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Prisons: l'État payera-t-il des astreintes à Nivelles et Ittre ?

Les astreintes de Nivelles et Ittre

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08 mai 2016 à 17:30 - mise à jour 09 mai 2016 à 06:502 min
Par Laurent Van de Berg

Depuis deux semaines, le mouvement de grève entamé par les gardiens de prison n'a pas fléchi. Les prisonniers déplorent leurs conditions de détention. Le mardi 3 mai 2016, quarante détenus ont intenté une action en référé, une procédure d'urgence devant la justice. Une ordonnance du tribunal de première instance leur a finalement donné raison. Ceux-ci exigeaient un service minimum : des douches, des repas, des visites, des préaux.

Cinq jours après la décision de justice, les avocats et les commissions de surveillance des prisons de Nivelles et Ittre dénoncent plusieurs infractions. 

Les visites des familles ne sont pas organisées

C'est certainement ce qui provoque le plus de tension dans les prisons. "Certains me disent que, quand ils sortiront, ils voudront tout casser", explique le docteur Yves de Locht, président de la commission de surveillance de Nivelles. Il ajoute : "Leur santé psychologique est atteinte. Les visites doivent être rétablies au plus vite. Il faut prendre conscience que la sécurité de la Belgique passe également par la sérénité dans les prisons".

Me Marko Obradovic, avocat de détenus des deux prisons, déplore l'absence de visites familiales. Une ordonnance contraint pourtant l'État belge depuis cinq jours. Il craint de la mauvaise foi dans la défense de l'État belge : "L'État risque de développer une interprétation où il a sept jours pour organiser ces visites et qu'à la limite il pourrait organiser des visites le septième jour pour satisfaire à l'ordonnance : une visite le matin et une autre l'après-midi. Ce n'est évidemment pas notre interprétation puisque, pour nous, l'idée sous-jacente, c'est que le contact doit être maintenu de manière continue".

La confidentialité de nos échanges doit être assurée

Yves de Locht note une autre infraction qui incombe à l'État belge. Lors des visites en prison, les commissions de surveillance doivent pouvoir rencontrer les détenus à l'abri des regards. Le but de la commission est, grâce à ces rencontres, de dénoncer des manquements à l'intérieur de l'établissement.

Des visites familiales non organisées, une confidentialité non assurée pour les commissions de surveillance, voilà déjà deux infractions qui pourraient être suivies d'astreintes. Celles-ci s'élèvent par jour à 10 000 euros pour l'ensemble des détenus.