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Prix Première 2023 : les 10 finalistes

© La Première - RTBF

03 déc. 2022 à 09:41 - mise à jour 13 janv. 2023 à 10:51Temps de lecture8 min
Par Prix Première

Qui remportera le Prix Première 2023 parmi ces 10 premiers romans francophones ? Réponse le jeudi 30 mars 2023 à la Foire du Livre de Bruxelles...

Anthony PASSERON : "Les enfants endormis" (Globe)

© Jessica Jager

Quarante ans après la mort de son oncle Désiré, Anthony Passeron décide d’interroger le passé familial. Évoquant l’ascension de ses grands-parents devenus bouchers pendant les Trente Glorieuses, puis le fossé grandissant apparu entre eux et la génération de leurs enfants, il croise deux histoires : celle de l’apparition du sida dans une famille de l’arrière-pays niçois – la sienne – et celle de la lutte contre la maladie dans les hôpitaux français et américains. En mêlant enquête sociologique et histoire intime, Anthony Passeron évoque, dans ce premier roman de filiation, la solitude des familles à une époque où la méconnaissance du virus était totale, le déni écrasant, et le malade considéré comme un paria.

 

Anthony Passeron est né à Nice en 1983. Il enseigne les lettres et l’histoire-géographie dans un lycée professionnel. Les Enfants endormis est son premier roman.

 

Présentation du livre le 16 mars dans Le Mug sur La Première.

Laura POGGIOLI : "Trois soeurs" (L'Iconoclaste)

© Céline Nieszawer

Un parricide devenu symbole de la violence domestique russe

Assises côte à côte dans l’entrée d’un appartement moscovite, trois jeunes filles, âgées de dix-sept, dix-huit et dix-neuf ans, attendent l’arrivée de la police, à quelques mètres du corps inerte de leur père, Mikhaïl Khatchatourian. Depuis des années, il s’en prenait à elles, les insultait, les frappait, nuit et jour. " S’il te bat, c’est qu’il t’aime ", dit un proverbe russe. Alors, en juillet 2018, les trois soeurs l’ont tué. Une vague d’indignation inédite déferle, les médias s’enflamment.

Deux histoires en résonnance

Les visages insouciants des trois gamines, dissimulant les supplices endurés pendant des années, questionnent l’autrice. Elle se souvient de sa jeunesse moscovite où elle rencontra Marina, son amie la plus chère, et Mitia, son amour. Il lui donnait parfois des coups, mais elle pensait que c’était peut-être aussi de sa faute. Laura Poggioli reconstitue la vie de ces trois soeurs, et son histoire personnelle ressurgit.

Raconter le collectif, au-delà de l’intime

Laura Poggioli nous interroge sur nos désirs, nos héritages culturels, familiaux et sur les violences systémiques. À travers une narration intime, elle nous plonge au coeur de la Russie : son rock, ses ombres, son charme brut, et le mystère de ces hommes doux quand ils sont hors de chez eux, violents dès que la porte se referme.

 

Laura Poggioli tombe amoureuse de la langue russe au lycée. Elle poursuit son apprentissage à l’université en parallèle de ses études à Sciences-Po. Comme une évidence, son premier livre s’inscrit sur ce territoire-là. À son chevet, les recueils de Anna Akhmatova et Marina Tsvetaïeva, les deux grandes poétesses russes qu’elle aime autant pour leurs vers que pour leurs vies. Comme Marina Tsvetaeïva, elle fait reposer la sienne sur trois piliers : l’amour, la création, la famille. Âgée de 37 ans, elle est mère de trois enfants. Bien sûr, Emmanuel Carrère est l’un de ses maîtres en écriture avec, tout particulièrement, Un roman russe et Limonov.

Présentation du livre le 17 mars dans Le Mug sur La Première.

Alexandre VALASSIDIS : "Au moins nous aurons vu la nuit" (Gallimard/Scribes)

© Francesca Mantovani

" Toute cette époque, c’était des jours comme aujourd’hui. Des jours du ventre mou de l’été. Où le ciel s’affaisse. En se couvrant de longues traînées mauve et noir. De grandes fleurs tristes. " Dans une ville où règnent la langueur et l’ennui, où des immeubles sombres barrent l’horizon, un jeune homme, Dylan, disparaît dans des circonstances propres à susciter toutes les interrogations. S’agit-il d’une fuite, d’une fugue, d’un meurtre ? Pour combler cette absence, le narrateur retrace ce qu’il sait de Dylan, approfondit son mystère, raconte les heures qu’ils ont passées tous les deux à errer au coeur de la nuit et qui ont peu à peu scellé leur amitié. Ces nuits à ne rien se dire, à observer. Jusqu’au jour où les deux jeunes hommes se surprennent à faire un détour dans leur itinéraire…

Au moins nous aurons vu la nuit est un livre fait d’ambiances, de brume, où les mystères semés sur le chemin ne sont pas certains d’être résolus. Entre rêve et réalité, entre récit et prose poétique, c’est le portrait émouvant et hypnotique de deux êtres qui cherchent désespérément à habiter le monde, comme un hommage au cinéma et au roman noir.

