Belgique

Prix de l’énergie : "Je redoute un bain de sang social et industriel" explique Damien Ernst, spécialiste de l’énergie

29 août 2022 à 20:20 - mise à jour 29 août 2022 à 20:24Temps de lecture2 min
Par Hugues Angot

Contrer la hausse des prix de l’énergie. Voilà le menu du comité de concertation programmé ce mercredi par le Premier ministre. Quelques pistes sont sur la table comme le blocage des prix, l’élargissement du tarif social ou encore la taxation des surprofits. QR l’actu fait le point sur cette crise énergétique et les éventuelles mesures à prendre avec Damien Ernst, spécialiste de l’énergie et professeur à l’ULiège.

Hausse des prix : à quand la fin ?

La flambée des prix se poursuit. En cause, la hausse du gaz explique Damien Ernst. "Le prix du gaz est passé en quelques semaines de 100 euros par MWh à plus de 300 euros et ce même MWh se négociait autour de 20 euros avant la crise du covid. Cette hausse complètement folle du prix du gaz entraîne la hausse de l’électricité."

Pour que les prix baisses, il faut que le prix du gaz baisse et il y a deux scénarios sur la table pour ce spécialiste de l’énergie : "Soit les Russes envoient de nouveau plus de gaz vers l’Europe, soit une baisse de la demande à cause du prix, mais ce deuxième scénario engendrera un bain de sang social et industriel".

Le coût réel de l’électricité

Le prix de l’électricité par MWh représente un coût 700 euros si on la produit avec le gaz. Une éolienne, c’est moins de 100 euros, le nucléaire aux alentours de 60 euros et le photovoltaïque entre 80 et 110 euros, explique Damien Ernst.

"Il y a clairement des surprofits dans la situation actuelle pour tous les producteurs qui n’utilisent pas de gaz pour produire l’électricité. On, pourrait facilement réduire le prix de l’électricité sur les marchés de gros d’un facteur 3 voire mêle 4", poursuit-il.

Centralisation des achats au niveau européen

Damien Ernst préconise de faire comme le Portugal et l’Espagne qui ont imposé un prix maximum pour l’électricité produite avec du gaz. Et cela à tendance à tirer tous les prix vers le bas.

L’Espagne et le Portugal ont des prix 3 à 4 moins importants que chez nous. La Belgique, comme d’autres pays, a manqué de réactivité, estime Damien Ernst.

Taxer les surprofits, la fausse bonne idée

Si taxer les surprofits peut paraître intéressant, Damien Ernst estime que le procédé est trop compliqué et que ça ne marchera pas. "Il faut empêcher les surprofits plutôt que de courir après. C’est d’ailleurs cela que les producteurs redoutent le plus parce que taxer le surprofit, il suffit de mettre en place une ingénierie fiscale, et au final l’Etat ne récupérera rien ou presque."

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