

Articles recommandés pour vous