Régions Brabant wallon

Prix de l'énergie : plusieurs hôpitaux demandent une intervention des pouvoirs publics pour affronter la crise

A la clinique d’Ottignies, la facture énergétique a augmenté de 700.000 euros cette année par rapport à 2021. Et ce sera pire l’an prochain.

© Hugues Van Peel – RTBF

30 sept. 2022 à 09:29 - mise à jour 30 sept. 2022 à 11:50Temps de lecture2 min
Par Hugues Van Peel

La hausse du coût de l’énergie n’épargne pas les hôpitaux, qui sont de très gros consommateurs. Mais certains établissements parviennent malgré tout à limiter la casse. C’est le cas du groupe Jolimont, qui gère plusieurs sites en Brabant wallon et en province de Hainaut. En 2021, en pleine crise sanitaire, Bruno Lefebure, directeur financier, a voulu mettre le groupe à l’abri de toute fluctuation des prix de l’énergie, à un moment où ces prix étaient relativement bas. Il a négocié des tarifs fixes jusqu’au 31 décembre 2023.

"Actuellement, on paie environ trois millions d’euros par an, explique-t-il. Mais si on avait fixé les prix en juin, en juillet ou en août cette année, je pense que ça nous coûterait cinq millions de plus."

A Ottignies, la clinique Saint-Pierre est dans une situation moins favorable. Elle se fournit en gaz et en électricité via une centrale d’achat avec d’autres groupes hospitaliers, ce qui a permis de négocier des prix intéressants, surtout en 2021 et au début de cette année. Mais la facture énergétique augmente malgré tout.

"On a évidemment une augmentation mais elle est moins catastrophique que celle liée directement au prix des marchés, précise Philippe Pierre, directeur médical et coordinateur de la clinique. Si je compare la situation de 2022 par rapport à celle de 2021, on a 700.000 euros d’augmentation. Ce qui est prévu pour 2023, c’est 1,1 million en plus, soit une hausse de 64%. Et si on regarde le coût de l’énergie entre 2023 par rapport à 2021, on a multiplié par 2,5. C’est quand même violent."

Difficile de réduire la consommation

Evidemment, dans les hôpitaux, il n’est pas question de diminuer la température d’un ou deux degrés pour faire des économies. Cela n’aurait de toute façon pas beaucoup d’impact sur la facture.

"Le problème, ce n’est pas le chauffage, poursuit Bruno Lefebure. Le chauffage et le maintient des bâtiments, c’est 30%. Le reste, c’est l’activité médicale. Or, on ne peut pas arrêter de stériliser, on ne peut pas arrêter de faire des radios, on ne peut pas arrêter un bloc opératoire ou un service de réanimation où vous avez des filtrations d’air et de la climatisation. Voilà, un hôpital fonctionne 24 heures sur 24, 365 jours par an."

"Il y a des hôpitaux qui vont plonger en négatif, très clairement, s’inquiète Philippe Pierre. Je connais un hôpital qui avait une facture énergétique de deux millions d’euros par an. Et cette facture est passée à dix millions. Comment voulez-vous absorber ça sans aucune difficulté ?"

Un milliard pour le secteur ?

Et tout cela s’ajoute à d’autres augmentations, comme celle des salaires. A l’hôpital, une partie des salaires est à charge des honoraires médicaux. Et les uns augmentent bien plus rapidement que les autres, un fossé se creuse. Pour le groupe Jolimont par exemple, le surcoût s’élève à quatre millions par an.

Pour permettre au secteur de résister, les pouvoirs publics doivent intervenir, selon ces deux responsables.

"Nous avons été aidés pendant la crise Covid à hauteur d’un milliard d’euros par an, rappelle Bruno Lefebure. Je crois qu’avec la crise énergétique, nous allons devoir être aidés à hauteur d’un milliard l’année prochaine, pour que tous les hôpitaux s’en sortent correctement."

Sur le même sujet : Extrait JT (26/09/2022)

Sur le même sujet

Hausse de 61% des coûts énergie, Covid, paiement des pensions : les inquiétantes finances des hôpitaux selon Belfius

Belgique

"Mon fournisseur a changé les conditions de mon contrat d’énergie à durée indéterminée": en a-t-il le droit ?

Prix de l'énergie

Articles recommandés pour vous