RTBFPasser au contenu

Primaire socialiste en France: les deux candidats affichent leurs divergences

Benoît Hamon et Manuel Valls sur le plateau du dernier débat de la primaire de la gauche, le mercredi 25 janvier 2016.
26 janv. 2017 à 00:36 - mise à jour 26 janv. 2017 à 08:313 min
Par RTBF avec Belga

A 4 jours du second tour de la primaire de la gauche, a eu lieu le débat d'entre deux tours. Le favori Benoît Hamon, arrivé en tête au premier tour et incarnant la gauche du parti socialiste y a affronté Manuel Valls, l'ancien premier ministre. Au cœur des discussions, l'économie et la proposition de Benoît Hamon d'un revenu universel mais également la question de la Laïcité.

A trois mois d'une présidentielle dominée par la droite et l'extrême droite, les deux finalistes de la primaire socialiste de dimanche, Manuel Valls et Benoît Hamon, ont exposé posément leurs profondes divergences. A trois mois d'une présidentielle dominée par la droite et l'extrême droite.

Entre les deux prétendants, le débat a été courtois et technique, alors que le ton n'avait cessé de monter ces derniers jours, aggravant la fracture au sein d'un parti qui sort affaibli du mandat de l'impopulaire François Hollande, avec un chômage endémique et un durcissement sécuritaire après une vague d'attentats sans précédent.

Des solutions qui ne marchaient pas hier et qui ne marcheront pas demain

Les deux hommes, qui se tutoyaient, se sont parlé avec respect, sans attaques personnelles. Révélation de la campagne des primaires devenu favori, Benoît Hamon, 49 ans, a assuré qu'il souhaitait proposer aux Français un "futur désirable" et qu'il fallait que la gauche "tourne le dos à l'ordre ancien, à ces solutions qui ne marchaient pas hier et qui ne marcheront pas demain".

Manuel Valls, 54 ans, a demandé à "ne pas créer d'illusion". "Il ne s'agit pas seulement de faire rêver, il faut être crédible", a-t-il martelé. L'ex-Premier ministre, qui met en avant son expérience du pouvoir, a de nouveau critiqué la proposition novatrice de son adversaire d'instaurer à terme un revenu universel de 750 euros, dans lequel il voit "un message de découragement et d'abdication" face au chômage, préférant défendre "la société de travail". "L'option que je propose ne vend pas du rêve, elle ne vend rien du tout, elle propose de la justice", a répondu Benoît Hamon, qui veut "anticiper la raréfaction du travail" provoquée par la révolution numérique.

Hamon sur la défensive sur les questions liées à l'islam et à la laïcité

Benoît Hamon a bénéficié mercredi du soutien d'une dizaine d'économistes français, dont l'influent Thomas Piketty, marqué à gauche, qui ont jugé que le revenu universel "peut être économiquement crédible et socialement audacieux", dans une tribune dans le journal Le Monde. Si Benoît Hamon a marqué des points sur les questions économiques, il s'est retrouvé sur la défensive sur les questions liées à l'islam et à la laïcité. "La laïcité est utilisée comme un glaive contre nos compatriotes musulmans", a-t-il jugé, estimant que "là où une femme décide librement de porter le foulard islamique (...), elle est libre de le faire et moi je veux lui assurer cette liberté"... "Peu importe ce que nous pensons, au nom de la loi 1905, elle (la femme) est libre de le faire (porter le voile), et moi, je veux lui assurer cette liberté. Je ne fais pas partie de ceux qui, dans notre pays aujourd’hui, pensent finalement que dans la République, un bon musulman serait un musulman qui n’est pas musulman."

La laïcité n'est pas un glaive mais un bouclier

La position de Manuel vals est ici très différente : " Il n’y a pas seulement le problème de la laïcité, il y a le problème de l’émancipation de la femme, et notre rôle est de ne jamais le stigmatiser. C’est de dire à ces femmes, à ces jeunes filles qui vivent cet ordre machiste, cette régression, que nous sommes là pour vous aider, nous sommes avec vous pour vous aider à vous émanciper. Et des femmes dans le monde entier se battent pour se libérer de cette affaire alors, nous, nous serions ambigus."

Et de poursuivre: "La laïcité n'est pas un glaive mais un bouclier (...), c'est une conviction", a répondu Manuel Valls, pour lequel "il ne peut y avoir le moindre accommodement" avec l'islamisme radical. Leurs différences de vue, qui reflètent deux gauches, l'une "hyperréaliste", l'autre "utopiste" selon la presse, rendent très aléatoire un rassemblement de leurs partisans à l'issue de la primaire, même si les deux candidats se sont engagés à soutenir le vainqueur du scrutin.

Primaire de la gauche: Manuel Valls et Benoît Hamon résument leurs arguments en une minute

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

Sur le même sujet