Prix de l'énergie

Prix de l'énergie, inflation... pour les étudiants du supérieur aussi, l'hiver s'annonce rude

© Getty Images

L’envolée des prix de l’énergie concerne tout le monde, y compris les étudiants du supérieur. Selon une récente enquête de la FEF (Fédération des étudiants francophones), ils seraient 63% à avoir modifié leur comportement face à la crise énergétique. Et, à l’approche de l’hiver, les étudiants sont d’ailleurs nombreux à se renseigner quant aux potentielles aides auxquelles ils peuvent avoir droit.

"Mon loyer a augmenté de 50 euros, ce qui comprend 35 euros de charges et quinze euros de suppléments liés à l’indexation", raconte Mathilde, une étudiante de 24 ans. Sans compter les coûts liés à l’électricité, au wifi… Selon la jeune femme, ce début d’année 2022 serait plus rude que les autres : "au milieu du mois de septembre, il me restait 1,77 euro sur mon compte."

Sans tarder, l’étudiante a fait une demande de bourse, et pris rendez-vous avec l’assistance sociale de son établissement. Il ne lui reste désormais plus qu’attendre, inquiète pour sa situation.

Des jeunes en situation de précarité étudiante, il y en aurait plusieurs dizaines de milliers en Fédération Wallonie-Bruxelles, selon Pierre Targnion, porte-parole d’Infor Jeunes. "Et on peut raisonnablement craindre que ce chiffre n’augmente avec la crise actuelle", estime-t-il. Ces Centres d’information jeunesse sont d’ailleurs fortement sollicités. Depuis 2019, les questions sur la protection sociale, adressées par des jeunes à Infor Jeunes, sont passées de neuf à quatorze pourcents. "Une plus grande part de questions portent également sur ce que le CPAS peut prodiguer comme service."

A l’UCLouvain, on se veut toutefois prudent. La directrice du service d’aide ne se prononce pas encore sur une hausse spectaculaire de sollicitations. "Je ne peux pas dire que nous avons une explosion des demandes", remarque Florence Vanderstichelen. "Mais cela ne veut pas dire que la difficulté n’est pas réelle", nuance-t-elle.

Les files des épiceries sociales, déjà débordées, s’allongent encore, les étudiants sautent des repas et s’alimentent mal, et le coût de l’énergie les force à se priver des premières nécessités.

Et pour cause, si les étudiants ne se tournent pas forcément vers le service social de leur établissement, ils sont quand même nombreux à souffrir de l’inflation. Comme le notent la FEF (la Fédération des étudiants francophones) et son pendant néerlandophone la VVS : "les files des épiceries sociales, déjà débordées, s’allongent encore, les étudiants sautent des repas et s’alimentent mal, et le coût de l’énergie les force à se priver des premières nécessités.”

Quelles aides ?

Alors, vers qui se tourner ? Jusqu’au 31 octobre, les étudiants en difficultés financières peuvent demander une allocation d’études – en d’autres termes, la "bourse". Mais, comme vous vous en doutez, celle-ci n’est accordée que sous certaines conditions.

Attention, ce n’est pas parce qu’un étudiant n’est pas boursier qu’il n’a droit à aucune aide, insiste Pierre Targnion. "Beaucoup d’aides existent en dehors de la bourse officielle de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Elles ne sont pas purement financières, mais elles permettent de réaliser des économies dans sa vie d’étudiant.”

Le meilleur conseil reste donc de s’adresser au service social de son établissement scolaire. A l’UCLouvain, par exemple, il n’y aura pas d’aide directe pour couvrir le surcoût énergétique des familles. ”Mais nous ferons en sorte que pour les étudiants dont la famille n’a pas les moyens de payer le surcoût des études, nous allons les aider”, explique Florence Vanderstichelen.

C'était déjà le cas avant la crise énergétique, mais le service social de l’établissement scolaire peut proposer un ensemble d’aides financières. C’est le cas du statut d’étudiant de condition modeste : "Ce statut va permettre au jeune qui dépasse légèrement le plafond de pouvoir payer un minerval réduit malgré tout", explique Pierre Targnion.

Par ailleurs, les établissements mettent très souvent des kots bon marché à disposition des étudiants en difficulté. A l’UCLouvain, par exemple, vingt pourcents de ce parc immobilier est "dédié prioritairement aux étudiants de condition modeste”, note Florence Vanderstichelen. "Et l’Université a décidé de ne pas faire porter le prix de cette inflation sur nos étudiants koteurs dans nos logements.”

En dehors de l’aspect financier, de nombreuses aides matérielles et psychosociales sont également possibles : prêt d’un ordinateur, mise à disposition de matériel informatique, paniers alimentaires, consultations psychologiques ou encore aides à la réussite… "C’est tout un tas d’aides qui, une fois additionnées, peuvent représenter une série de dépenses à éviter pour le jeune", conclut Pierre Targion.

Encore une fois, il est utile de se renseigner auprès du service social de son établissement scolaire.

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