Né en 1984 à Liège, Alexandre Valassidis est également poète sous le pseudonyme de Louis Adran. Au moins nous aurons vu la nuit est son premier roman.

Présentation du livre le 20 mars dans Le Mug sur La Première.

Rémi DAVID : "Mourir avant que d’apparaître" (Gallimard)

© Francesca Mantovani

Lorsque Jean Genet rencontre Abdallah, qui sera un jour la figure centrale de son magnifique texte Le Funambule, le jeune homme a dix-huit ans à peine et vit à Paris. Genet, à quarante-quatre ans, est déjà un écrivain consacré. Il est aussitôt ébloui par le charme de cet acrobate, qui a travaillé plusieurs années au cirque Pinder. Il entreprend le projet fou de le hisser jusqu’à la gloire : son agilité, son expérience du cirque devraient lui permettre de devenir un artiste hors pair. Mais comment, après la chute, demeurer le funambule qui danse dans la lumière, le prodige que le poète a forgé de ses mains ?

Rémi David recompose cette histoire d’amour et de fascination réciproques, dans un premier roman plein de justesse et d’empathie.

 

Rémi David est né en 1984 et vit en Normandie. Mourir avant que d'apparaître est son premier roman.

Présentation du livre le 21 mars dans Le Mug sur La Première.

Polina PANASSENKO : "Tenir sa langue" (L’Olivier)

© Patrice Normand

" Ce que je veux moi, c’est porter le prénom que j’ai reçu à la naissance. Sans le cacher, sans le maquiller, sans le modifier. Sans en avoir peur. "

Elle est née Polina mais la France l’a appelée Pauline. Quelques lettres et tout change.

À son arrivée enfant à Saint-Étienne, au lendemain de la chute de l’URSS, elle se dédouble : Polina à la maison, Pauline à l’école. Vingt ans plus tard, elle vit à Montreuil. Elle a rendez-vous au tribunal de Bobigny pour tenter de récupérer son prénom.

Ce premier roman est construit autour d’une vie entre deux langues et deux pays. D’un côté, la Russie de l’enfance, celle de la datcha, de l’appartement communautaire où les générations se mélangent, celle des grands-parents inoubliables et de Tiotia Nina. De l’autre, la France, celle de la materneltchik, des mots qu’il faut conquérir et des Minikeums.

Drôle, tendre, frondeur, Tenir sa langue révèle une voix hors du commun.

 

Née à Moscou, Polina Panassenko est auteure, traductrice et comédienne. Elle est lauréate 2018 des Ateliers Médicis, lauréate 2020 de la Maison Antoine Vitez et des Talents Adami Théâtre. En 2015 elle a publié Polina Grigorievna, une enquête illustrée parue aux éditions Objet Livre. Tenir sa langue est son premier roman.

Présentation du livre le 22 mars dans Le Mug sur La Première.

Neïla ROMEYSSA : "Brûleurs" (JC Lattès/La Grenade)

© Patrice Normand

De sa fenêtre, Salim regarde la mer, le mouvement des vagues, et enfin il se sent vivre. Ici, à Alger, le soleil brille mais le quotidien est gris. Pas de boulot. Pas de perspective ni d’espoir. Il n’y a que des mauvaises cigarettes, des mauvaises bières et des mauvaises nuits. C’est la désillusion, et Salim ne veut pas être un désillusionnaire de plus. Il va partir, prendre la mer et rejoindre l’Europe, pour y libérer son énergie et réaliser son envie d’avenir. Mais comment faire ?

 

Neïla Romeyssa a vingt-quatre ans et a déjà plusieurs vies derrière elle. Elle est créatrice du média Commun Exil, où elle recueille des témoignages de personnes exilées, et du podcast " Algéroisement vôtre " qui raconte son enfance à Alger. Avec Brûleurs, Neïla Romeyssa signe un premier roman intense, coup de poing, furieusement poétique.

 

Présentation du livre le 23 mars dans Le Mug sur La Première.

Quentin CHARRIER : "La mémoire de nos rêves" (Grasset)

© JF Paga

Simon, la trentaine, prof en banlieue parisienne, reçoit un appel de la morgue. Franck Aubert est mort, il faut identifier le corps. Vingt ans d’une amitié étrange défilent soudain : celle qui, depuis l’enfance, l’aura tenu lié à ce gamin frondeur, demi-gitan et orphelin de père devenu délinquant puis caïd. Franck, auquel tout l’opposait, lui, le fils de médecin à l’avenir serein. En même temps que remontent les souvenirs, reviennent les sentiments. Notamment ceux qu’il garde pour Clarisse, son premier amour et ultime pièce de cet impossible trio amical. Les funérailles de Franck lui permettent de la revoir. Ensemble, ils partent dans le centre de la France prévenir la fille et l’excompagne de leur ami. Un voyage au coeur de leur mémoire et des rêves qu’ils avaient.

