Belgique

Prix de l’énergie : pour le PTB, "il faut un blocage des prix, notamment de l’électricité produite par Engie – Electrabel"

L'invité: Raoul Hedebouw, président du PTB

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08 sept. 2022 à 07:36Temps de lecture3 min
Par Miguel Allo sur base d'une interview de Thomas Gadisseux

Dans le contexte actuel de crise énergétique, quelles sont les propositions de l’opposition et plus précisément du Parti du travail de Belgique, le PTB ?

L’union sacrée ?

Alors que nous nous trouvons face à une crise historique, le PTB est-il prêt à une Union sacrée des partis politiques pour affronter les défis majeurs qui attendent la société ?

"Comme toujours en période de crise, la question c’est de faire une union, pour quoi faire ?", répondait ce matin Raoul Hedebouw, le président du PTB. Et d’expliquer, que pendant les périodes de crise "les contradictions de classes ne disparaissent pas, mais elles s’expriment pleinement."

Il ajoute que cela s’est vu lors de la crise du Covid "où les travailleurs ont été beaucoup plus victimes que les plus riches et les puissants." Une contradiction de classe que l’on retrouve, précise-t-il, dans la crise énergétique actuelle. "La classe travailleuse qui va payer des factures de plus en plus chères et d’autre part, un petit groupe, notamment Engie Electrabel qui va se faire 8 à 9 milliards de surprofits dans les années à venir."

Dès lors, le PTB est prêt à faire une union avec les partis politiques qui acceptent de prendre parti pour la classe travailleuse. Or, "aujourd’hui ce n’est pas le cas." Selon Raoul Hedebouw, les partis présents dans le gouvernement actuel ne comptent pas faire payer les surprofits d’Electrabel, mais plutôt de protéger ce dernier.

La libéralisation du marché de l’énergie

La situation actuelle en Europe est due à une libéralisation de tout le secteur énergétique, explique Raoul Hedebouw. "C’est-à-dire qu’on a donné tout le pouvoir au privé et ça n’a pas été décidé par l’Europe. Ce sont des partis politiques belges." Et le président du PTB de rappeler qu’il y avait en Belgique une société de production énergétique la SPE (Société productrice d’électricité) qui a été revendue à Luminus. "Qui a privatisé cette société ? C’est le MR, c’est le PS, c’est Ecolo."

Lorsqu’il est rappelé que nous étions contents ces dernières années de profiter des prix de l’énergie parce que ceux-ci étaient négociés au niveau européen, Raoul Hedebouw rappelle que dès le départ son parti était en opposition avec cette libéralisation. "Parce qu’elle ne permettait qu’à un petit groupe d’actionnaires de s’enrichir." Et d’ajouter : "Le secteur de l’énergie est tellement important pour la société qu’il faut que ce soit mis dans les mains de la démocratie et donc de la société globale à travers l’Etat."

Le président du PTB ne comprend pas qu’on ne revienne pas sur cette décision de libéralisation. Les partis qui ont commis cette erreur, dit-il, pensent que "le marché capitaliste est capable de résoudre nos problèmes sociaux." et lui n’y croit pas.

Bloquer les prix

Ce matin, Raoul Hedebouw souhaite mettre sur la table une proposition : "Il faut un blocage des prix, notamment de l’électricité produite par Engie – Electrabel, en imposant un prix de revient avec une petite marge. Selon le président du PTB, avant la crise actuelle, le producteur d’énergie vendait son électricité 50 € du MWh (mégawatt-heure). "Vous savez aujourd’hui à combien ils le vendent ? 450 € à 500 € du MWh."

Il est rappelé que la Belgique n’est pas une île et qu’elle est interconnectée au niveau européen. Raison pour laquelle elle se tourne vers l’Europe pour pouvoir négocier un blocage des prix. Pour Raoul Hedebouw on utilise l’Europe pour postposer des décisions et de rappeler que l’Italie, l’Espagne et le Portugal prennent des mesures. "La Belgique peut prendre des mesures aujourd’hui et elle peut bloquer les prix. Engie – Electrabel est sur notre territoire."

J’en ai marre de ce fatalisme en Belgique

Il rappelle que lors de la crise de 2008, "lorsque les banques étaient en pleine misère financière, en 12 heures on a pris des décisions fortes pour leur donner des milliards. Et aujourd’hui que le peuple est dans la misère, que le monde du travail est dans la misère, on ne prendrait pas des mesures ? J’en ai marre de ce fatalisme en Belgique."

A la question si le PTB peut-être constructif. Son président répond qu’il peut l’être "mais en prenant des mesures radicales, parce qu’aujourd’hui on est dans une crise du capitalisme comme on en a rarement vécu."

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