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Procès de la cellule terroriste de Verviers: première audience le 9 mai

En janvier 2015, les unités spéciales donnaient l'assaut à une planque à Verviers
15 avr. 2016 à 07:42 - mise à jour 15 avr. 2016 à 09:14Temps de lecture2 min
Par A. L. avec R. Sadani

Le tribunal correctionnel de Bruxelles a fixé le début du procès terrorisme de "la cellule de Verviers" au 9 mai prochain à 09h00. Les débats sont prévus pour trois semaines environ à raison de sept audiences par semaine.

Ce procès concerne 16 personnes, 16 djihadistes et logisticiens présumés, qui sont prévenues pour participation à des activités d'un groupe terroriste

En janvier de l'an dernier, les unités spéciales donnaient l'assaut à une planque à Verviers. Une cellule terroriste était démantelée. On évitait le pire : des attentats étaient en préparation.

Deux terroristes lourdement armés revenus de Syrie, mais originaires de Molenbeek, sont morts ce jour-là dans l'assaut donné à Verviers. Dans les écoutes téléphoniques, ces candidats au djihad avaient été repérés sous les noms de "Volkswagen" et de "Renault". Un troisième individu surnommé "Le Gros" survivra aux tirs nourris: Marouan El Bali dira avoir été là par hasard. Pourtant il apporte une kalachnikov et aurait été chargé, entre autres, de trouver une nouvelle planque.

Chef d'orchestre

Très vite, la police enchaîne les perquisitions, elles se concentrent sur Molenbeek et dans l'entourage d'un homme, Abdelhamid Abaaoud, mort en novembre dernier dans une planque de Saint-Denis. Il est le coordinateur supposé des attentats de Paris.

Abdelhamid Abaaoud, sous le surnom d'Omar, donne ses ordres depuis l'étranger. En ce début 2015 il apparaît comme le chef d'orchestre de cette cellule prête à frapper en Belgique des cibles policières et civiles. On le localise en Grèce, mais il reste insaisissable. Les enquêteurs multiplient les interpellations.

Seize personnes sont poursuivies dans ce dossier mais seulement sept seront présentes. Les opérationnels sont morts, restent les logisticiens. Neuf personnes font défaut; huit d'entre elles seraient en Syrie.

La défense prévoit des débats houleux

Les avocats des différents prévenus au procès de la cellule terroriste de Verviers annoncent d'ores et déjà des débats agités. Les avocats de Marouane El Bali contestent que leur client ait joué un rôle majeur ou qu'il ait tiré sur la police lors de son arrestation. D'autres conseils nient le rôle attribué par le parquet fédéral aux prévenus qu'ils défendent.

Marouane El Bali a été interpellé le 15 janvier 2015 à Verviers lors d'une intervention des unités spéciales de la police fédérale. Le parquet fédéral le poursuit en tant que dirigeant d'un groupe terroriste et pour tentative de meurtre sur des agents de police. Ce point est contesté par ses avocats.

"Notre client n'a jamais tiré ou tenu une arme, il se trouvait dans une autre pièce lors des coups de feu", déclare Me Sebastien Courtoy. "Quatre caméras dans la maison et les caméras go pro utilisées par les unités spéciales peuvent le prouver, mais le parquet fédéral refuse depuis des mois de joindre ces pièces au dossier. Pour nous c'est clair, c'est parce qu'elles discréditent les arguments du parquet."

El Bali n'aurait pas non plus joué un rôle principal dans cette cellule terroriste. "Il était la petite main et n'était absolument pas au courant de l'un ou l'autre projet d'attentat", poursuit l'avocat.

Me Mehdi Abbes, avocat d'Omar Damache, réfute également les poursuites à l'encontre de son client. Ce dernier a été interpellé à Athènes et aurait fourni un hébergement au cerveau de la cellule terroriste, Abdelhamid Abaaoud. "Mon client a lui-même été victime de terrorisme en Algérie, pourquoi y aurait-il donc participé?", avance l'avocat.

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