 

Admirablement construit, ce premier roman nous emporte dans les couloirs du temps. Dès l’ouverture, le récit au présent alterne avec des scènes du passé, rendues, comme la mémoire le fait, de manière aléatoire. Les chapitres nous font aller et venir d’une époque à une autre et de leurs souvenirs communs et ceux propres à chacun. On traverse ainsi vingt ans d’une amitié faite de loyautés secrètes, d’espoirs et de malentendus. Et trois destins que seul l’amour pouvait lier. Avec un réalisme, une maîtrise et un style stupéfiants de maturité, Quentin Charrier déroule leurs vies pour montrer à la fois la force des déterminismes sociaux et celle des sentiments puissants. Un texte d’une justesse et d’un talent rares.

 

Quentin Charrier a 38 ans. Après des études en Histoire et en Relations Internationales, il enseigne depuis dix ans dans des écoles en milieu rural ou en quartier prioritaire. La mémoire de nos rêves est son premier roman.

Présentation du livre le 24 mars dans Le Mug sur La Première.

Daphné VANEL : "Jusqu’à la mer" (Mialet-Barrault)

© Tous droits réservés

Le livre de Daphné Vanel ne se raconte pas. Il se savoure.

On ne peut que se laisser embarquer dans les pas de ce jeune homme qui déambule dans un monde semblable au nôtre et pourtant subtilement différent. D’où lui vient cet étrange détachement qui le fait affronter sans broncher les situations les plus imprévues et les personnages les plus inattendus ? Chaque chapitre est une surprise, chaque rencontre un étonnement. Avec sa phrase toujours juste et terriblement efficace, Daphné Vanel nous offre un texte remarquable où chaque trouvaille est un enchantement.

Cette jeune écrivaine va compter.

Présentation du livre le 27 mars dans Le Mug sur La Première.

Philippe ALAUZET : "Dans les murmures de la forêt ravie" (Le Rouergue)

© Laurent Parson

Agnès n’a jamais quitté la ferme de Jean, son père. Après que sa mère a disparu, alors qu’elle était adolescente, elle a peu à peu pris sa place. Et si elle rejette les avances des hommes, elle veut bien des caresses de Pàl, l’ouvrier qui travaille chez eux, un étranger qui n’a que des terres brûlées derrière lui. Mais de la forêt vient une bête qu’on croyait disparue, qui décime les troupeaux. Jean n’est pas de ces hommes qui se résignent. Il prend un fusil et suivi de son chien, Pentecôte, passe l’orée du bois, les limites du monde.

 

Avec ce premier roman d’une puissante poésie, Philippe Alauzet nous fait entrer dans un conte noir, l’histoire de la libération d’une enfant blessée, dans un monde clos sur ses silences et ses secrets, où les fantômes rendent l’amour impossible.

 

Dans une première vie, Philippe Alauzet a écrit des scénarios et réalisé des films. Aujourd’hui il travaille dans une médiathèque. Dans les murmures de la forêt ravie est son premier roman.

Présentation du livre le 28 mars dans Le Mug sur La Première.

Isabelle BLOCHET : "Descendre vers la mer" (Christian Bourgois)

© Gilles Lasselin

Dans un chalet à la lisière d’une forêt de l’Oise, deux adolescentes et leur jeune soeur se délectent des chansons de Sheila et Claude François. Mike Brandt est le préféré de la benjamine. Mais plus souvent, c’est le Requiem de Mozart, Le Vaisseau fantôme de Wagner ou encore La Tempête de Tchaïkovki qui résonnent. Leur père les écoute à longueur de journée, allongé sur le canapé. Il place la musique au-dessus de tout, alors quand une de ses filles abandonne les leçons de piano, une tempête gronde et les cris fusent.

Il n’y a que sur le bateau offert par sa femme que la défense des grands hommes, Mozart et Beethoven, peut attendre la fin des vacances. C’est le temps des plongeons et de la nage. Mais à nouveau la mer s’agite, le père creuse une vague qui s’abat sur sa famille – le ton monte. La plus jeune observe, et tente de cerner cet homme fantasque et colérique. D’où viennent cette tristesse et cette solitude qui l’éloignent irrémédiablement des siens ?

 

Par ses phrases qui mêlent avec étrangeté calme et inquiétudes, Isabelle Blochet explore la vie d’une famille durant les années 70 dont chacun des membres devra oublier les aspirations de jadis et se résoudre à vivre avec les frustrations du passé.

 

Née en 1969 dans l’Oise, Isabelle Blochet est bibliothécaire. Descendre vers la mer est son premier roman. Elle vit et travaille à Chartres.

Présentation du livre le 29 mars dans Le Mug sur La Première.

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