Justice

Procès des attentats de Bruxelles : qui est Laurence Massart, la présidente de la cour d'assises ?

Laurence Massart, présidente de la cour d'assises qui jugera les accusés au procès des attentats du 22 mars

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12 sept. 2022 à 04:08 - mise à jour 12 sept. 2022 à 05:51Temps de lecture2 min
Par Melanie Joris du service judiciaire

Elle aura la lourde tâche de tenir l’audience au procès des attentats du 22 mars. Laurence Massart est la présidente de la cour d'assises devant laquelle les 10 accusés seront jugés. Habituée des gros dossiers, elle a présidé le procès d’assises qui a jugé Mehdi Nemmouche pour l’attentat contre le Musée Juif en 2019. Qui est-elle ? Quel sera son rôle ?

Première présidente de la cour d’appel de Bruxelles, Laurence Massart est une magistrate pénaliste bien connue du monde judiciaire belge. Entrée au barreau en 1989, elle devient magistrate en 1997. Depuis, elle a traité des dossiers importants comme celui de l’attentat terroriste contre le Musée Juif de Belgique, mais aussi un dossier lié au génocide au Rwanda ou encore le procès en appel de la catastrophe de Ghislenghien.

En 2019, elle est candidate pour la Belgique auprès de la Cour Pénal Internationale. Dans sa lettre de candidature, elle souligne sa réputation de juge impartial et intègre, plaçant la bienveillance et l’humanité au centre de son métier. Elle écrit aussi : "Je peux me targuer d’une grande expérience dans le jugement et la direction de procès pénaux et des compétences dans le droit pénal et la procédure pénale".

Des décisions à prendre

D’entrée de jeu, la présidente va devoir prendre plusieurs décisions d’ordre organisationnel. Le nœud principal tourne autour du maintien ou non du box des accusés. Il s’agit, en fait, de cellules vitrées individuelles. Plusieurs avocats de la défense ont déjà annoncé qu’ils ne participeraient pas au procès si ces "aquariums" sont maintenus en place.

C’est la présidente aussi qui entendra les personnes convoquées pour composer le jury et leurs éventuels arguments pour ne pas en faire partie. Elle décidera si ces arguments sont recevables ou non. Lors du procès de Mehdi Nemmouche, Laurence Massart s’était montrée très ferme sur ce devoir de citoyen. "Quand est-ce que vos billets d’avion ont-ils été réservés ? Avant ou après votre convocation ?", avait-elle demandé à une personne qui invoquait un voyage pour ne pas devoir siéger en tant que juré. Autres arguments balayés à l’époque : celui d’un chef d’entreprise indépendant qui ne voulait pas laisser sa société sans capitaine à bord ou encore celui d'une jeune mère de famille qui invoquait l'allaitement de son bébé.

Respectée et pédagogue

Lors des audiences de fond, Laurence Massart mènera les débats et se chargera de l’interrogatoire des accusés. Elle veillera aussi à ce que tout soit bien compris par les membres du jury. C’est un trait de caractère reconnu chez la magistrate : son souci de pédagogie. Dans un procès d’assises, la procédure est orale. Tout doit être expliqué aux jurés, tout doit être limpide. Lors du procès de Mehdi Nemmouche, elle n’hésitait pas à interrompre un témoignage ou une plaidoirie pour s’assurer de l’état de concentration des jurés.

À l’entame du procès des attentats du 22 mars, les avis semblent déjà unanimes. Tant du côté des parties civiles que de la défense, Laurence Massart inspire le respect et la confiance. Tous le disent : c’est la bonne personne pour prendre des décisions intelligentes et permettre la sérénité tout au long du procès.

 

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