Energie

Prix de l'énergie : la demande en bois de chauffage continue, l’offre peut-elle suivre ?

L'invité dans l'actu est François DENEUFBOURG

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22 sept. 2022 à 10:16 - mise à jour 22 sept. 2022 à 10:17Temps de lecture3 min
Par Miguel Allo sur base de l'invité dans l'actu sur la Première

Les cheminées vont sans doute tourner davantage cette année lors de l’hiver. Le bois de chauffage est en effet une alternative au gaz ou au mazout pour se chauffer. Cet été déjà, les commandes étaient plus nombreuses.

La ruée vers le bois de chauffage ?

Peut-on parler d’une ruée vers le bois de chauffage ? Pour François Deneufbourg, responsable du développement économique à l’Office Economique Wallon du Bois, il semblerait effectivement qu’il y ait une recrudescence voire une augmentation de la consommation du bois de chauffage.

Le prix de la stère a-t-il encore augmenté aujourd’hui ?

Dans un reportage diffusé cet été sur nos antennes on pouvait entendre que le prix pour une stère en bûches de 33 cm était de 146 euros. François Deneufbourg reste prudent face à ce tarif et rappelle que les prix sont plus élevés dans les zones urbaines ou périurbaines en comparaison avec la campagne, où les prix sont relativement plus modérés. Cela tout d’abord en raison du coût du transport et ce spécialiste de rappeler que le "transport a augmenté avec les prix du mazout, des camions de transport". Et puis, il ajoute aussi qu’à la campagne il y a encore de nombreux autoproducteurs, "c’est-à-dire qu’il y a beaucoup de particuliers qui font leur bois de chauffage."

L’offre peut-elle suivre ?

Face à une augmentation de la demande de bois de chauffage, l’offre peut-elle suivre ? "Vraisemblablement, l’offre ne suit pas.", François Deneufbourg. "Mais il faut bien se dire qu’un producteur de bois de chauffage a un stock de bois sur pied en forêt, qu’il a acheté, il a un stock de bois frais et il a un stock de bois sec. Et il vend évidemment le bois sec. À partir du moment où il y a une ruée comme maintenant, le bois sec part immédiatement et après on est bloqué sur le stock tampon de bois frais. Il faut donc patienter. Sinon, il faut acheter du bois qui n’est pas sec et propre à la consommation directe."

Le responsable du développement économique à l’Office Economique Wallon du Bois ajoute que certains clients, par précaution, achètent tout de même du bois et cela même s’il n’est pas tout à fait sec. Ces personnes "continueront à le sécher chez eux." Rappelons que brûler du bois qui n’a pas un taux d'humidité approprié fait perdre en rendement calorifique et qu’il faut dès lors en mettre plus dans la cheminée ou la cassette pour se chauffer.

Attention aux arnaques

Nous sommes à la fin de la saison des commandes, puisque c’est plutôt l’été que celles-ci ont lieu habituellement. Certains vendeurs pourraient profiter de la situation alors que des ménages essayent encore de trouver du bois de chauffage. François Deneufbourg confirme et explique : "les médias relayent quand même pas mal d’informations concernant des possibilités d’achat de bois en ligne, avec de paiements immédiats et des livraisons qui ne se font pas. De plus, le bois de chauffage est quelque chose de relativement complexe en matière de composition, d’essence — il y a des essences qui brûlent mieux que d’autres — de degré d’humidité, de découpe, de quantité, parce que le stère est un volume apparent et ce n’est pas tout à fait le même volume réel chez tout le monde. Tout ça, ce sont des éléments qui font que le consommateur, avec des achats sur un coup de tête en ligne, peut parfois se voir floué."

Ce spécialiste conseil d’être attentif à la composition du bois, des essences, au degré d’humidité, etc. "Le bois qui se brûle en consommation courante est un bois qui est sec à l’air, donc autour des 20% d’humidité."

Notons encore qu'il y a différentes essences de bois. "Si vous vous retrouvez avec des bois très légers, ça brûle très vite. Généralement, les essences qui sont les plus courues en matière de bois de chauffage sont le hêtre, évidemment, le charme et toutes les essences feuillues. Le chêne est un bois plus dur qui n’est pas nécessairement plus apprécié." Le risque est donc de se retrouver "avec toute une série d’essences relativement légères qui brûlent très vite, et encore une fois, vous y perdrez en pouvoir calorifique."

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