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Procès pédopornographie à Termonde: Le verdict est une gifle en pleine figure pour les victimes, selon Child Focus

Procès pédopornographie à Termonde: lourdes peines dans le plus grand procès de pédopornographie jamais organisé en Belgique
31 mars 2020 à 12:56 - mise à jour 31 mars 2020 à 13:503 min
Par Belga

Cinq hommes ont été condamnés mardi par le tribunal correctionnel de Termonde à des peines de 5 à 16 ans fermes dans le plus grand procès de pédopornographie jamais organisé en Belgique. Les cinq hommes n'étaient pas présents à l'énoncé du jugement en raison de l'épidémie de coronavirus. Child Focus et certains enfants abusés s'étaient constitués parties civiles.

Les cinq prévenus - trois Belges, un Néerlandais et un Britannique - devaient répondre de possession, production et diffusion de pornographie infantile, d'incitation à la maltraitance d'enfants, d'abus d'enfants et de trafic d'êtres humains.

Des millions d'images pédopornographiques

Les enquêteurs se sont intéressés à ces cinq hommes après que l'un d'eux ait été surpris en train de photographier des enfants sur la plage de Blankenberge. Les policiers ont alors découvert que ces hommes étaient en contact régulier et qu'ils avaient constitué une base données comprenant plus de 9 millions d'images pédopornographiques.

La base de données étaient structurée en fonction du type de délit, de l'âge et de l'origine des victimes, principalement des petits garçons. Une grande partie de ces images étaient par ailleurs inconnues des enquêteurs, laissant imaginer qu'elles étaient l'œuvre des suspects eux-mêmes dont certains n'auraient pas hésité à se servir de leurs propres enfants. Les enquêteurs ont alors démarré l'identification des victimes lors de l'Opération Gargamel. L'enquête concernant les suspects était connue, elle, sous le nom de code d'Opération Azraël.

Les peines

Niels M., considéré comme le cerveau du réseau, a été condamné à sept ans de prison et à une mise à disposition du tribunal de l'application des peines de sept ans. Le prévenu recherchait frénétiquement des images pédopornographiques et entrait en contact avec des mineurs d'âge en vue d'entretenir des relations sexuelles avec eux. L'homme aurait également abusé de son propre fils et de son beau-fils même s'il a toujours nié cette dernière prévention. Son avocat a d'ailleurs annoncé son intention de faire appel.

En ce qui concerne Dimitry D., qui gérait le site internet, un collège d'experts a été désigné afin de déterminer si l'homme devait être interné comme l'a plaidé son avocat.

Michaël T., l'auteur des clichés pris à Blankenberge, a été condamné à une peine additionnelle de trois ans qui vient s'ajouter à une autre condamnation infligée pour des faits similaires. "Non seulement, il diffusait des images affreuses d'enfants abusés mais il abusait lui-même d'enfants", selon le jugement rendu mardi. L'homme a ainsi abusé du fils de Niels M.

Samuel K., un ressortissant britannique, qui travaillait comme jeune homme au pair, a, lui, été condamné à une peine de six ans de prison ferme. L'homme purgera vraisemblablement sa peine en Belgique étant donné que notre pays offre une meilleure prise en charge thérapeutique. "Il travaillait à l'étranger comme jeune homme au pair et recherchait consciemment des familles avec des petits garçons", a souligné le tribunal.

Enfin, Lars D., un Néerlandais, a écopé d'une peine de cinq ans de prison. Il se filmait en train d'abuser d'enfants afin de pouvoir ensuite revivre les scènes. L'ensemble des prévenus ont été privés de leurs droits.

Certaines victimes ont reçu des dommages et intérêts à hauteur de 5.000 euros à l'image du fils et du beau-fils de Niels M. "J'espère que leur mère va lire attentivement ce jugement", a commenté Me Kjell Verleysen qui représentait les deux enfants. L'épouse de Niels M. a en effet toujours soutenu son mari et cru ses dénégations. L'Opération Gargamel se poursuit, quant à elle, dans l'espoir de pouvoir identifier d'autres victimes.

Heidi De Pauw, la directrice de Child Focus, au tribunal de Termonde.
Heidi De Pauw, la directrice de Child Focus, au tribunal de Termonde. NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

Une gifle pour les victimes, selon Child Focus

Child Focus, qui représentait les enfants qui n'ont pas pu être identifiés, a reçu un euro symbolique. Mais pour la fondation, le verdict est une gifle en pleine figure pour toutes les victimes. "Le tribunal a condamné les accusés à des peines exceptionnellement laxistes, allant de l'internement à des peines de prison de 5, 6, 7 et 16 ans, dont la plus grande partie a déjà été purgée en détention préventive et dont seulement la moitié doit être réellement prestée. À l'exception de deux d'entre eux, les accusés seront bientôt à nouveau libres. Child Focus est donc vraiment indignée par ce jugement".

Child Focus souligne que les victimes sont marquées à vie et, contrairement aux coupables, elles ne s'en tirent pas à si bon compte. "En outre, il est frappant de constater que les condamnés ont peu ou pas du tout de sentiment de culpabilité, car selon certains, ils sont pédophiles et n’y peuvent rien, ou encore, il n'y avait pas de thérapie adéquate disponible. Et cela nous inquiète, bien sûr, car dans un tel cas, le risque de récidive est extrêmement élevé et met également en danger d'autres enfants qui deviennent dès lors des victimes potentielles".

Journal télévisé du 24/01/2020

Procès pédopornographie : un réseau belge d une ampleur jamais vue

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